Des manifestants soutiennent Ahmedreza Djalali, un universitaire irano-suédois condamné à mort en Iran, le 14 mai 2022. Photo Anders WIKLUND / TT NEWS AGENCY / AFP
Plusieurs familles de détenus européens en Iran ont appelé jeudi l'Europe à faire "front commun" et "conditionner la poursuite des négociations avec Téhéran à la libération immédiate" de tous les ressortissants arrêtés ou condamnés en Iran.
"Jusqu'à présent, la diplomatie s'est avérée impuissante à faire libérer les ressortissants européens pris en otages", déplore un communiqué signé "familles, amis et soutiens des otages européens détenus en Iran" pour des raisons de sécurité. "Nous demandons solennellement à l'ensemble des gouvernements européens de constituer un front commun et de conditionner la poursuite des négociations avec la République islamique à la libération immédiate" des prisonniers, demande le texte transmis à l'AFP.
"Le maintien de relations avec un État qui bafoue systématiquement les règles de la diplomatie et s'affranchit du respect de tout principe n'est plus tolérable pour nos opinions publiques", ajoute-t-il, jugeant "déraisonnable et indigne de continuer à alimenter la machine à prise d'otages". Interrogée par l'AFP pour savoir si les familles réclamaient la rupture des relations diplomatiques avec l'Iran, Béatrice Hibou, membre du comité de soutien à la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah détenue depuis juin 2019, a expliqué: "Notre seul propos est de réveiller les diplomaties européennes qui s'accoutument progressivement à l'inacceptable, et de rappeler que dans deux jours un otage européen est susceptible d'être exécuté".
L'Iran est accusé de détenir des étrangers, majoritairement binationaux, pour tenter par ce biais d'arracher des concessions de l'Occident sur des dossiers sensibles en cours comme celui du nucléaire, ou obtenir la libération de prisonniers iraniens. Leur nombre exact n'est pas connu mais cela concerne au moins une dizaine de personnes. Un universitaire irano-suédois, Ahmedreza Djalali, condamné à mort pour espionnage, risque d'être exécuté le 21 mai.
La semaine dernière, deux Français ont été arrêtés en Iran. Téhéran affirme pour sa part que ces prisonniers sont détenus selon une procédure judiciaire indépendante, sans intervention gouvernementale.


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