Le spectaculaire accident du pilote chinois Guanyu Zhou (Alfa Romeo) lors du GP de Grande-Bretagne de F1, sur le circuit de Silverstone, le 3 juillet dernier. Pour renforcer la sécurité des pilotes après plusieurs accidents ces dernières années, dont celui mortel du Français Anthoine Hubert en 2019, le très exigeant tracé du circuit de Spa-Francorchamps a été modifié en plusieurs endroits en vue du GP de Belgique qui se disputera ce week-end. Molly Darlington/Reuters
En Belgique ce week-end puis la semaine prochaine aux Pays-Bas, Max Verstappen, Néerlandais né en Flandre, a sur ses terres une nouvelle occasion d’accroître son avance confortable en tête du championnat du monde de F1. On l’a quitté encore victorieux en Hongrie fin juillet. On le retrouve après la trêve estivale comme grand favori : le pilote Red Bull compte 80 points d’avance sur son dauphin monégasque Charles Leclerc (Ferrari) et arrive sur « son circuit préféré », le mythique tracé de Spa-Francorchamps.
Dans l’Ardenne belge, le natif d’Hasselt (à quelque 100 km plus au nord) s’est imposé l’an dernier après un simulacre de Grand Prix – deux tours seulement, et derrière la voiture de sécurité en plus, en raison du déluge qui s’abattait sur le circuit de Spa-Francorchamps. Le Néerlandais avait ensuite enchaîné chez lui à Zandvoort par une victoire, pour reprendre la place de leader au pilote britannique Lewis Hamilton (Mercedes) avant d’être sacré lors de leur tout dernier duel, à Abou Dhabi, en clôture de la saison passée. Cette fois, son premier adversaire est monégasque donc, pilote une voiture rouge et est, surtout, très loin derrière.
À neuf courses de la fin de saison, Verstappen a toutes les cartes en main et pourrait même se permettre de griller un joker lors de cette séquence de trois Grands Prix en trois semaines, avec également l’Italie à Monza le 11 septembre. Mis à part une possible défaillance de la Red Bull, comme à Bahreïn et en Australie en début de saison, on voit mal cependant ce qui pourrait l’écarter de la victoire, ou en tout cas du podium (8 victoires et deux autres podiums en 13 courses).
Deux nouveautés
Reste à assimiler deux nouveautés. D’abord, le tracé très exigeant de Spa a été modifié en plusieurs endroits pour renforcer la sécurité des pilotes après plusieurs accidents ces dernières années, dont celui mortel du Français Anthoine Hubert en 2019. « Les améliorations apportées au circuit l’ont rendu un peu plus ‘‘old school’’ avec les bacs à gravier, ce qui est une bonne idée. C’est ma piste préférée, donc je suis impatient », se régale Verstappen d’avance. Des bacs à gravier en forme de piège à monoplaces, mais aussi un Raidillon de l’Eau rouge corrigé : avec des zones de dégagement plus larges, cette fameuse côte à 17 % suivie d’un virage, dans laquelle les pilotes se lancent comme dans l’inconnu, doit désormais être plus sûre sans pour autant voir son esprit changer.
Des améliorations pour espérer garder le Grand Prix en Belgique : à l’instar de Monaco, la prolongation pour 2023 n’a pas encore été signée avec la F1 alors que le GP de France ne fera, lui, plus partie du calendrier la saison prochaine. Et même si l’édition 2023 du GP de Belgique pourrait être sauvée, la suite pourrait s’inscrire en pointillé ou, du moins, dans un système de rotation entre plusieurs courses européennes.
Seconde nouveauté du week-end, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a introduit une nouvelle directive technique concernant le phénomène de rebonds ressentis par les monoplaces cette saison. Pour réduire ce « marsouinage » qui peut être douloureux – voire dangereux à long terme – pour les pilotes, assure la FIA. Surveillant l’oscillation des voitures grâce à des capteurs, elle a défini les valeurs maximales d’oscillation dans lesquelles elles peuvent évoluer, afin d’éviter d’atteindre des valeurs critiques qui pourraient nuire à la santé des pilotes. « Pour nous, ce n’est pas un problème majeur », avait balayé le patron de l’écurie Red Bull, Christian Horner, avant la trêve. « La discussion la plus importante porte sur un changement potentiel du règlement pour l’année prochaine. Cela pourrait être un remodelage majeur de la voiture si le fond plat était rehaussé de 25 mm comme ils (la FIA) l’envisagent. Et on pourrait dire que ce n’est pas uniquement pour des raisons de sécurité », avait-il continué, visant sans la citer Mercedes. Très affectée par le « marsouinage », Mercedes milite pour une telle mesure. À la différence de Red Bull ou Ferrari, l’ancienne écurie dominante, désormais 3e force du plateau, n’a pas trouvé la solution pour mettre fin au rebond sans perdre en performance.
Quant au GP de France, il passe donc à la trappe en 2023. Cette nouvelle, tant redoutée du côté du circuit du Castellet, a été confirmée hier jeudi en marge du GP de Belgique. La France, tout comme la Belgique et Monaco donc, n’avait pas encore renouvelé son partenariat avec le championnat du monde pour 2023. Si les deux autres Grands Prix cités ont encore un espoir de rester au calendrier, la France dit donc au revoir à la F1, a indiqué la discipline reine du sport auto, confirmant une déclaration de son patron, Stefano Domenicali, parue dans le quotidien français L’Équipe. Mais à l’entendre, il ne s’agit pas forcément d’un adieu, plutôt d’un au revoir. Mercredi, le dirigeant italien avait affirmé en conférence de presse que « les discussions sont très, très ouvertes pour un grand avenir et une possibilité, non pas l’année prochaine, mais à l’avenir (via) une sorte de rotation qui permettrait à chacun de faire partie du calendrier ». « Il y a des sites qui sont en train de discuter entre eux pour nous soumettre une proposition dans les prochains mois. Cela ne fera pas partie du calendrier 2023. Nous parlons de 2024 ou de 2025 maximum pour commencer avec cette approche », a ajouté le PDG de la F1.
Source : AFP


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