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Dernières Infos - Crise au Liban

Hausse des prix du pain, le grand paquet à 16.000 LL

Hausse des prix du pain, le grand paquet à 16.000 LL

Un artisan dans une boulangerie de Beyrouth, le 26 février 2021. Photo d'archives JOSEPH EID/AFP

Quatre jours après la tenue des élections législatives, le prix du pain a connu une nouvelle hausse jeudi, dans un Liban plongé dans une crise économique sans précédent.

Selon les nouveaux tarifs publiés par le ministère de l'Economie, le grand paquet de pain blanc de 1.095 grammes se vend désormais à 16.000 livres libanaises (lors de la dernière hausse des tarifs, fin mars, ce paquet avait été calibré à 1.085 g. pour un prix de 14.000 LL), et le paquet moyen à 13.000 LL pour un poids de 855 grammes (contre 815 grammes à 11.000 LL). Enfin, le petit paquet de 388 grammes atteint un prix de 8.000 LL (contre 385 grammes à 7.000 LL).

Cette augmentation des prix est liée, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle) à celle des prix des carburants, qui influence directement le coût de production de la farine, du pain et du transport, un facteur qui s'ajoute à la hausse du prix du blé sur les marchés mondiaux du fait de la crise ukrainienne. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier, le Liban est sévèrement impacté puisqu'il importait jusque-là son blé majoritairement de ces deux pays.

Cette hausse a été annoncée alors qu'au lendemain du scrutin, le président de l’Union des boulangeries Ali Ibrahim avait assuré qu’il ne restait plus que "trois jours de stocks de farine". Le ministre de l’Économie et du Commerce Amine Salam avait pour sa part garanti mercredi que les subventions sur le pain ne seraient pas levées, alors que ce mécanisme permet jusqu'à présent de stabiliser le prix de la farine en permettant aux importateurs de se fournir en devises auprès de la Banque du Liban à un taux bien inférieur à celui du marché parallèle, qui a dépassé les 30.000 LL pour un dollar.

Les carburants, sur lesquels les subventions sont levées depuis l'été, ont connu deux fortes hausses en 48h, mercredi et jeudi, tandis que des files d'attente se forment dans les stations-service à travers tout le Liban depuis le début de la semaine. Des queues se forment aussi devant certaines boulangeries, et certains commerçants vendent le paquet de pain à 30.000 LL sur le marché parallèle, comme dans la région de Nabatiyé au Liban-Sud, rapporte l'Ani.

Farine "extra"
Dans l'après-midi, le ministère de l'Économie a annoncé la mise en place de deux décisions pour répondre à la pénurie et assurer la continuité de l'application des subventions.

La première limite la production de farine à celle nécessaire à la fabrication du pain arabe. Cette décision exclut donc la farine "extra", nécessaire à la production de produits dérivés comme les pâtisseries ou les galettes. Plus tôt dans la journée, Ali Rammal, un représentant des minoteries du Liban-Sud, avait déjà annoncé qu'il n'y aurait à partir de vendredi plus de livraison aux boulangeries de cette farine "extra". "Cette décision préfigure une suppression des subventions", a-t-il mis en garde, sans préciser sur quel type de produit ce mécanisme serait annulé. "Les petites boulangeries, celles qui préparent du pain markouk (plus fin que le pain arabe) et les usines de biscuits et de pâtisseries arrêteront de réceptionner de la farine extra", a-t-il ajouté. Exhortant le président du Parlement Nabih Berry et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah à "annuler cette décision", il a évoqué les effets "génocidaires" qu'elle risque d'avoir sur "des milliers de familles".

La seconde décision vise à interdire aux minoteries et boulangeries de vendre ou de livrer du pain à toute association ou institution locale ou étrangère, quelles qu'elles soient. Le pain ne pourrait leur être vendu "qu'après présentation d'un dossier au ministère de l'Économie, qui devra être étudié et éventuellement approuvé", précise le ministère dans un communiqué. Cette dernière décision exclut l'armée et les Forces de sécurité intérieure.


Quatre jours après la tenue des élections législatives, le prix du pain a connu une nouvelle hausse jeudi, dans un Liban plongé dans une crise économique sans précédent. Selon les nouveaux tarifs publiés par le ministère de l'Economie, le grand paquet de pain blanc de 1.095 grammes se vend désormais à 16.000 livres libanaises (lors de la dernière hausse des tarifs, fin mars, ce...