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Le gouvernement évoque une autonomie de la Corse, polémique en pleine présidentielle


Le gouvernement évoque une autonomie de la Corse, polémique en pleine présidentielle

Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, après la réunion hebdomadaire du gouvernement au Palais présidentiel de l'Elysée, à Paris, le 16 mars 2022. Photo Ludovic MARIN / AFP

Le gouvernement français s'est dit "prêt à aller jusqu'à l'autonomie" de la Corse, pour tenter de calmer les tensions sur l'île méditerranéenne, provoquant une polémique en pleine campagne pour l'élection présidentielle.

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin doit se rendre sur place mercredi et jeudi avec l'objectif de ramener le calme après les violences ayant suivi l'agression en prison du militant indépendantiste Yvan Colonna, qui se trouve toujours dans un état "gravissime", selon son avocat. "Nous sommes prêts à aller jusqu'à l'autonomie. Voilà, le mot est dit", a annoncé M. Darmanin dans un entretien au quotidien Corse-Matin.

Sous quelle forme? "Il faut que nous en discutions (...) Voir quel calendrier on peut mettre en place", a-t-il ensuite dit sur BFMTV/RMC. "Les discussions seront forcément longues, forcément difficiles", a-t-il ajouté, en soulignant que "l'avenir (des Corses) est pleinement dans la République française".

M. Darmanin s'entretiendra dans l'après-midi avec les élus de l'île, dont le président autonomiste du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni. Ce n'est "pas encore une victoire ni pour moi ni pour le peuple corse", a réagi M. Simeoni sur franceinfo.

Mais il a estimé "important" que "le ministre de l'Intérieur, au nom du Premier ministre, et probablement du président de la République, dise aujourd'hui publiquement que le gouvernement et l'État sont prêts à rentrer dans une discussion historique".

A moins d'un mois du premier tour de la présidentielle, cette annonce a suscité de vives réactions.

La candidate de droite à l'élection Valérie Pécresse a accusé le président Emmanuel Macron de "céder à la violence", alors que du côté de l'extrême droite Marine Le Pen a dénoncé un message "catastrophique" et martelé que "la Corse doit rester française".

Le candidat écologiste Yannick Jadot s'est en revanche prononcé pour "une autonomie de plein droit" de l'île.

Manifestations violentes 

L'agression d'Yvan Colonna le 2 mars à la prison d'Arles (sud-est de la France), où il purgeait une peine de prison à perpétuité pour sa participation à l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998 à Ajaccio, a fait ressurgir les tensions entre l'Etat et les nationalistes, frustrés que leurs victoires dans les urnes n'aient pas fait aboutir leurs revendications.

Des manifestations violentes ont eu lieu, notamment une dimanche à Bastia qui a fait 102 blessés dont 77 parmi les forces de l'ordre, selon le parquet. M. Darmanin a dit qu'il ne pouvait "y avoir de dialogue dans la violence. Le retour au calme est une condition sine qua non". Il a qualifié l'agression d'Yvan Colonna d'"acte manifestement terroriste" - l'agresseur, un jihadiste condamné, ayant justifié son geste par un "blasphème" de la victime.

S'il a trouvé "excessifs, pour ne pas dire insupportables, les mots de crime d'Etat" dénoncés par certains en Corse, il a concédé que "bien évidemment il y (avait) une part de responsabilité de l'Etat quand il y (avait) une tentative d'homicide sur un prisonnier".

Les autorités s'attendent à de nouvelles manifestations à la faveur de la visite du ministre.

Le premier signe d'apaisement envoyé la semaine dernière par le Premier ministre Jean Castex, avec la levée du statut de "détenu particulièrement signalé" d'Yvan Colonna et des deux autres membres du "commando Erignac", Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, n'a pas eu les effets escomptés. Leur rapprochement dans une prison de Corse est désormais attendu par les nationalistes.

Si elle voit dans le déplacement du ministre "un bon début", la présidente nationaliste de l'assemblée de Corse Marie-Antoinette Maupertuis attend "des signes forts avant d'y croire".

Reportée une première fois à l'été 2018, la réforme des institutions, qui devait entériner le statut particulier de la collectivité de Corse créée en 2015, avait de nouveau été présentée par le gouvernement un an plus tard sous une nouvelle mouture mais sans jamais être examinée depuis.

Le gouvernement français s'est dit "prêt à aller jusqu'à l'autonomie" de la Corse, pour tenter de calmer les tensions sur l'île méditerranéenne, provoquant une polémique en pleine campagne pour l'élection présidentielle.Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin doit se rendre sur place mercredi et jeudi avec l'objectif de ramener le calme après les violences ayant suivi l'agression en prison du militant indépendantiste Yvan Colonna, qui se trouve toujours dans un état "gravissime", selon son avocat. "Nous sommes prêts à aller jusqu'à l'autonomie. Voilà, le mot est dit", a annoncé M. Darmanin dans un entretien au quotidien Corse-Matin.Sous quelle forme? "Il faut que nous en discutions (...) Voir quel calendrier on peut mettre en place", a-t-il ensuite dit sur BFMTV/RMC. "Les discussions seront forcément...