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Monde - Conflit

La situation « s’est aggravée » pour l’armée ukrainienne à Severodonetsk

Les pays autour de la Serbie ferment leur espace aérien pour l’avion de Lavrov.

La situation « s’est aggravée » pour l’armée ukrainienne à Severodonetsk

Photo souvenir du président ukrainien Volodymyr Zelensky posant avec des militaires, lors de sa visite de leur position dans la région de Donetsk, le 5 juin 2022. Ukrainian Presidential Press Service/Handout via Reuters

Après des avancées, la situation « s’est aggravée » lundi pour l’armée ukrainienne à Severodonetsk, une ville-clé de l’Est sous le feu intensif des forces russes, peu après le déplacement sur le front du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans le même temps, une visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Serbie a dû être annulée lundi matin, trois pays européens ayant fermé leur espace aérien pour son avion, une mesure dénoncée comme « scandaleuse » par le Kremlin.

Les forces ukrainiennes défendant la ville de Severodonetsk, dans l’Est, « tiennent bon » malgré les assauts des troupes de Moscou, mais les Russes sont « plus nombreux et plus puissants », a indiqué hier le président ukrainien. Selon M. Zelensky, qui s’exprimait lors d’une rencontre avec des journalistes à Kiev, la situation sur le front est est « difficile ». Les villes de Severodonetsk et celle jumelle de Lyssytchansk « sont aujourd’hui des villes mortes », a-t-il dit. « Nous tenons bon, mais ils sont plus nombreux et plus puissants », a lâché M. Zelensky,

« Les combats sont très acharnés à Severodonetsk. Nos défenseurs ont réussi à contre-attaquer et libérer la moitié de la ville, mais la situation s’est aggravée pour nous », a déclaré pour sa part Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Lougansk, sur la télévision ukrainienne 1+1. Selon lui, les bombardements se sont encore intensifiés sur Severodonetsk et Lyssytchansk, ville voisine située sur « les hauteurs » et stratégique pour « tenir la ligne de défense » où le président Zelensky a rendu visite à ses troupes dimanche.

Les Russes « détruisent tout avec leur tactique habituelle de terre brûlée » pour qu’il « ne reste plus rien à défendre », a accusé le gouverneur.

Ce centre industriel est la plus grande agglomération encore aux mains des Ukrainiens dans la région de Lougansk, où les soldats russes ont avancé ces dernières semaines après s’être retirés ou avoir été chassés du nord du pays et des environs de Kiev.

Après avoir été dans un premier temps repoussés par une offensive russe sur Severodonetsk, les Ukrainiens y ont progressivement repris du terrain. Pour Moscou, mettre la main sur la ville se révélerait déterminant en vue du contrôle intégral du bassin houiller du Donbass, déjà tenu en partie par des séparatistes prorusses depuis 2014. Ses forces armées ont poursuivi ces dernières 24 heures leur offensive sur de nombreux fronts dans l’Est, où « sept attaques (...) ont été repoussées » dans les régions de Donetsk et Lougansk, selon Kiev.

Selon le ministère russe de la Défense, son aviation a notamment détruit trois dépôts de munitions d’artillerie et un dépôt de carburants près du village de Kodema, dans la région de Donetsk.

Lavrov empêché d’aller en Serbie

À Moscou, le chef de la diplomatie russe a fustigé hier la fermeture « scandaleuse » par trois pays européens de leur espace aérien à l’avion qui devait l’emmener en Serbie. « L’inconcevable s’est produit », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse en ligne convoquée en urgence. « On a privé un État souverain de son droit d’exercer sa politique extérieure », a-t-il ajouté, dénonçant cette mesure « scandaleuse ».

La Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro, tous trois membres de l’OTAN, ont fermé leur espace aérien à l’avion de Sergueï Lavrov? qui devait se rendre en Serbie pour une visite de deux jours, en invoquant des sanctions imposées par Bruxelles à la Russie après le déclenchement de son offensive en Ukraine le 24 février.

De son côté, le président Zelensky s’est rendu auprès de ses troupes dimanche près de Bakhmout (région de Donetsk) et Lyssytchansk (celle de Lougansk). Sur des images diffusées par la présidence, on peut voir le chef de l’État en tenue de style militaire s’entretenir avec des soldats à l’intérieur d’immeubles. « Nous avons apporté quelque chose à l’armée. Je n’en parlerai pas en détail », a indiqué M. Zelensky.

Le chef de l’État s’est aussi rendu à Zaporijjia, dans le sud du pays. Il y a rencontré des habitants de Marioupol ayant réussi à fuir les bombardements russes.

