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Moyen-Orient - Etats-Unis

Biden change d'avis et rencontrera MBS à Riyad

Le "tête-à-tête" avec le puissant prince héritier saoudien interviendrait après plusieurs missions "discrètes" en Arabie du conseiller US pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, et de l'émissaire américain pour les affaires énergétiques, Amos Hochstein.

Biden change d'avis et rencontrera MBS à Riyad

Le président américain Joe Biden lors d'un discours à la Maison Blanche, le 2 juin 2022. Photo REUTERS/Leah Millis

Joe Biden a finalement décidé de se rendre fin juin en Arabie saoudite afin de rencontrer le prince héritier Mohammad ben Salmane, a rapporté la presse américaine jeudi, un revirement majeur pour le président qui avait pourtant promis de traiter le royaume en "paria".

Les spéculations sur un tel déplacement en juin allaient bon train, mais selon le New York Times, il est désormais acté : le président des États-Unis "a décidé d'aller à Riyad ce mois-ci pour rebâtir les relations avec le royaume pétrolier au moment où il cherche à faire baisser les prix de l'essence dans son pays et à isoler la Russie sur la scène internationale". Sur place, "il rencontrera le prince héritier Mohammad ben Salmane" surnommé "MBS" - chose que M. Biden s'était jusqu'à présent refusé - ainsi que d'autres dirigeants de pays arabes dont l'Égypte, la Jordanie, l'Irak et les Émirats arabes unis, a ajouté le quotidien.

Il a précisé que les détails logistiques et le calendrier devaient encore être confirmés, mais que la visite viendrait s'ajouter à un voyage déjà prévu fin juin en Israël, en Allemagne pour le sommet du G7 et en Espagne pour celui de l'OTAN. Le Washington Post a aussi fait état du déplacement en citant des responsables anonymes, soulignant que le "tête-à-tête" avec le puissant prince interviendrait après plusieurs missions "discrètes" dans le riche pays du Golfe de son conseiller pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, et de son émissaire pour les affaires énergétiques, Amos Hochstein, qui plaident inlassablement pour une augmentation de la production de brut afin de faire baisser l'inflation.

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"Le président est impatient d'avoir l'occasion de dialoguer avec des dirigeants du Moyen-Orient, mais je n'ai rien à annoncer aujourd'hui", s'est bornée à dire jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre. Mais si Joe Biden "estime qu'il est dans l'intérêt des États-Unis d'échanger avec un dirigeant étranger et qu'un tel engagement peut apporter des résultats, alors il le fera", a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'administration Biden sous couvert de l'anonymat, sans confirmer le déplacement.

"Recalibrage"

Avant son élection, Joe Biden avait jugé que l'Arabie saoudite devait être traitée comme un État "paria" en raison de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Une fois au pouvoir, le démocrate a publié en février 2021 le rapport du renseignement américain accusant "MBS" d'avoir "validé" le meurtre. Washington avait alors évoqué un "recalibrage" de la relation avec ce partenaire stratégique du Golfe, pour tourner la page de la grande proximité de la présidence de Donald Trump sans aller jusqu'à la rupture. L'entourage de Joe Biden expliquait que le président ne parlerait qu'au roi Salmane et non pas au prince, dirigeant de facto du pays et interlocuteur privilégié de son prédécesseur républicain.

Les États-Unis ont aussi affiché leur intention de remettre les droits humains au cœur de leur dialogue avec les dirigeants saoudiens, et multiplié les efforts pour mettre fin à la guerre au Yémen, où Riyad soutient militairement le gouvernement face aux rebelles houthis. La décision du déplacement en Arabie saoudite, si elle est confirmée, intervient d'ailleurs au moment où la communauté internationale a arraché le renouvellement de deux mois d'une fragile trêve au Yémen. Joe Biden a salué jeudi le "leadership courageux" des dirigeants saoudiens à cet égard.

Elle intervient aussi alors que l'Opep+, cartel des pays exportateurs de pétrole mené par Riyad, a décidé jeudi de doper sa production après des mois d'attentisme malgré l'envolée des prix, répondant ainsi aux appels des Occidentaux.

"Sanglante poignée de main"

Jeudi, le responsable américain sous couvert d'anonymat a minimisé l'enjeu des droits humains, affirmant que l'administration Biden s'inquiète de la question en Arabie "comme avec de nombreux pays avec qui nous partageons des intérêts". "Il y a aussi des priorités stratégiques auxquelles il est important de répondre, et nos contacts et notre travail diplomatique se sont récemment intensifiés", a-t-il ajouté.

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Mais le face-à-face avec "MBS" risque de faire grincer des dents au Congrès américain, jusque dans les rangs démocrates du président où la personnalité sulfureuse du prince héritier est très critiquée. Des opposants au régime saoudien ont aussi émis des critiques: "MBS a du sang sur les mains. Si Biden lui donne la rencontre dont il a désespérément besoin, cette sanglante poignée de main enverra un message clair aux tyrans du monde entier: vous pouvez compter sur l'Amérique pour toujours trahir ses valeurs", a fustigé Abdullah Alaoudh, le fils du théologien réformateur emprisonné Salman al-Odah.

Lors d'une rare interview avec un média étranger publiée en mars par la revue The Atlantic, Mohammad ben Salmane avait laissé entendre qu'une dégradation des relations avec l'Arabie risquait de nuire à Joe Biden. "C'est à lui de penser aux intérêts de l'Amérique", avait-il dit. Prié de dire si le président américain de 79 ans avait mal cerné sa personnalité, le jeune dirigeant saoudien avait lâché: "Cela m'est tout simplement égal".

Joe Biden a finalement décidé de se rendre fin juin en Arabie saoudite afin de rencontrer le prince héritier Mohammad ben Salmane, a rapporté la presse américaine jeudi, un revirement majeur pour le président qui avait pourtant promis de traiter le royaume en "paria".Les spéculations sur un tel déplacement en juin allaient bon train, mais selon le New York Times, il est désormais acté :...
commentaires (3)

Alors en anglais on dirait de Biden "he is eating humble Pie". MBS n'a desesperement besoin de rien du tout, c'est bien lui qui a repondu a l'ucase de Biden "I don't really care". l'Arabie connait une croissance phenomenale et restreint doucement l'acces de ses marchés aux americains. "Pariah" dites -vous ? c'est bien vous au sein de votre parti qui le deviendrez. On attend avec delice la reaction du squad.

Lebinlon

17 h 26, le 03 juin 2022

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Commentaires (3)

  • Alors en anglais on dirait de Biden "he is eating humble Pie". MBS n'a desesperement besoin de rien du tout, c'est bien lui qui a repondu a l'ucase de Biden "I don't really care". l'Arabie connait une croissance phenomenale et restreint doucement l'acces de ses marchés aux americains. "Pariah" dites -vous ? c'est bien vous au sein de votre parti qui le deviendrez. On attend avec delice la reaction du squad.

    Lebinlon

    17 h 26, le 03 juin 2022

  • Bravo à l’Arabie saoudite qui a su se faire entendre et si défendre ses intérêts MBS a fait plier les USA …. Même les moumana3istes leur rêve n’ont pas pu faire plier les USA !!

    Bery tus

    16 h 44, le 03 juin 2022

  • TRAITER LE ROYAUME EN PARIA ET TRAINER MBS A LA JUSTICE POUR LE CRIME DE KASHOKGI. QUE VOIT-ON ? SLEEPING JOE VEUT SE REVEILLER !

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 44, le 03 juin 2022

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