À 22 ans, hier aux Jeux de Pékin, le patineur américain Nathan Chen a ajouté à ses trois couronnes mondiales le titre olympique. Antonin Thuillier/AFP
Le patinage artistique a un nouveau roi : l’Américain Nathan Chen qui, à 22 ans, a ajouté à ses trois couronnes mondiales le titre olympique hier jeudi à Pékin, tandis qu’en coulisses de ces JO d’hiver 2022 pourrait se préparer une crise majeure avec une affaire de dopage concernant Kamila Valieva, la sensation russe du patinage artistique âgée de 15 ans. Ainsi, huit ans après le scandale des JO d’hiver 2014 de Sotchi, le dopage pourrait s’inviter à nouveau durant la quinzaine de Pékin, à en croire la presse russe (voir par ailleurs).
Déjà roi de l’olympiade, le voilà désormais maître de l’Olympe… Nathan Chen a mis fin au règne de son grand rival, le patineur japonais Yuzuru Hanyu, double champion olympique sortant qui espérait réaliser un rarissime triplé et qui termine au pied du podium, en 4e position. Le duel tant attendu entre Chen et Hanyu n’a pas vraiment eu lieu, le Japonais ayant compromis ses chances dès le programme court, terminé en 8e position mardi dernier. Pour l’Américain, l’or olympique vient couronner une olympiade au cours de laquelle le « quad king » – son surnom – a gagné tout ce qui comptait : les trois titres de champion du monde mis en jeu (2018, 2019 et 2021) et les deux finales du Grand Prix (2018 et 2019) notamment. « J’ai toujours rêvé de faire les Jeux olympiques, et de gagner aux Jeux olympiques. Mais je me disais : c’est difficile, je ne sais pas si je peux y parvenir », a expliqué Nathan Chen. Pour sauver l’honneur, entrer dans l’histoire et espérer monter sur le podium, Hanyu voulait réaliser un quadruple axel, la quadruple rotation la plus complexe du patinage artistique, encore jamais réussie en compétition, et qui exige en fait de faire quatre tours et demi en l’air. Mais sa rotation a été incomplète, et il a chuté. Comme sur son deuxième saut, un autre « quad ».
Chloe Kim confirme
Pour sa part, Chloe Kim a doublé la mise en snowboard half-pipe : à 21 ans, l’Américaine, déjà sacrée en 2018, a survolé la finale avec 94 points dès la première manche pour décrocher son second titre olympique, devant l’Espagnole Queralt Castellet (90,25 pts) et la Japonaise Sena Tomita (88,25 pts). « Je suis dans une meilleure situation maintenant », a assuré Kim en référence à la période difficile qu’elle avait vécue après son titre en 2018 et sa soudaine célébrité, au point de devoir faire une longue pause.
Le combiné alpin a joué un nouveau mauvais tour à Alexis Pinturault, dont il était pourtant le grand favori. Le Français, vainqueur du classement général de la Coupe du monde 2020-2021 de ski alpin, court toujours après son premier titre olympique à 30 ans après son abandon en slalom. Plus inquiétant, avant le slalom géant de ce dimanche, Pinturault s’est blessé à une épaule en tombant. Le titre est revenu au skieur Johannes Strolz, sacré 34 ans après son père dans la même discipline et un an après avoir été exclu de l’équipe d’Autriche faute de résultats. Hier également, quatre ans après avoir manqué les JO d’hiver 2018 de Pyeongchang en raison d’une suspension pour dopage, la Norvégienne Therese Johaug s’est offert un second titre olympique de ski de fond en moins d’une semaine. Déjà sacrée en skiathlon, elle a remporté pour 04/10es de seconde le 10 km style classique, devant la Finlandaise Kerttu Niskanen.
