Session plénière des députés à Paris, le 11 juillet 2022. Photo Alain JOCARD / AFP
Les députés français ont rejeté lundi une motion de censure du nouveau gouvernement déposée par la gauche, qui en avait fait un vote de "clarification" sur les opposants à la politique menée par le président Emmanuel Macron.
Seuls 146 élus de l'Assemblée nationale ont soutenu ce texte porté par l'alliance de la gauche Nupes qui réunit écologistes, communistes, socialistes et gauche radicale. Pour être adoptée, cette motion devait recueillir la majorité absolue, soit 289 voix, mais les oppositions de droite et d'extrême droite avaient prévenu qu'elles ne soutiendraient pas le texte.
La procédure se voulait une réponse au refus de la Première ministre Elisabeth Borne, la semaine dernière, de solliciter la confiance du Parlement français - un choix en rupture avec une tradition jusqu'à présent globalement respectée. "Il est logique que le refus de la confiance récolte la défiance", a estimé lundi la cheffe de file de la France insoumise (LFI, gauche radicale) Mathilde Panot, avant le scrutin. "Cette motion de défiance tiendra lieu de clarification politique : ceux qui ne voteront pas cette motion de défiance seront les partisans de votre politique", de la réforme des retraites à "la politique de casse et d'injustice sociales", a-t-elle ajouté dans une ambiance houleuse. "Rejeter cette motion de censure, c'est respecter le vote des Français, c'est refuser l'instabilité, c'est accepter de juger le gouvernement sur les actes et sur les faits", a répliqué Elisabeth Borne.
Les "Français en ont assez des dialogues stériles et de la loi des postures" et ont "envoyé un message clair" aux élections, a ajouté la cheffe du gouvernement, une semaine après avoir appelé les oppositions à "bâtir ensemble" des compromis au Parlement. La riposte de l'opposition de gauche était avant tout symbolique, les groupes Les Républicains (LR, droite, 62 députés) et le Rassemblement national (RN, extrême droite, 89 députés) ayant indiqué en amont qu'ils ne soutiendraient pas la motion. La Nupes disposait sur le papier de quelque 150 voix. "Paralyser la France et les institutions comme le propose cette motion ce n'est pas ce que les Français attendent de nous, ils nous ont donné un mandat pour agir", a souligné lundi dans l'hémicycle Michèle Tabarot, députée LR. Pour autant, pas question de signer un chèque en blanc à l'exécutif qui, s'il n'a pas la "défiance" du parti de droite "aujourd'hui", n'a pas "sa "confiance pour autant".
Entrée dans le vif
Député RN, Alexandre Loubet a estimé pour sa part que l'heure n'était pas "aux basses manoeuvres politiciennes" mais à l'action "au service des Français" et assuré que l'opposition de son groupe à la politique de l'exécutif ne "faiblirait" pas. Le camp du chef de l'État Emmanuel Macron, dirigeant centriste libéral réélu fin avril pour un second mandat de cinq ans, a perdu la majorité absolue lors des élections législatives de fin juin et s'appuie désormais sur 250 élus.
Cette nouvelle donne complique la tâche de l'exécutif qui va devoir nouer des alliances au cas par cas pour espérer faire adopter les réformes annoncées, comme celle concernant les retraites, un sujet traditionnellement explosif en France. Au-delà de l'aspect symbolique, se jouait également derrière la motion de censure la bataille pour le leadership de l'opposition à la chambre basse du Parlement où l'extrême droite est le premier groupe d'opposition, devant une gauche, plus forte en nombre total d'élus mais éparpillée en plusieurs groupes.
À l'issue de ce vote, l'Assemblée nationale devait entrer dans le vif du sujet avec l'examen du premier texte de la législature à partir de 21H30 (19H30 GMT) : le projet de loi "sécurité sanitaire" et ses "mesures de freinage" face au regain de Covid-19. Les débats devraient être houleux, le RN et certains membres de la gauche radicale contestant l'ensemble du projet de loi et n'ayant pas caché leur intention de saisir cette occasion pour dénoncer plus largement la politique sanitaire de l'exécutif. Un deuxième projet de loi, tout aussi épineux et sensible, sera examiné à compter du 18 juillet par les députés, celui portant sur les "mesures d'urgence pour le pouvoir d'achat".
Seuls 146 élus de l'Assemblée nationale ont soutenu ce texte porté par l'alliance de la gauche Nupes qui réunit écologistes, communistes, socialistes et gauche radicale. Pour être adoptée, cette motion devait recueillir la majorité absolue, soit 289 voix, mais les oppositions de droite et d'extrême droite avaient prévenu qu'elles ne soutiendraient pas le texte.La procédure se voulait une réponse au refus de la Première ministre Elisabeth Borne, la semaine dernière, de solliciter la confiance du Parlement français - un choix en rupture avec une tradition jusqu'à présent globalement...


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