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Société - Explosions au port de Beyrouth

Des proches de victimes manifestent contre une démolition des silos

"Tout ce que les dirigeants cherchent à faire, c’est effacer la mémoire de cette catastrophe", déplore Paul Naggear qui a perdu sa fille dans la foulée du drame. 

Des proches de victimes manifestent contre une démolition des silos

Des familles de victimes de l'explosion du 4 août 2020 rassemblés devant le port de Beyrouth, le 20 février 2022, contre la destruction des silos à grains. Photo Matthieu Karam

Une centaine de proches des victimes de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth s'est rassemblée dimanche à 15h devant la statue de l’Émigré dans la capitale, brandissant des pancartes et des portraits de victimes en silence, afin de protester contre une démolition des silos ravagés par la déflagration, une décision envisagée par les autorités. 

"Ils ont vraiment du culot d’évoquer maintenant la question des silos. C’est maintenant qu’ils se réveillent et réalisent qu’il y a un danger ? Trois mois avant les élections ?", confie Paul Naggear à notre journaliste sur place Matthieu Karam. "Je suis ingénieur et je n’ai pas vu d’études affirmant clairement que ces silos représentent un danger. Tout ce que les dirigeants cherchent à faire, c’est effacer la mémoire de cette catastrophe", a-t-il déploré. "Sans ces silos, je ne serai pas là en train de vous parler. Ces silos ont sauvé des vies", a ajouté le jeune homme qui a perdu sa fille Alexandra dans la catastrophe.

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"Nous cherchons encore les lambeaux de nos proches tués dans l’explosion. Vous n’allez pas détruire les silos alors que nous cherchons encore les restes de nos martyrs. Ce qui se passe est inacceptable !", a pour sa part regretté William Noun, qui a perdu son frère Joe le 4 août 2020.

Car les proches des victimes craignent qu'une démolition de cette structure ne pave encore plus la voie vers la reconstruction du port, avant même que les coupables ne soient jugés. L'attribution du contrat de gestion du terminal de conteneurs du port de la capitale il y a quelques jours au transporteur et logisticien français CMA CGM, dirigé par le Franco-Libanais Rodolphe Saadé, a également fait grincer des dents parmi les manifestants.

"Tous les propos sur une démolition des silos visent à cacher la vérité. Nous refusons qu’une seule cheville soit démontée avant que l’on ne connaisse la vérité", lance un proche des victimes au micro. "Avez-vous demandé au juge d'instruction chargé de l'enquête Tarek Bitar si c’est légal de démolir ces silos ? Non", a-t-il renchéri. L'homme a par ailleurs accusé les responsables de continuer à faire obstruction à la justice. "Nous ne faisons pas confiance aux politiques", a scandé un autre manifestant. 

Des proches des victimes de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth bloquant la circulation au niveau de l'avenue Charles Hélou à Beyrouth, le 20 février 2022. Photo Matthieu Karam

Les contestataires ont brièvement bloqué l'avenue Charles Hélou dans les deux sens. Impatients, certains automobilistes ont actionné leur avertisseur, alors que d'autres attendaient en silence dans leurs voitures. Des militaires et des policiers étaient déployés sur les lieux.

Des proches des victimes avaient manifesté à plusieurs reprises au cours de la semaine dernière afin de réclamer la reprise de l'enquête qui continue de piétiner en raison d'ingérences politiques dans le dossier.

Mardi, la deuxième chambre civile de la Cour de cassation, présidée par Roula Masri, avait rejeté un recours présenté par les anciens ministres Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, visant à dessaisir le juge Bitar de l'affaire. Les deux hommes sont mis en cause dans l’affaire de la double explosion au port de Beyrouth.


Une centaine de proches des victimes de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth s'est rassemblée dimanche à 15h devant la statue de l’Émigré dans la capitale, brandissant des pancartes et des portraits de victimes en silence, afin de protester contre une démolition des silos ravagés par la déflagration, une décision envisagée par les autorités. "Ils ont vraiment du...

commentaires (3)

Le hezbollah ne veut pas de l’enquete et les “ responsables” sont honteusement sous sa botte et n’osent pas le contredire. Tous de honteux corrompus minables , sans aucune fierté

Goraieb Nada

07 h 02, le 21 février 2022

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Commentaires (3)

  • Le hezbollah ne veut pas de l’enquete et les “ responsables” sont honteusement sous sa botte et n’osent pas le contredire. Tous de honteux corrompus minables , sans aucune fierté

    Goraieb Nada

    07 h 02, le 21 février 2022

  • Il faut défendre ces silos tant que la vérité n'est pas avérée.

    PPZZ58

    19 h 02, le 20 février 2022

  • Tant que ce pouvoir politique est en place nous ne connaîtrons jamais la vérité sur ce crime contre l’humanité. Ce crime aurait dû être instruit et jugé par la cour pénale internationale mais de mémoire certain n’es personnes haut placées se sont opposées à une enquête internationale de crainte que la vérité ne soit diluée. Alors qu’actuellement l’enquête n’a pas avancé d’un iota. Une performance de plus du regime fort

    Liberté de penser et d’écrire

    18 h 17, le 20 février 2022

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