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Politique - Conflit en Ukraine

Beyrouth maintient sa position condamnant l'invasion russe

"Le Liban reste sur sa position annoncée le jeudi 24 février", affirme le ministre Bou Habib après une réunion à Baabda.


Beyrouth maintient sa position condamnant l'invasion russe

Le président libanais Michel Aoun a reçu le Premier ministre Nagib Mikati et le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib pour "étudier la position du Liban" face à la guerre en Ukraine, le 3 mars 2022. Photo Dalati et Nohra

Le Liban a décidé mercredi de rester sur la même position prise la semaine dernière et de condamner l'opération militaire russe en Ukraine, alors que cette condamnation a été critiquée par la Russie ainsi qu'au niveau local. 

Jeudi dernier, le ministère libanais des Affaires étrangères avait "condamné l'invasion des terres ukrainiennes et appelé la Russie à arrêter ses opérations militaires sur-le-champ, à retirer ses forces et à recourir au dialogue et aux négociations en tant que moyen idéal pour résoudre le conflit en cours, de sorte à préserver la souveraineté, la sécurité et les inquiétudes des deux parties, et à épargner aux populations des deux pays et de l'Europe les tragédies des guerres". Ce communiqué avait entraîné des désaccords au sein même du gouvernement. Le chef de l’État Michel Aoun s'en était démarqué et s'était contenté d'appeler à "résoudre les conflits à travers le dialogue". L’ambassadeur de Russie au Liban avait critiqué il y a quelques jours la position de Beyrouth, affirmant qu'elle "ne prenait pas en compte les relations amicales qui lient le Liban et la Russie". Il avait cependant précisé qu'elle "n'influera pas beaucoup sur les relations bilatérales entre les deux pays".

Mercredi, le président libanais a reçu le Premier ministre Nagib Mikati et le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib pour "étudier la position du Liban après les développements militaires entre la Russie et l'Ukraine", rapporte un communiqué du palais de Baabda. Le texte ajoute que cette réunion intervient au moment où l'Assemblée générale de l'ONU est appelée à voter mercredi sur un projet de résolution destiné à condamner la Russie pour l'invasion de l'Ukraine et lui demander un retrait "immédiat" de ses troupes. En effet, quelques heures plus tard, l'Assemblée générale a adopté une résolution qui "exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine", lors d'un vote approuvé massivement par 141 pays, 5 s'y opposant, et 35 s'abstenant dont la Chine, sur les 193 membres que compte l'Organisation.

A l'issue de la réunion à Baabda, le chef de la diplomatie libanaise a lu un communiqué dans lequel il affirme que le "Liban appelle l'Assemblée générale de l'ONU à accroître les possibilités de négociation entre les parties russe et ukrainienne pour parvenir à une solution pacifique au conflit qui les oppose, et rétablisse la sécurité et la stabilité". "Le Liban reste sur sa position annoncée le jeudi 24 février", ajoute-t-il. M. Bou Habib rappelle que cette décision a été prise conformément aux dispositions de la Charte de l'ONU "puisque le Liban a souffert d'agressions et d'invasions contre sa souveraineté, sa terre et son peuple, partant de sa conviction que les conflits militaires ne laissent que des tragédies, des dommages, des pertes, du sang et de la destruction, et sur la base de la ferme conviction que le dialogue reste la seule option disponible pour résoudre les différends entre les pays". 

Mardi, le ministre Abdallah Bou Habib avait reçu l'ambassadeur de Russie au Liban Alexander Rudakov qui avait qualifié la rencontre de "bonne et amicale". Dans un entretien publié le même jour par le quotidien al-Joumhouria, le chef de la diplomatie libanaise avait affirmé que la position exprimée par son ministère s'est faite en concertation avec le président de la République et le Premier ministre. Interrogé sur le principe de distanciation, le ministre avait affirmé que cette politique "est suivie exclusivement au niveau des conflits arabes et des axes régionaux, mais au niveau international, rien ne nous empêche d'avoir nos positions claires issues de nos constantes nationales et des lois internationales, notamment lorsqu'il s'agit de rejeter l'invasion d'un État par un autre, tout comme l'a fait le gouvernement de Salim Hoss en 1990 lorsqu'il a condamné l'invasion irakienne du Koweït".

Le Liban a décidé mercredi de rester sur la même position prise la semaine dernière et de condamner l'opération militaire russe en Ukraine, alors que cette condamnation a été critiquée par la Russie ainsi qu'au niveau local. Jeudi dernier, le ministère libanais des Affaires étrangères avait "condamné l'invasion des terres ukrainiennes et appelé la Russie à arrêter ses...
commentaires (3)

Enfin, le Liban a courageusement été à la hauteur de l'enjeu contre vents et marées de la part de ses détracteurs pro-Iraniens et également pro-Russes.

Tony BASSILA

21 h 58, le 03 mars 2022

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Commentaires (3)

  • Enfin, le Liban a courageusement été à la hauteur de l'enjeu contre vents et marées de la part de ses détracteurs pro-Iraniens et également pro-Russes.

    Tony BASSILA

    21 h 58, le 03 mars 2022

  • Pour une fois, le Liban officiel s'affirme et confirme sa position malgré les critiques du parti iranien et de son orchestre d'accompagnement.

    Esber

    20 h 17, le 02 mars 2022

  • Si seulement les libanais pouvaient se battre aussi magnifiquement que les ukrainiens contre les nombreux prédateurs obscurs environnants .

    Wow

    20 h 16, le 02 mars 2022

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