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Économie - Carburant

Au Liban, les stations-service ferment leurs portes jusqu’à nouvel ordre

Au Liban, les stations-service ferment leurs portes jusqu’à nouvel ordre

Une station-service fermée au Liban. Photo João Sousa.

Un vent de panique a soufflé mercredi après l’annonce du porte-parole des propriétaires de stations-service Georges Brax de la fermeture des stations, alors qu’une partie d’entre elles n’ont pas ouvert depuis le début de la semaine. Les distributeurs, a-t-il expliqué à L’Orient-Le Jour exigent d’être payés en dollars frais (en opposition aux « lollars », ou dollars bloqués dans les banques depuis la fin de l’été 2019). Or, toujours selon le porte-parole, les stations d’essence n’ont pas accès aux dollars fournis par la Banque du Liban (BDL) à travers la plateforme Sayrafa, et subissent donc une perte de « 35 000 livres » par bidon d’essence de 20 litres, s’ils le vendent en livres libanaises selon la tarification du ministère de l’Énergie et de l’Eau après l’avoir acheté en dollars.

Changement de la politique de subvention ?

Un autre collectif rassemblant aussi des propriétaires de stations-service a expliqué dans un long communiqué publié mercredi que lors du paiement du carburant aux distributeurs, certaines banques bloquent un montant de l’ordre de « 10 % » de la facture, ou encore prélèvent des commissions à hauteur de « 3 % » de la facture. Des coûts « que les stations-service ne peuvent supporter ». Le représentant des distributeurs de carburant, Fadi Abou Chacra, a également pointé du doigt les frais bancaires, expliquant à la presse que « la BDL a cessé d’assurer les 85 % du coût de l’essence selon le taux de Sayrafa, obligeant les importateurs à recourir aux banques et à acheter eux-mêmes des dollars depuis la plateforme ». Ces achats de dollars ne sont pas « garantis et impliquent des commissions supplémentaires », a-t-il précisé, ajoutant qu’en conséquence, certains importateurs ont donc exigé le paiement du carburant en dollars frais. Fadi Abou Chacra n’a pas répondu aux sollicitations de l’OLJ mais a assuré à certains médias qu’il « n’y a pas de crise de carburant » en vue. MM. Brax, Abou Chacra ainsi que le collectif ont tous exhorté le Premier ministre Nagib Mikati et le ministre de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad à trouver une solution.

Contacté, un porte-parole de la BDL n’a pas pu préciser si elle avait à nouveau modifié le mécanisme d’octroi de devises, mis en place depuis octobre 2019 afin de mitiger les effets de la hausse des prix en livres en raison de la baisse de plus de 90 % de la valeur de monnaie nationale depuis le début de la crise économique et financière.

Mercredi après-midi, le ministre de l’Énergie a déclaré, en Conseil des ministres, que la BDL a imposé de nouvelles restrictions sur les transferts en dollars à l’étranger, ce « qui va causer des files d’attente devant les stations-service ». En début de soirée, l’exécutif a demandé au ministre des Finances qu’il « coopère » avec la BDL pour qu'elle continue à assurer «aux stations-service »des dollars supplémentaires au taux de Sayrafa « durant deux mois supplémentaires », soit jusqu’à la mi-mai.

Ces nouveaux développements réveillent en tout cas les mauvais souvenirs de l’été 2021, quand le rationnement en carburant, suite à l’annonce de la levée des subventions sur le carburant, avait provoqué, pendant des semaines, d’interminables files d’attentes devant les stations-service.

Mercredi matin, les prix des carburants ont enregistré une nouvelle hausse, pour le deuxième jour consécutif. Selon les nouveaux tarifs publiés par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, basés sur le taux dollar/livre du marché parallèle et sur les cours mondiaux du pétrole, les 20 litres d’essence à 95 et 98 octane connaissent tous deux une hausse de 3 000 livres, atteignant respectivement 434 000 livres et 444 000 livres mercredi. Le prix de la bonbonne de gaz domestique connaît une hausse similaire et atteint 300 000 livres. Enfin, les 20 litres de diesel pour les véhicules se vendent à 480 000 livres, après un bond de 25 000 livres par rapport à la précédente tarification. 


Un vent de panique a soufflé mercredi après l’annonce du porte-parole des propriétaires de stations-service Georges Brax de la fermeture des stations, alors qu’une partie d’entre elles n’ont pas ouvert depuis le début de la semaine. Les distributeurs, a-t-il expliqué à L’Orient-Le Jour exigent d’être payés en dollars frais (en opposition aux « lollars », ou dollars bloqués...

commentaires (4)

Hassanou VA appeler Notre Amie L'iran Et nous amener a Tous 3000 litres d' esssence... Hein Hassanou ???

Emile G

22 h 12, le 23 mars 2022

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Commentaires (4)

  • Hassanou VA appeler Notre Amie L'iran Et nous amener a Tous 3000 litres d' esssence... Hein Hassanou ???

    Emile G

    22 h 12, le 23 mars 2022

  • Et pourquoi on en achèterait pas en syrie "soeur", où l'essence est moins chère... Pourquoi la contrebande fonctionnerait elle dans un seul sens.

    C…

    20 h 38, le 23 mars 2022

  • Les attaques contre le gouverneur et les autres responsables à la BDL, et ces turbulences judiciaires avec les banques, vont certainement aggraver un peu plus la situation de crise. Était-ce le moment propice pour déclarer ces guerres insensées ?

    Esber

    18 h 50, le 23 mars 2022

  • T'inquiètes, on va avoir du mazot divin à la place.

    Je partage mon avis

    18 h 09, le 23 mars 2022

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