La veille mercredi, en ski alpin, l’Américaine Mikaela Shiffrin et la Slovaque Petra Vlhova, revanchardes après leur échec en géant, étaient attendues sur le slalom : l’une, Vlhova, a gagné, l’autre, Shiffrin, est sortie. Star de la discipline et inscrite sur les cinq épreuves individuelles, Shiffrin vit des débuts de JO cauchemardesques. Sortie en géant lundi dernier, elle a connu le même sort lors de la première manche du slalom. À chaque fois dès la cinquième porte. Plus inquiétant, elle semblait désemparée dans l’aire d’arrivée. « Je suis partie avec un état d’esprit très solide et j’ai été mise hors course. C’est décevant. Je suis perdue, je ne sais pas vraiment ce qui a mal tourné », a-t-elle confié, imaginant même comment son père, décédé accidentellement début 2020, pourrait lui venir en aide. « J’aimerais pouvoir appeler mon père, alors ça ne rend pas les choses plus faciles. Il me dirait probablement de passer à autre chose, mais il n’est pas là pour le dire, alors je suis pas mal en colère contre lui », a-t-elle expliqué entre rires et larmes. L’Américaine, qui a déjà trois médailles olympiques à son palmarès (or en slalom en 2014, or en géant et argent en combiné en 2018), peut encore sauver son rendez-vous chinois avec le super-G, aujourd’hui, puis la descente et le combiné. Pas de spleen pour Vlhova en revanche. La Slovaque était « prête à se battre » après son échec en géant lundi (classée 14e). C’est ce qu’elle a brillamment réussi à faire lors de la seconde manche puisqu’elle pointait en 8e position, à 72/100es de seconde de la meilleure, l’Allemande Lena Dürr, à l’issue de la première manche. Au final, elle a devancé l’Autrichienne Katharina Liensberger de 08/100es et la Suissesse Wendy Holdener de 12/100es. Et cet or est tout sauf une surprise pour Vlhova, qui écrase la concurrence entre les piquets cette saison après avoir remporté cinq des sept slaloms auxquels elle a participé. Et lors des deux autres, où elle n’a pas gagné, elle a pris la... 2e place.
Comme lundi en géant, la skieuse américaine Mikaela Shiffrin a été éliminée mercredi en slalom après avoir raté une porte. François-Xavier Marit/AFP
Shaun White qualifié
À Zhangjiakou, l’autre site de montagne de ces JO, la légende américaine Shaun White s’est classée 4e des qualifications de l’épreuve de snowboard half-pipe, survolées par le Japonais Ayumu Hirano. L’Américain a connu une petite frayeur en chutant lors de son premier run. Une élimination prématurée aurait constitué une bien triste fin pour le triple champion olympique de la spécialité, qui a annoncé en début de semaine que ces JO 2022 seraient, à 35 ans, sa dernière compétition. La finale, qui oppose les douze meilleurs riders des qualifications, est programmée aujourd’hui.
En ski freestyle, le Norvégien Birk Ruud a imité la Chinoise Eileen Gu, sacrée la veille mardi, pour devenir le premier homme champion olympique de big air de l’histoire. Assuré d’être médaillé d’or avant son ultime passage, Ruud (21 ans) s’est même permis d’effectuer son dernier run avec le drapeau norvégien dans une main, avant de s’enrouler dedans dans l’aire d’arrivée. Il a devancé l’Américain Colby Stevenson et le Suédois Henrik Harlaut.
Enfin, le combiné nordique – saut à skis et ski de fond – a souri à l’Allemagne avec le succès de Vinzenz Geiger, qui a pris le meilleur à 500 m de la ligne sur le Norvégien Joergen Graabak et l’Autrichien Lukas Greiderer. L’épreuve s’est déroulée en l’absence du Norvégien Jarl Magnus Riiber, grand favori, et de l’Allemand Eric Frenzel, champion olympique en 2018, qui ont dû déclarer forfait pour cette première épreuve car ils ont été testés positifs au Covid-19 à leur arrivée en Chine.
Source : AFP

