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Économie - Crise au Liban

Retour des files devant les stations ; pas de pénurie d'essence, clame le ministère

Certaines stations ont fermé leurs portes en raison d'un retard des livraisons par une des sociétés importatrices.

Retour des files devant les stations ; pas de pénurie d'essence, clame le ministère

Des voitures faisant la file devant une station-service du Akkar, le 19 juin 2022. Photo Michel Hallak

L'été 2021 et ses pénuries d'essence se sont rappelés durant le week-end au mauvais souvenir des Libanais, de longues files se formant devant des stations-service, alors que les autorités souhaiteraient arrêter de tarifer l'essence sur la base du taux de Sayrafa, légèrement plus avantageux que celui du marché parallèle. Face à la ruée vers les pompes, le ministère de l’Énergie a affirmé samedi soir qu'il n'y avait pas de pénurie d'essence dénonçant les "rumeurs" sur une dollarisation totale du prix des carburants.

Depuis la fin de l’été dernier, les prix en livres libanaises de l’essence vendue au Liban sont fixés par le ministère de l’Énergie et de l’Eau en fonction d’une part des cours mondiaux du pétrole, et d’autre part du taux de change de la plateforme Sayrafa, gérée par la Banque du Liban. Les autorités libanaises semblent toutefois se diriger vers un nouveau mécanisme de prix qui éliminerait la seconde variable. C'est ce qu'avait rapporté vendredi Georges Brax, porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service. 

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Vers une levée des subventions sur l’essence, selon Brax

Cette situation a poussé des milliers d'automobilistes à faire le plein samedi. Des files d'attente ont ainsi été observées tout au long de la journée, notamment à Saïda (Sud), selon notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah, ou dans le Metn, tandis que certaines stations ont fermé leurs portes. Dans le Akkar (Liban-Nord), des queues interminables se formaient également dimanche devant les pompes à essence encore ouvertes, tandis que de nombreuses autres ont fermé, rapporte notre correspondant Michel Hallak. La situation est identique à Tyr (Sud), où la majorité des stations ont fermé leurs portes, selon le média local el-Nashra.

Le ministère dément
Réagissant dans la soirée à ce phénomène, le ministère de l’Énergie a estimé qu'il était dû "aux rumeurs circulant concernant une pénurie d'essence ou une dollarisation du prix de l'essence". Il a aussitôt démenti ces rumeurs dans un bref communiqué. "L'essence est disponible et il n'y a pas de pénurie", ajoute le texte, qui souligne que la fermeture de certaines stations est due à "un retard de livraison des produits par une des sociétés importatrices, dans l'attente du déchargement d'un de ses navires". 

Le représentant des distributeurs de carburant Fadi Abou Chakra a également affirmé à la chaîne LBCI que la situation concernant l'essence allait être résolue "au début de la semaine". "Un navire vide son chargement dans les réservoirs des sociétés importatrices et d'autres entreprises ont encore des stocks et elles commenceront leurs livraisons lundi à partir de 6h", a-t-il déclaré. 

Vendredi, Georges Brax avait précisé à L’Orient-Le Jour que la perspective d’un arrêt des subventions sur l’essence n’est pas nouvelle, mais que la décision a été retardée de "deux mois, à la demande du Premier ministre sortant Nagib Mikati". La Banque du Liban "ne peut plus subventionner" les importations d’essence, rapportait le porte-parole. Depuis la fin de l’été 2021, les importateurs de carburant se fournissent en dollars auprès le BDL au taux Sayrafa, inférieur de quelques milliers de livres à celui du marché parallèle (24 900 livres pour un dollar vendredi soir, dernier jour ouvrable de la semaine, contre 28 300 livres sur le marché parallèle ce dimanche). Cette différence est considérée comme étant une subvention sur l’essence. Mais en parallèle, les réserves de devises de la Banque du Liban fondent comme neige au soleil.


L'été 2021 et ses pénuries d'essence se sont rappelés durant le week-end au mauvais souvenir des Libanais, de longues files se formant devant des stations-service, alors que les autorités souhaiteraient arrêter de tarifer l'essence sur la base du taux de Sayrafa, légèrement plus avantageux que celui du marché parallèle. Face à la ruée vers les pompes, le ministère de l’Énergie a...

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