Le comité d’urgence de l’union des professions libérales, mis en place pour suivre, pour le compte de plusieurs professions libérales, le dossier des droits des déposants retreints illégalement par les banques depuis le début de la crise, a pris acte dans un communiqué hier de l’annonce d’un accord préliminaire entre le Fonds monétaire international et le Liban.
Formé des présidents des ordres des avocats (Nader Gaspard), des ingénieurs (Aref Yassine) et des médecins (Charaf Abou Charaf), le comité a appelé les autorités « politiques et monétaires » à commencer « immédiatement » à mettre en œuvre les chantiers prévus par l’accord. L’adoption du budget d’une loi organisant la restructuration du secteur bancaire ou encore l’adoption d’un taux de change unifié font partie de ces prérequis qui rendront possible la conclusion d’un accord définitif sur un programme d’assistance financière garanti par le FMI et sur lequel le Liban pourra s’appuyer pour sortir de la crise qu’il traverse depuis deux ans et demi.
Le comité a de plus rejeté le dernier projet de loi instaurant un contrôle des capitaux, qui pose plusieurs problèmes. Ce texte prévoit notamment la création d’une commission sans statut légal avec des prérogatives trop larges et discrétionnaires, selon l’avocat et fiscaliste Karim Daher, qui a développé ces points dans nos colonnes le 30 mars dernier. Le texte a été élaboré par l’équipe du vice-Premier ministre Saadé Chami, chargé de négocier avec le FMI, et qui inclut notamment le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, dont le degré responsabilité dans la crise que traverse le pays anime régulièrement le débat public et qui est sous le coup d’enquêtes au Liban comme à l’étranger concernant son patrimoine. Le projet de loi a, lui, été envoyé une première fois vers les commissions parlementaires qui l’ont rejeté. Il est ensuite passé par le gouvernement qui l’a approuvé avec quelques modifications par rapport à sa version précédente, avant d’être renvoyé à la présidence du Parlement, qui l’a elle-même redirigé une nouvelle fois vers les commissions parlementaires.
Parmi les autres points soulevés, le comité a assuré qu’elle poursuivait sa mission de défense des droits des déposants, pour laquelle elle a déjà engagé certaines initiatives ciblant notamment le gouverneur, et a insisté pour participer aux travaux d’élaboration des lois et des réformes demandées par le FMI.

