Après une hausse mardi, les prix de tous les carburants au Liban ont baissé hier, selon la grille tarifaire publiée par le ministère de l’Énergie et de l’Eau. Photo João Sousa
Après une hausse mardi, les prix de tous les carburants au Liban ont baissé hier, selon la grille tarifaire publiée par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, qui se base à la fois sur le taux dollar/livre du marché parallèle, gravitant autour de 20 000 livres libanaises le dollar hier, et les cours mondiaux du pétrole, récemment en hausse sur fond de tensions géopolitiques dans le Golfe et en Europe de l’Est.
Selon cette nouvelle tarification, les 20 litres de 95 et 98 octane enregistrent une baisse de 3 400 livres par rapport à mardi, atteignant respectivement 354 400 et 365 000 livres. La même quantité de mazout se vend désormais à 305 400 livres, soit une baisse de 19 600 livres par rapport à la veille. Quant à la bonbonne de gaz, son prix s’affiche aujourd’hui à 257 300 livres, après une baisse de 16 200 livres.
Le prix du kilolitre de diesel a en revanche augmenté mardi de 49 dollars, passant de 665 à 714 dollars. Seul carburant facturé en dollars, ce diesel est utilisé pour les groupes électrogènes qui pallient la quasi-inexistence d’électricité publique au Liban. Son prix est assorti d’un supplément de transport de 325 000 livres, un coût inchangé depuis la semaine dernière au moins.
Cette baisse des prix a coïncidé hier avec le premier jour de mobilisation de l’Union des syndicats des transporteurs routiers à travers tout le Liban (voir par ailleurs), qui prévoit des sit-in et des coupures de routes jusqu’à demain. Le but de ces grèves successives est de faire entendre aux autorités libanaises les revendications du secteur, dont la réallocation d’un prêt de 295 millions de dollars de la Banque mondiale, approuvé en 2018, au bénéfice du secteur du transport public, dans un pays en plein effondrement économique depuis deux ans.
Par ailleurs, le mazout est en rupture de stock dans certaines régions depuis quelques jours, notamment dans le Nord, où la vente de ce produit au marché noir a repris, rappelant le scénario de l’été dernier lorsque le Liban était frappé par de sévères pénuries de carburants. Des sources au sein de la filière avaient toutefois assuré mardi à L’Orient-Le Jour que le niveau d’approvisionnement de ce produit serait rétabli en cours de semaine à la suite du déchargement de navires-citernes commandés par les sociétés privées ainsi que par les installations pétrolières rattachées au ministère de l’Énergie.

