Le logo du Fonds monétaire international. Photo d’archives AFP
Gerry Rice, porte-parole du Fonds monétaire international a indiqué hier, lors de l’un de ses habituels points de presse qui se tiennent les jeudis depuis Washington, qu’une délégation du FMI devrait débarquer à Beyrouth le 19 septembre, sans préciser la durée de cette visite ni confirmer si elle sera bien menée par le chef de mission de l’organisation pour le Liban, Ernesto Ramirez-Rigo.
L’objectif de cette visite est de « tenter d’accélérer » le processus de mise en œuvre des réformes prioritaires prévues dans l’accord préliminaire (Staff Level Agreement) conclu entre le FMI et le Liban le 7 avril dernier, mais qui a enregistré peu de progrès en 5 mois, comme l’a également souligné le porte-
parole. « La situation est difficile et la mise en place des mesures progresse lentement », a-t-il constaté, ajoutant que tout nouveau délai « augmentait le coût » de la crise « pour le Liban et les Libanais ».
Au début de l’été, le Premier ministre désigné Nagib Mikati avait indiqué que chaque jour de retard coûtait 25 millions de dollars au pays, en faisant probablement référence au montant des réserves de devises détenues par la Banque du Liban et injectées par cette dernière dans une économie exsangue où le secteur bancaire, les institutions et même les infrastructures sont à la dérive. « Les actions prioritaires prévues dans l’accord préliminaire (budget 2022, contrôle des capitaux, aménagement du secret bancaire, résolution bancaire, lancement de la restructuration de la dette, lancement de l’audit des 14 plus grandes banques, finalisation de l’audit des actifs en devises de la BDL et unification des taux de change) sont essentiels pour mettre fin à la crise », a insisté Gerry Rice. Il a enfin précisé que la délégation du FMI allait aussi « préparer le terrain pour une nouvelle mission » qui aura lieu quand le nouveau gouvernement sera désigné.
En cinq mois, la classe dirigeante libanaise n’a mis en œuvre aucune des mesures dictées par le document préliminaire, qui sert de prélude à un possible accord sur un programme d’assistance ferme de 3 milliards de dollars sur 4 ans prêtés par le FMI contre un engagement libanais à mettre en œuvre d’autre réformes que celles déjà identifiées. Si les députés ont bien adopté fin juillet une loi aménageant le secret bancaire, la mouture définitive de ce texte a été jugée incomplète par l’institution financière, qui s’est récemment réjouie que le texte soit renvoyé au Parlement pour une seconde lecture.


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