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Économie - Conjoncture

Bank of America ne mise pas sur un accord rapide Liban-FMI

L’établissement juge « optimiste » l’estimation de croissance de 3 % en 2022 du gouvernement de Nagib Mikati, présente dans le préambule de l’avant-projet de budget.

Bank of America ne mise pas sur un accord rapide Liban-FMI

Bank of America juge « optimiste » l’estimation de croissance de 3 % en 2022 du gouvernement de Nagib Mikati. Hector Retamal/ AFP

Ayant fuité dans la presse, les notes de recherche sur le Liban rédigées par de grandes banques internationales et réservées à leur clientèle permettent généralement d’avoir une idée du ressenti des investisseurs vis-à-vis des annonces faites par une classe dirigeante libanaise supposée sortir le pays de la crise.

Le moins que l’on puisse dire, à en juger de celle rédigée la semaine dernière par Bank of America – et dont L’Orient-Le Jour a pu consulter une copie –, c’est que le travail effectué jusqu’à présent par le gouvernement de Nagib Mikati en marge d’une première session de discussions officielles entre les négociateurs libanais et le Fonds monétaire international est loin de suffire à relancer la confiance dans les institutions du pays comme dans son secteur financier.

Un constat sèchement décomposé en deux temps. La banque considère d’abord que la paralysie institutionnelle provoquée par les différents épisodes de tensions internes et régionales a fait grimper le ratio dette/PIB à 217 %, pour une dette publique en devises souscrites via les eurobonds détenue désormais à deux tiers par des investisseurs étrangers, soit 21,4 milliards de dollars, contre 11,8 milliards à fin 2019. À titre de comparaison, contre 5 milliards par la Banque du Liban et 4,8 milliards par les banques du pays. Alors qu’à fin 2019, la banque centrale en détenait 5,7 milliards et les établissements bancaires libanais 13,8 milliards. Cette différence s’explique par des SWAP (échanges) qui ont eu lieu quelques semaines avant la date fatidique de mars 2020, les banques libanaises souhaitant se débarrasser de leurs eurobonds. En raison des arriérés de paiement (le Liban ayant fait défaut sur sa dette en devises en mars 2020) et de la dévaluation de la livre, la part de la dette en devises est passée de 63 % du PIB en 2019 à 170 % en 2021, pour atteindre 37,9 milliards.

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Bank of America ajoute que le scénario dans lequel le Liban réussirait à convaincre le FMI de lui accorder l’assistance financière qu’il sollicite depuis le printemps 2020 n’est pas « impensable », mais qu’il semble en même temps loin d’être garanti. Un sentiment renforcé par l’historique de la classe politique en matière de promesses de réformes non tenues et le risque d’un nouvel épisode de blocage institutionnel, dans la crainte que les législatives de mai prochain ne viennent à nouveau interrompre les discussions entre l’équipe de négociateurs libanais et les experts du FMI. Une lecture de la note entre les lignes permet enfin de retenir que le scepticisme de Bank of America ne vise pas uniquement les négociateurs et le gouvernement, mais plutôt l’ensemble de la classe dirigeante.

Le budget 2022

La note de recherche consacre une partie importante au contenu du projet de budget qu’elle juge peu convaincante. La banque qualifie ainsi d’« optimiste » l’estimation de croissance de 3 % en 2022 du gouvernement de Nagib Mikati, présente dans le préambule de l’avant-projet de budget, en raison de la baisse du pouvoir d’achat des résidents, dont 74 % vivent sous le seuil de pauvreté, selon l’Escwa. Pour la banque américaine, le PIB nominal s’est établi à 22,3 milliards de dollars en 2021 au taux de change « effectif » estimé à 9 000 livres pour un dollar (la banque n’a pas précisé son mode de calcul, un dollar s’échangeant contre près de 21 000 livres en fin de semaine dernière), en baisse par rapport aux 55,3 milliards de dollars américains en 2018 au taux de change officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, soit une contraction réelle (dont l’effet de l’inflation annuel de 154 % est retiré) de 36 %. Le PIB réel a reculé de 10,5 % en 2021, contre -21,4 % en 2020, selon la Banque mondiale.

Ce projet de budget 2022 devrait en principe être discuté et soumis au vote des députés lors de deux séances aujourd’hui et demain, selon les déclarations du président de la Chambre Nabih Berry. Toutefois, une source parlementaire contactée par L’Orient-Le Jour a indiqué que le projet de loi de finances 2022 ne sera pas étudié durant ces deux jours, le projet de loi n’ayant pas encore été approuvé par la commission des Finances et du Budget.

D’ailleurs, la banque pense que ce projet de loi nécessitera des « amendements si les discussions avec le FMI se poursuivent ». Le budget 2022 aurait besoin d’une politique budgétaire à moyen terme « crédible », poursuit Bank of America.

Une autre critique du budget par la banque sont les multiples taux de change utilisés, certains étant toujours au taux officiel de 1 507,5 livres, comme les salaires des fonctionnaires par exemple, alors que d’autres sont au taux de la plateforme Sayrafa de la BDL (20 300 livres vendredi), comme le taux du dollar douanier qui se réfère au taux de change utilisé pour calculer les droits de douane, augmentant alors les revenus de l’État.

Sur un autre plan, la banque indique que le projet de budget laisse entrevoir la façon dont le gouvernement pense restructurer le secteur financier, planifiant de relever la garantie de dépôts en livres de 75 millions à 600 millions, et celles de dépôts « frais », sur lesquels ne s’appliquent pas les restrictions bancaires mises en place par les banques depuis la fin de l’été 2019, à 50 000 dollars.

Ce n’est pas la première fois que Bank of America consacre un rapport au Liban. Elle avait prédit, en en se basant sur le même rythme de dévaluation pendant la guerre civile de 1975 à 1990, qu’un dollar s’échangerait à plus de 46 000 livres fin 2020, ce qui ne s’est pas produit.


Ayant fuité dans la presse, les notes de recherche sur le Liban rédigées par de grandes banques internationales et réservées à leur clientèle permettent généralement d’avoir une idée du ressenti des investisseurs vis-à-vis des annonces faites par une classe dirigeante libanaise supposée sortir le pays de la crise.Le moins que l’on puisse dire, à en juger de celle rédigée la...

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TANT QU,IL Y A LES DEUX MILICES CHIITES ARMEES DANS LE PAYS LE FMI ET LES INVESTISSEURS ET AIDES NE VERSERONT PAS UN FRANC A L,ETAT CAR IL N,Y A PAS D,ETAT. ECONOMIES, FINANCES ET REFORMES SANS SECURITE C,EST DE LA BLAGUE.

LA LIBRE EXPRESSION

13 h 17, le 21 février 2022

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  • TANT QU,IL Y A LES DEUX MILICES CHIITES ARMEES DANS LE PAYS LE FMI ET LES INVESTISSEURS ET AIDES NE VERSERONT PAS UN FRANC A L,ETAT CAR IL N,Y A PAS D,ETAT. ECONOMIES, FINANCES ET REFORMES SANS SECURITE C,EST DE LA BLAGUE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    13 h 17, le 21 février 2022

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