La cerise sur le gâteau : Stephen Curry (au centre), champion NBA pour la quatrième reprise, a été, logiquement et pour la première fois, désigné meilleur joueur de la finale, effaçant une anomalie dans sa prodigieuse carrière. Photos Elsa/Getty Images/AFP
La dynastie Warriors ravivée ! Grâce à Stephen Curry, impérial, et une défense intraitable, Golden State a remporté son 4e titre de champion en six finales disputées ces huit dernières saisons, le 7e de son histoire, en s’imposant (103-90) à Boston contre les Celtics jeudi soir (hier vendredi au petit matin à Beyrouth).
« On l’a fait ! On l’a fait ! » Les fesses sur le parquet mythique du TD Garden de Boston, les yeux embués après une performance encore magistrale (34 points), Stephen Curry était inévitablement pris par l’émotion. Partagée ensuite avec son père Dell, ancien shooteur hors pair à qui il doit d’être le meilleur marqueur à trois points de l’histoire. Logiquement, avec 31,2 points de moyenne par match sur les six rencontres disputées, Curry a été désigné MVP (meilleur joueur) de la finale pour la première fois, à 34 ans, rendant un peu plus prodigieuse sa carrière. Non pas qu’il soit passé à côté, réussissant à plusieurs reprises des matches de haute volée, mais Andre Iguodala en 2015 puis Kevin Durant en 2017 et 2018 s’étaient montrés plus constants. Tant et si bien que l’étiquette du joueur incapable d’élever son niveau dans les joutes les plus cruciales collait à la peau du meneur, pourtant auréolé de deux trophées de MVP en saison régulière (2015 et 2016).
Grâce à leur victoire (103-90) contre les Boston Celtics dans le match n° 6 de la finale NBA, les Golden State Warriors ont remporté la série (4-2) et leur 4e titre de champions en 6 finales disputées ces 8 dernières saisons.
Un mur bleu
Impérial quasiment tout du long, Curry avait été stratosphérique au match n° 4, sa masterclass (43 points) dans le volcan du TD Garden, soudain éteint, ayant remis à l’endroit son équipe qui ne pouvait pas se permettre d’être menée 3-1. Sa seule fausse note aura été le 0/9 derrière l’arc lors de la joute suivante, une première pour lui en 133 matches de play-offs. Mais qu’importe, avec lui, ce type de mésaventure ne se produit jamais deux fois d’affilée et il a su réagir en champion jeudi soir avec un 6/11 (12/21 au total, 7 rebonds et 7 passes décisives).
Hormis un tout début de rencontre à l’avantage des Celtics (14-2), les Dubs – surnom des Warriors – ont maîtrisé leur sujet. Leur défense a été de fer, provoquant 22 ballons verts perdus, tout en gagnant la bataille du rebond (29, dont 15 offensifs). En dix minutes, ils ont infligé un 35-8 à Boston, K.-O. debout comme son public, pourtant bouillant jusque-là, en réussissant au passage un 21-0, du jamais-vu en finale en 50 ans. Les Celtics sont perpétuellement rentrés dans ce mur bleu, malgré un sursaut dans le sillage de Jaylen Brown (34 points) qui les a un temps ramenés à -8. Mais à chaque fois un Warrior répondait.
Les Dubs, qui ont donc remporté la série 4-2, ravivent de façon spectaculaire une dynastie débutée en 2015, avec un titre glané cette année-là et deux autres en 2017 et 2018, tout en ayant perdu en finale en 2016 et 2019. Ils avaient gagné deux premières bagues à l’époque où ils jouaient à Philadelphia (1947 et 1956) et une troisième, sous le maillot de Golden State, en 1975. Ce retour au sommet de la NBA n’était pas attendu il y a huit mois, quand avait débuté le championnat. Car les Warriors sortaient de deux années noires, plombés par le départ de Kevin Durant et les nombreuses blessures – dont celles graves qui ont foudroyé Klay Thompson, victime de ruptures à un ligament croisé et au tendon d’Achille droit. Ce dernier, absent des parquets pendant 941 jours, a fait son retour cette année. Et s’il n’est pas tout à fait redevenu le shooteur diabolique qu’il fut, comme en témoignent ses 12 points (à 5/20), il symbolise la résurrection de Golden State.
Et de 9 pour Kerr
Les « Splash Brothers » (Curry et Thompson) ne sont pas les seuls à accrocher une quatrième bague à leur doigt – pour rejoindre le club des LeBron James, Shaquille O’Neal et autres Tony Parker –, puisque le « Warrior » Draymond Green (12 points, 12 rebonds et 8 passes décisives), le pivot Keyvon Looney et le vétéran Andre Iguodala les accompagnent.
Pour Steve Kerr, architecte de la dynastie Warriors, ce sacre en tant qu’entraîneur est aussi le quatrième, auxquels s’ajoutent cinq autres du temps où il était joueur, trois avec les Chicago Bulls de Michael Jordan (1996, 1997, 1998) et deux avec les San Antonio Spurs de Gregg Popovich (1999, 2003). Il a réussi à reconstruire un groupe compétitif et gagnant, avec des jeunes comme Andrew Wiggins, arrivé à maturité, Jordan Poole, Gary Payton II ou encore Otto Porter Jr, auxquels les stars ont transmis leur « ADN de champions ». « Cet ADN, on ne peut pas vraiment l’enseigner. Notre ossature et notre façon de jouer, c’est ce qui nous rend uniques et différents », disait, à raison, Stephen Curry avant cette finale.
Nicolas PRATVIEL/AFP

