Zeina el-Saadi (à gauche) et Nayla Lahoud, cofondatrices de la plateforme Nadara. Photo DR
S’installer et s’accaparer une part du marché des ventes en ligne de produits de mode et de beauté dans les pays du Golfe, estimé à 5 milliards de dollars en 2020 par le cabinet de conseil Kearney. Tel est le défi que veut relever la start-up Nadara (fraîcheur), une plateforme numérique dédiée intégralement au conseil et à la vente de produits de soins de la peau. Un marché pour lequel le cabinet prévoit une croissance annuelle de 18 %.
Cofondée par les deux Libanaises, Nayla Lahoud et Zeina el-Saadi, Nadara se retrouve aujourd’hui en position de pionnière sur ce segment dans les pays arabes, avec un potentiel inexploité « énorme », selon la première. Un potentiel qui augmente encore plus depuis l’accélération de l’adoption du commerce en ligne dans la région, provoquée par la pandémie de coronavirus et qui devrait croître de 18 % annuellement dans les pays du Golfe, jusqu’en 2025, selon les estimations du cabinet Kearney.
Pour se faire une place, la start-up propose une approche personnalisée à travers laquelle ses utilisateurs bénéficieront d’une mise en relation directe, via téléphone, e-mail, chat direct ou appel vidéo, avec des spécialistes de la peau, qui analyseront les données des tests effectués gratuitement sur leur site et leur recommanderont des traitements adaptés en fonction de ces résultats. Par la suite, ces personnes seront redirigées vers la plateforme de Nadara afin d’y passer directement leur commande et se faire livrer ces produits chez eux. Aujourd’hui ce sont 13 marques de produits qui sont disponibles sur cette plateforme, alors que Nadara compte en rajouter deux ou trois nouvelles à chaque trimestre.
« À travers notre plateforme, nous voulons démocratiser et faciliter l’accès aux soins de la peau, toujours pas très adoptés dans les pays de la zone MENA », précise Nayla Lahoud. Un de ses piliers : leurs professionnel(le)s de la peau bien formés, avec qui les utilisateurs de la plateforme interagissent en temps réel. « Pour l’instant, Nadara en compte trois, mais cet effectif pourrait vite augmenter en fonction du nombre d’utilisateurs », poursuit la cofondatrice pour qui « la satisfaction, l’éducation et le suivi avec nos utilisateurs sont primordiaux ».
L’exemple suédois
L’idée a commencé à germer deux ans plus tôt, lorsque Nayla Lahoud et son mari ont fait la rencontre d’un couple suédois, lui-même fondateur d’une plateforme de ce genre en Europe. Après avoir exploré le potentiel et la faisabilité d’un tel projet dans la région arabe, ils décident tous ensemble de se lancer dans l’aventure. C’est aussi durant cette période que Nayla Lahoud fera la connaissance de Zeina el-Saadi. La première est issue du monde de la communication, du marketing et des plateformes de commerce en ligne, la seconde du monde des opérations logistiques. Des fonctions qu’elles continueront respectivement de remplir dans leur start-up.
Officiellement disponible au grand public depuis début mars, Nadara n’est opérationnelle aujourd’hui qu’aux Émirats arabes unis, où elle est basée, et en Arabie saoudite, où elle compte installer prochainement son deuxième bureau. Le choix de s’implanter à Dubaï et d’opérer en première étape sur ces deux marchés n’est pas anodin. Premièrement parce que c’est dans cet émirat que Nayla Lahoud déménage en 2020 suite à la double explosion du 4 août survenue au port de Beyrouth et, deuxièmement, parce que ces deux pays représentent les plus grands marchés des pays du Golfe en termes de commerce en ligne, s’accaparant, à eux deux, plus de 76 % de l’ensemble des ventes réalisées dans la région en 2020, toujours selon le cabinet Kearney.
Si la société a préféré ne pas communiquer sur le montant des investissements mis en place, elle précise toutefois que cela a été fait à partir des fonds propres des cofondateurs et selon un plan d’expansion pour les cinq années à venir. Plus concrètement, Nadara compte « élargir ses activités en direction de l’Égypte et d’autres pays du Golfe, à commencer par le Koweït et le Qatar », précise Nayla Lahoud, dont la start-up vise in fine à pouvoir desservir toute la région MENA.
Nadara est disponible sur le site : http://www.nadara.ae


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