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Politique - Frontière maritime

L’optimisme affiché de Hochstein sera-t-il concrétisé aujourd’hui ?

Quelques heures avant l’arrivée de l’émissaire américain, le Hezbollah diffusait hier une vidéo menaçant les plateformes et les navires situés dans le champ de Karish qui sont dans son collimateur.

L’optimisme affiché de Hochstein sera-t-il concrétisé aujourd’hui ?

L’émissaire américain Amos Hochstein à son arrivée hier à Beyrouth, lors de son entretien avec le ministre de l’Énergie Walid Fayad. Anwar Amro/AFP

De retour au Liban dimanche après-midi, le négociateur américain Amos Hochstein, chargé des pourparlers dans le dossier de la délimitation de la frontière maritime libano-israélienne, est porteur d’une nouvelle proposition israélienne aux responsables. Mais c’est par une menace du Hezbollah que l’émissaire US a été accueilli. Le parti chiite a en effet diffusé une vidéo dans la matinée, dans laquelle il menace les plateformes et navires situés dans le champ de Karish, lesquels sont « dans son collimateur ». Et ce après les survols de drones en direction de cette zone début juillet, et les multiples avertissements de son chef Hassan Nasrallah selon lesquels Israël n’aura pas le droit d’exploiter les hydrocarbures de Karish tant que le Liban ne pourra pas exploiter son gaz offshore, autrement dit le champ présumé de Cana.

Une solution positive à la fois pour le Liban et Israël

Amos Hochstein affiche en revanche un net « optimisme ». Par la même occasion, il « dément toute prospection commune entre le Liban et Israël », pour calmer les inquiétudes de Beyrouth. Transmises à la presse par le ministre sortant de l’Énergie Walid Fayad, qui s’est entretenu à Beyrouth avec le conseiller principal américain à la Sécurité énergétique mondiale, ces informations vont dans le sens de la déclaration d’un haut responsable israélien à l’agence Reuters. Sous couvert d’anonymat, ce dernier a déclaré hier que l’émissaire Hochstein allait présenter une nouvelle proposition israélienne aux autorités libanaises, qui « comprend une solution susceptible de permettre aux Libanais de développer les réserves de gaz dans la zone contestée tout en préservant les droits commerciaux d’Israël ». Si cela mène à un accord, cela impliquerait « quelques forages là-bas » par les Libanais, a souligné le responsable israélien, sans autre précision. « L’offre qui a été relayée est une proposition sérieuse qui peut transformer le Liban d’un pays en ruine économique et en crise énergétique, en un pays producteur de gaz naturel, tout en lui permettant de cultiver cette ressource », a ajouté ce haut responsable.

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Face à l’optimisme israélo-américain, l’attentisme officiel libanais. À son arrivée à Beyrouth, M. Hochstein s’est immédiatement rendu chez le directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim. Il a aussi été reçu par le ministre Fayad, par le vice-président du Parlement Élias Bou Saab qui suit de près le dossier et par le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun. Il devait être l’hôte à dîner du Premier ministre désigné Nagib Mikati. Mais c’est aujourd’hui que les choses sérieuses doivent être amorcées. Car Amos Hochstein doit rencontrer ce lundi les trois pôles du pouvoir, en commençant par le chef de l’État Michel Aoun. « Les réunions les plus importantes auront lieu avec les trois présidents (outre le président Aoun, le Premier ministre Nagib Mikati et le président du Parlement Nabih Berry) », a souligné à ce propos le chef de la diplomatie Abdallah Bou Habib. Ce n’est donc qu’aujourd’hui que le contenu de la réponse israélienne sera révélé aux Libanais. Et ce après la demande de Beyrouth début juillet de se voir attribuer l’exclusivité des droits sur le champ de Cana. Un champ dont on ne sait pour l’instant s’il contient ou non des hydrocarbures.

Les négociations indirectes entre le Liban et Israël sous l’égide de l’ONU et sous médiation américaine sur la délimitation de leur frontière maritime commune ont été interrompues depuis mai 2021. Elles ont laissé la place à l’intervention de l’émissaire américain Amos Hochstein qui se livre à une série d’allers-retours entre les deux voisins ennemis pour rapprocher autant que possible les points de vue. À l’origine de l’interruption des négociations, une demande maximaliste des négociateurs libanais d’une zone supplémentaire de 1 430 km2 délimitée par la ligne 29. L’État avait pourtant enregistré auprès de l’ONU en 2011 la ligne 23 comme limite d’une superficie revendiquée de 860 km2 par le biais du décret 6433/2011. Si le Liban officiel, engoncé dans ses divisions, a récemment abandonné ses revendications maximalistes et est revenu à la ligne 23, il réclame une courbe sinueuse autour du champ de Cana, afin que la totalité de ce champ lui revienne de droit. Ce que l’État hébreu pourrait accepter moyennant compensations financière et/ou territoriales.

