Le ministre libanais des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib (g) et son collègue des Affaires sociales Hector Hajjar au palais présidentiel de Baabda, le 5 mai 2022. Photo Dalati et Nohra
Le Liban a une énième fois réclamé le départ des plus d'un million de réfugiés syriens présents sur son territoire depuis 2011 et a dit ne pas vouloir que la communauté internationale aide ces réfugiés sur son territoire, ni même qu'elle offre une aide en la matière au Liban.
Ces propos tenus par le chef de la diplomatie libanaise, Abdallah Bou Habib, devant le président de la République, Michel Aoun, interviennent alors que la conférence de Bruxelles VI sur la Syrie, consacrée à une collecte de fonds pour l'aide internationale aux pays accueillant des réfugiés, se tient les 9 et 10 mai.
"Le Liban n'est plus en capacité de supporter les déplacés syriens sur son territoire, car leur nombre écrasant dépasse nos capacités. Le Liban ne veut pas qu'ils soient aidés (par la communauté internationale) sur son territoire, ni qu'il soit aidé lui-même, a affirmé le ministre des Affaires étrangères jeudi matin. "Nous savons nous occuper de nous-mêmes, tant que les déplacés reviennent dans leur pays", a-t-il poursuivi. Étaient également présents au palais présidentiel des représentants du Premier ministre Nagib Mikati ainsi que le ministre des Affaires sociales, Hector Hajjar.
Le locataire du palais Bustros a annoncé que la position que tiendra le Liban lors de la conférence de Bruxelles VI rejoindra les directives du président Aoun, qui alerte régulièrement la communauté internationale sur la question des réfugiés syriens. La réunion doit porter sur l'aide à fournir au Liban, à la Turquie et à la Jordanie, trois pays qui accueillent plusieurs millions de réfugiés qui ont principalement fui le régime du président syrien, Bachar el-Assad.
"Nous devons prendre en considération nos intérêts sans que les déplacés ne nous les imposent", a également estimé Abdallah Bou Habib. "Nous sommes arrivés à une phase où nous n'acceptons plus que quiconque nous impose quoi que ce soit", a-t-il insisté, indiquant que les réfugiés syriens ont la possibilité de travailler et de faire des allers-retours entre leur pays d'origine et le Liban.


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