L’influent leader chiite irakien Moqtada Sadr, habitué des coups politiques, a invité hier les 73 députés de son courant à préparer « leurs lettres de démission » pour ne « pas faire obstacle » à la formation d’un nouveau gouvernement que l’Irak attend depuis huit mois. Depuis les législatives d’octobre 2021, desquelles le mouvement sadriste est ressorti grand gagnant, les deux pôles du chiisme politique – celui de Moqtada Sadr et les pro-Iran du Cadre de coordination – continuent à revendiquer une majorité au Parlement et le droit de nommer le Premier ministre. Or Moqtada Sadr, allié à des forces sunnites et kurdes, entend briser la tradition qui prévalait depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 et qui voulait que toutes les forces chiites soient partie prenante dans un « gouvernement de consensus ». Le clerc chiite veut un « gouvernement majoritaire » qui repousserait dans l’opposition ses adversaires du Cadre de coordination. « Si la survie du bloc sadriste est un obstacle à la formation du gouvernement, alors tous les représentants du bloc sont prêts à démissionner de la Chambre », a déclaré Moqtada Sadr dans une intervention télévisée, appelant ses députés à « écrire leur démission ».
Moyen-Orient - Irak
Moqtada Sadr invite ses députés à « démissionner »
OLJ / le 10 juin 2022 à 00h00