La surenchère du Hezbollah

C’est dans le cadre d’une surenchère que doivent être entendues les récentes menaces du parti chiite. Immédiatement, le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib a pris ses distances avec l’avertissement du Hezbollah. « La vidéo des drones diffusée par le Hezbollah ne représente pas le point de vue de l’État libanais. Toute décision concernant le tracé de la frontière maritime revient au gouvernement libanais », a-t-il insisté. Mais pour l’expert en énergie et professeur universitaire Charbel Skaff, « la guerre médiatique menée par le Hezbollah est le signe que le dossier avance ». Et ce sachant que les Israéliens pourraient aussi durcir le ton.

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Parallèlement, le Liban officiel, et particulièrement le président du Parlement Nabih Berry, se fait insistant pour une reprise des négociations indirectes à Naqoura. Ce dernier avait rappelle-t-on initié l’accord-cadre préalable à la reprise des négociations. « Cette demande pourrait fort bien être accordée », observe Charbel Skaff. S’il est certain que le retour à Naqoura sera privilégié « pour finaliser l’accord entre le Liban et Israël sur la délimitation de leur frontière maritime » préalable à l’exploration de leur gaz offshore, ce retour pourrait être imminent. « Il pourrait constituer une échappatoire pour poursuivre les négociations, dans l’attente d’une meilleure vision régionale, notamment sur le dossier du nucléaire iranien, explique l’expert. Car la frontière maritime libano-israélienne ne peut être dissociée du dossier régional. »

La réponse d’Amos Hochstein est imminente. Sera-t-elle proche de la solution envisagée par l’experte en énergie Laury Haytayan, liée à la ligne 23 et l’exploitation du champ de Cana ? « S’il est convenu que l’entreprise Total commencera plus vite l’exploration avec des garanties françaises, et si du gaz est trouvé dans le bloc 9 (côté libanais du champ de Cana) et vers le bloc 72 israélien (côté israélien de Cana), Total prélèvera sur sa part le prix du gaz du côté israélien qu’elle réglera à Israël. La situation fonctionnera-t-elle ? La partie libanaise acceptera-t-elle ? » s’interroge-t-elle dans un tweet. « C’est une solution plausible, car il n’y a pas de développement commun entre les deux voisins ennemis. De plus, l’entreprise Total a vu l’extension de son mandat de trois ans », commente-t-elle à L’Orient-Le Jour. Une question la taraude toutefois. « Sachant que le mandat du président Aoun tire à sa fin, le chef du Parlement (avec lequel il a des relations conflictuelles) lui accordera-t-il le crédit d’avoir résolu le dossier des frontières maritimes ? Rien n’est moins sûr », estime-t-elle.


De retour au Liban dimanche après-midi, le négociateur américain Amos Hochstein, chargé des pourparlers dans le dossier de la délimitation de la frontière maritime libano-israélienne, est porteur d’une nouvelle proposition israélienne aux responsables. Mais c’est par une menace du Hezbollah que l’émissaire US a été accueilli. Le parti chiite a en effet diffusé une vidéo dans...

commentaires (3)

Blabla bla et bla… du vent que du vent, tant que les agents traitres sont chargés de négocier tout en étant sous les ordres du barbu vendu rien ne se fera. Il faut commencer par le réduire au silence avec sa bande qui joue un double jeu… pour pouvoir arriver à un accord. Ils savent qui peut le faire et devrait leur donner le feu vert. Le plus tôt serait le mieux pour eu et pour le Liban.

Sissi zayyat

12 h 31, le 01 août 2022

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Commentaires (3)

  • Blabla bla et bla… du vent que du vent, tant que les agents traitres sont chargés de négocier tout en étant sous les ordres du barbu vendu rien ne se fera. Il faut commencer par le réduire au silence avec sa bande qui joue un double jeu… pour pouvoir arriver à un accord. Ils savent qui peut le faire et devrait leur donner le feu vert. Le plus tôt serait le mieux pour eu et pour le Liban.

    Sissi zayyat

    12 h 31, le 01 août 2022

  • J'espère me tromper, mais tout ce va-et-vient ne va mener nulle part avant un accord sur le nucléaire iranien...

    Georges MELKI

    09 h 52, le 01 août 2022

  • de tout coeur j'espere le report de tout accord israel - liban . pour apres le 31 oct. simplement que le climay serait alors plus tempere, beaucoup plus acceptable, les libanais pouvant enfin respirer un air moins, beaucoup moins lourd, ceci faciliterait a se rejouir, ferait des festivites pour celebrer l'accord tellement plus rejouissantes.

    Gaby SIOUFI

    09 h 28, le 01 août 2022

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