Le gouvernement de Nagib Mikati réuni en Conseil des ministres au Grand Sérail, le 23 février 2022. Photo d'archives Dalati et Nohra
Le Conseil des ministres, présidé par Nagib Mikati, a entamé mercredi une réunion au Grand sérail à 16h afin de plancher sur un ordre du jour de 35 points, parmi lesquels figure le dossier de l'électricité après que le Conseil a donné son "accord de principe" à un plan de réforme du secteur, alors que le pays en crise demeure quotidiennement plongé dans le noir pendant de longues heures. Le gouvernement doit également étudier plusieurs points financiers, diplomatiques et éducatifs.
Le plan de réforme du secteur de l'électricité a été préparé par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad – proche du chef de l’État Michel Aoun – qui en a présenté l'une des dernières versions dans nos colonnes le mois dernier. Ce plan s’articule autour de trois axes, dont un à court terme incluant des mesures d’urgences (accord avec l’Irak pour l’importation de fuel), et d’autres qui nécessitent encore un accord sur le financement (les deux volets de l’initiative américaine dévoilée en août 2021 pour importer du courant jordanien et du gaz égyptien). Le ministre a insisté sur le fait que si les volets à moyen et long terme pouvaient être amendés plus tard en fonction des nouvelles données dont le pays disposerait, celui à court terme devait être appliqué quasiment tel quel.
Le Conseil des ministres avait donné, lors de la séance du 25 février, son "accord de principe" au plan de réforme de l'électricité et s'était "engagé à organiser ce secteur dans l'immédiat, en mettant notamment en place une autorité de régulation et en nommant ses membres suivant des normes internationales, mais aussi en formant une commission ministérielle chargée de réviser la loi sur l'électricité. Le ministre de l'Information p.i ce jour-là, Abbas Halabi, avait également indiqué que "les tarifs de l'électricité seront relevés une fois que les heures d'approvisionnement en courant atteindront 8 ou 10 heures par jour", tout en "prenant en considération les personnes à revenu limité qui ne consomment pas plus de 500 kWh par mois". Il avait enfin souligné que le gouvernement "s'engage à modifier progressivement les tarifs de l'électricité parallèlement à l'amélioration de l'approvisionnement en courant", au vu de la flambée des prix des carburants, alors que plus des trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté.
Le plan du ministre Fayad ne fait pas l'unanimité dans le gouvernement et est contesté par des employés d'Electricité du Liban (EDL). La réforme de ce secteur figure en tête des exigences du Fonds monétaire international (FMI) et des pays donateurs.
Mardi, l'ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, avait salué les "progrès continus" au niveau des accords énergétiques permettant d’importer de l’électricité produite en Jordanie et du gaz d’Égypte, via la Syrie, à travers une initiative américaine, lors d'un entretien avec M. Fayad. Les projets d'accords énergétiques permettant d’importer de l’électricité produite en Jordanie et du gaz d’Égypte, via un circuit intégrant la Syrie, ont été adoptés fin février par le Conseil des ministres. Mais à ce jour, la question du financement de ces accords n'a toujours pas été réglée.


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