Toujours dans le Sud, la situation est « critique » dans la région de Kherson, en l’« absence de réseaux mobile et internet, de produits alimentaires, de médicaments et d’argent liquide », selon les autorités ukrainiennes. « Trois habitants (ont été) tués » dans la station balnéaire de Lazourné où les Russes ont miné le littoral.

La région de Kharkiv (Nord-Est), où 10 civils ont été tués en 24 heures, est également la cible d’intenses bombardements.

L’armée russe a affirmé y avoir « détruit, avec des missiles aériens de haute précision de longue portée », une usine qui s’occupait de la réparation des véhicules blindés ukrainiens près de Lozova.

Pour soutenir son offensive, « l’ennemi renouvelle intensément » des infrastructures routières et « met en place des ponts ferroviaires flottants sur des rivières » autour de Kharkiv, a précisé le ministère ukrainien de la Défense.

À terme, toutefois, la résistance ukrainienne à Severodonetsk focalisera l’attention des Russes sur la région de Lougansk et « laissera donc des vulnérabilités dans les efforts défensifs russes dans la région de Kharkiv et le long de l’axe sud », a estimé l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).

Nouvelles livraisons à Kiev

Si les combats se concentrent sur le Sud et l’Est, « Kiev demeure l’objectif principal de l’occupant russe », a assuré dimanche la vice-ministre de la Défense Ganna Malyar aux médias locaux, demandant aussi un « soutien constant » de l’Occident. La capitale ukrainienne a en effet été atteinte par plusieurs frappes russes dimanche matin, pour la première fois depuis fin avril. Moscou dit avoir visé un atelier de réparation de wagons de marchandises, dans le sud-est de Kiev, à 10 km du centre-ville, et y avoir détruit des blindés fournis à l’Ukraine par des pays d’Europe de l’Est. Ce qu’ont démenti des responsables et des témoins ukrainiens sur place.

« C’est un autre exemple de falsification fabriquée par la Russie pour justifier cette guerre brutale contre l’Ukraine », a réagi Sergii Leshchenko, le directeur adjoint du conseil de surveillance de la compagnie de chemins de fer.

À la télévision Rossiya-1, le président russe Vladimir Poutine a menacé d’autres frappes sur « des sites que nous n’avons pas visés jusqu’à présent » si les Occidentaux fournissaient des missiles de longue portée à l’Ukraine, ce qui, selon lui, vise à « prolonger le conflit ».

Cet avertissement n’a pas empêché Londres d’annoncer lundi la livraison à Kiev de lance-roquettes d’une portée de 80 kilomètres (M270 MLRS), venant en complément des Himar américains, lance-roquettes montés sur des blindés légers, d’une même portée, promis la semaine dernière par Washington.

M. Zelensky a indiqué sur Twitter s’être entretenu lundi avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, notamment « d’un nouveau package renforcé » de l’assistance militaire britannique.

Crise alimentaire

Sur un autre plan, la quantité de céréales destinées à l’exportation et bloquées en Ukraine en raison de la guerre pourrait tripler d’« ici à l’automne » pour atteindre 75 millions de tonnes, a alerté hier M. Zelensky. « Actuellement, entre 20 et 25 millions de tonnes de céréales sont bloquées, et cet automne, ce chiffre pourrait augmenter à 70-75 millions de tonnes », a déclaré à la presse le président ukrainien dont le pays était le quatrième exportateur mondial de blé et de maïs avant l’invasion russe.

Le blocus naval des ports ukrainiens fait craindre une crise alimentaire mondiale, les exportations de céréales à partir de l’Ukraine étant bloquées et les cours mondiaux flambant. Si la Russie a une supériorité navale évidente, les forces ukrainiennes ont affirmé être parvenues à couler plusieurs bâtiments russes depuis le début de la guerre, dont en avril le croiseur Moskva, le navire amiral de la flotte russe en mer Noire. L’armée ukrainienne a toutefois assuré lundi avoir repoussé la flotte russe d’une centaine de kilomètres des côtes ukrainiennes en mer Noire, où les navires de Moscou organisent depuis des semaines un blocus naval.

Source : AFP

Après des avancées, la situation « s’est aggravée » lundi pour l’armée ukrainienne à Severodonetsk, une ville-clé de l’Est sous le feu intensif des forces russes, peu après le déplacement sur le front du président ukrainien Volodymyr Zelensky.Dans le même temps, une visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Serbie a dû être annulée lundi matin, trois pays européens ayant fermé leur espace aérien pour son avion, une mesure dénoncée comme « scandaleuse » par le Kremlin.Les forces ukrainiennes défendant la ville de Severodonetsk, dans l’Est, « tiennent bon » malgré les assauts des troupes de Moscou, mais les Russes sont « plus nombreux et plus puissants », a indiqué hier le président ukrainien. Selon M. Zelensky, qui s’exprimait lors...
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