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Devant des députés remontés, la Première ministre appelle les oppositions au "compromis"


Devant des députés remontés, la Première ministre appelle les oppositions au

La Première ministre française Elizabeth Borne, lors d'un discours prononcé au Parlement, le 6 juillet 2022. Photo REUTERS/Benoit Tessier

"Les Français nous attendent ; l'heure n'est pas à nous compter, mais à nous parler", a lancé mercredi la nouvelle Première ministre française en présentant devant le Parlement son projet politique, appelant les oppositions mécontentes à "bâtir ensemble" des "compromis" après le revers du camp d'Emmanuel Macron aux législatives.

Affirmant qu'elle ne se déroberait ni aux "défis" ni aux "débats", Mme Borne a indiqué qu'elle n'aurait "qu'une seule boussole qui sera celle de notre gouvernement: bâtir pour notre pays". "Les Français veulent un gouvernement et un Parlement d'action", a-t-elle ajouté. Elisabeth Borne, 61 ans, s'est exprimée durant plus d'une heure devant les députés mercredi après-midi (et le fera devant les sénateurs à 19h00 GMT) lors de la traditionnelle "déclaration de politique générale", qui lui permet d'exposer à la fois son style et son programme, avant que les présidents de groupes parlementaires lui répondent.

Sonné par la perte de sa majorité absolue à la chambre basse du Parlement lors des législatives de juin et en quête d'un nouveau souffle, le président français Emmanuel Macron a dévoilé lundi le nouveau gouvernement qui sera chargé de mettre œuvre ses réformes face à une opposition remontée. S'exprimant devant des députés plutôt bruyants, qui ont alterné applaudissements, interpellations et invectives, Mme Borne a rappelé son parcours et son "engagement", déroulé son discours avec détermination, souvent souriante, haussant parfois la voix.

Inflation 
Réputée discrète, elle a estimé qu'elle était devenue Première ministre de la France grâce à la République, rappelant qu'elle avait été pupille de la Nation (bénéficiaire d'une bourse après la mort de son père, alors qu'elle n'avait que 11 ans). Son père, un ancien déporté, "n'était jamais vraiment revenu des camps", a-t-elle lancé mercredi avec émotion.

Deuxième femme nommée Première ministre dans l'histoire récente de la France, Mme Borne est ingénieure de formation, une "technicienne" réputée tenace. Elle est membre de l'aile gauche de la majorité centriste libérale (arrivée au ministère du Travail en juillet 2020), un atout à l'heure où s'annoncent de nouvelles réformes sociales. Disant vouloir "redonner son sens au mot compromis" et bâtir une "histoire des majorités de projets" et "d'idées", elle a appelé les oppositions de la gauche, de la droite et de l'extrême droite, à trouver "des compromis" et à "bâtir ensemble" les solutions aux défis des prix de l'énergie ou du climat.

Elle a assuré vouloir mener "pour chaque sujet une concertation dense". "Nous aborderons chaque texte dans un esprit de dialogue, de compromis et d'ouverture", a-t-elle insisté. "Premier défi" de son gouvernement: le pouvoir d'achat, face à une inflation qui a encore atteint 5,8% en juin, du jamais vu depuis près de 40 ans en France. Un projet de loi sera présenté jeudi en Conseil des ministres puis débattu dans l'hémicycle à compter du 18 juillet.

"Défis de la souveraineté" 
La Première ministre a promis mercredi des "réponses radicales à l'urgence écologique", que ce soit "dans notre manière de produire, de nous loger, de nous déplacer, de consommer". L'Etat veut renationaliser à 100% la compagnie d'électricité EDF pour "renforcer sa capacité à mener, dans les meilleurs délais, des projets ambitieux et indispensables pour notre avenir énergétique", a-t-elle également annoncé. Elle a prévenu que les Français devraient "travailler progressivement un peu plus longtemps". "Notre pays a besoin d'une réforme de son système de retraite", a-t-elle lancé.

La Première ministre a également abordé "les défis de la souveraineté", souhaitant une "Europe plus indépendante". Mme Borne n'a pas sollicité la "confiance des parlementaires" contrairement à la plupart de ses prédécesseurs. Ce vote n'est pas obligatoire.

Les débats qui vont suivre le discours d'Elisabeth Borne s'annoncent agités. Les quatre groupes de gauche à l'Assemblée (socialistes, communistes, écologistes et radicaux de la France insoumise) ont déposé mercredi une motion de censure en signe de "défiance" à l'égard du gouvernement. La motion devra être soumise au vote de l'Assemblée au moins 48 heures après son dépôt, soit vendredi en début d'après-midi au plus tôt. Pour faire tomber le gouvernement, il lui faudrait réunir une majorité absolue, ce qui paraît très peu probable faute d'un rassemblement des oppositions.


"Les Français nous attendent ; l'heure n'est pas à nous compter, mais à nous parler", a lancé mercredi la nouvelle Première ministre française en présentant devant le Parlement son projet politique, appelant les oppositions mécontentes à "bâtir ensemble" des "compromis" après le revers du camp d'Emmanuel Macron aux législatives.
Affirmant qu'elle ne se déroberait ni aux "défis" ni...