Margarita Morales dépeint des parterres colorés comme des représentations paysagères quelquefois proches de l’abstraction. Photo DR
Alors que longtemps ce sujet a été considéré comme un genre mineur de la peinture et laissé aux peintres du dimanche, les fleurs inspirent aujourd’hui un nombre de plus en plus grand d’artistes. Pour l’artiste peintre mexicaine Margarita Morales – qui expose ses œuvres à la galerie Janine Rubeiz à l’initiative de l’ambassadeur du Mexique José Ignacio Madrazo, afin de célébrer la fête de l’indépendance du pays le 16 septembre –, il s’agit de connexions et de relations entre la nature et l’homme, l’humeur et la poésie, dans le passé, le présent et le futur.
Native de ce pays que l’on évoque généralement pour son climat aride et désertique, où seuls les cactus trouvent leur bonheur mais qui reste pourtant un pays offrant aussi une vraie richesse pour la faune et la flore, un paradis pour les amateurs de plantes et de fleurs, où la luxuriance des plantes n’a d’égale que la luxuriance de l’imagination, Margarita Morales ne pouvait qu’imprimer dans son inconscient ces énergies multicolores pour les emmener avec elle au gré de ses déplacements. Ayant vu le jour à Ciudad Mante au Mexique, elle a décroché un diplôme en communication visuelle à l’université autonome métropolitaine et effectué des études complémentaires à la célèbre Académie de San Carlos, avant d’entreprendre une résidence artistique de trois ans à Londres, au Royaume-Uni. Actuellement basée en Allemagne, ses peintures ont été exposées à l’échelle nationale ainsi qu’au Mexique, au Surinam, en Azerbaïdjan, au Danemark et au Kenya.
L’essence de la nature
Margarita Morales dépeint des parterres colorés comme des représentations paysagères quelquefois proches de l’abstraction. Ses œuvres offrent des espaces picturaux symboliques, presque fantastiques. La peinture de l’artiste apporte des perceptions, des sentiments et des sons proches du spectateur. À travers son art, elle l’invite dans un monde d’histoires et de fantaisie, vers une réalité joyeuse remplie de vie et de magie. Les compositions audacieuses de Morales sont le plus souvent créées à l’aide d’acrylique sur toile. L’artiste laisse toujours opérer dans ses œuvres abouties un travail de mémoire et d’imagination. Ainsi, même lorsque les fleurs existent réellement, elle peut associer des variétés qui s’épanouissent à des saisons différentes, créant dans des coloris inattendus des parterres qui s’habillent de couleurs chaudes, orange, jaune, mordoré, bordeaux, et se déclinent du blanc au noir, unis ou bicolores. En réalité, ce ne sont pas tant les fleurs elles-mêmes qui intéressent l’artiste que les jeux de formes et de couleurs qu’elles permettent. À la nature, l’artiste accorde une attention particulière. Qu’elle soit le fruit de son imaginaire ou inspirée par son vécu, elle est son sujet de prédilection. « J’essaye de traduire de mon mieux l’impression que je reçois de la nature... C’est mon instinct seul qui me guide. »
Margarita Morales, « La Magia del Lago », 2022, acrylique sur toile, 105 x 80 cm. Photo DR
Effervescence des couleurs
Sa technique en touches croisées n’est pas sans rappeler la technique de Gustave Loiseau (1865-19350). Une technique particulière qui rend compte tantôt de la transparence troublante d’une touche matinale, tantôt de la pesanteur de la nuit. Une manière de décomposer la couleur par touches superposées ou juxtaposées et qui donne à ses paysages une souplesse et une profondeur très originales. Le traitement n’est pas minutieux mais assez libre. Le fond qui divise la toile en deux se détache tantôt obscur et nocturne, tantôt clair et matinal. Ce qui passionne Morales, c’est d’abord le retrait vers un regard intérieur, vers le subconscient. À une époque où la description littéraire domine, l’artiste préfère suggérer que décrire, privilégie l’imagination et le rêve. C’est la clé de compréhension de son œuvre, même si la réalité l’intéresse, son monde est tourné vers la beauté du monde visible, mais un monde qu’elle transfigure. Ses touches forment un treillis subtil et confèrent à ses toiles une certaine vivacité aux traits souples et tangibles. De son œuvre surgit une effervescence de couleurs tantôt violentes, tantôt d’une vitalité apaisée, où l’imaginaire opère en vecteur essentiel, comme chargé de traduire la beauté de la nature qui s’offre à elle comme un refuge. Douze mille kilomètres séparent le Mexique du Liban, et pourtant, à plonger son regard dans les toiles de Morales, on peut étrangement voir rejaillir la nature libanaise, ses montagnes, ses prairies fleuries et sa lumière. Et Morales de conclure : « Provoquer une réalité unique distillant la magie de l’histoire d’un monde dans lequel on aimerait rêver, voilà le sens de mon art. »
À la galerie Janine Rubeiz, Raouché, immeuble Majdalani, jusqu’au 28 septembre.


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