Les joueurs de Nice célébrant, avec leur portier et sauveur, leur victoire contre le Paris Saint-Germain en 8es de finale de la Coupe de France, lundi soir, aux tirs au but (0-0, 6-5 t.a.b.). Franck Fife/AFP
Après le Trophée des champions, la Coupe de France de football… Le Paris Saint-Germain (Paris SG ou PSG), éliminé par Nice lundi soir en 8es de finale de la Coupe (0-0 au bout de la prolongation, 6-5 aux tirs au but), a déjà laissé échapper deux titres dans sa mission reconquête, un bilan médiocre qui inquiète avant la Ligue des champions (C1).
« Je continue de voir les choses avec optimisme » : après le revers contre Nice, l’entraîneur du Paris SG, Mauricio Pochettino, était bien le seul à tenir ce discours. S’il a convenu qu’il était « difficile de tirer du positif après une élimination », l’Argentin a trouvé que son équipe méritait de gagner, mais qu’un « manque d’efficacité » l’a trahie. D’habitude, dans ses analyses d’après-match, Pochettino privilégie le résultat au fond, quand ses joueurs gagnent en jouant mal. Cette fois, il a fait l’inverse, dans une tentative de sauver ce qui peut encore l’être.
Le bilan de l’ancien de Tottenham, intronisé en janvier 2020, commence à basculer du mauvais côté : perte du titre de champion en France en mai dernier au profit de Lille, défaite dans le Trophée des champions contre les Dogues en août et, désormais, abandon de la Coupe de France. Le PSG restait sur sept finales consécutives (pour six titres) dans la doyenne des compétitions, un trophée qu’aucun autre club français n’a remporté plus que lui (14 sacres). « C’est spécial » de la disputer, avait admis Pochettino courant janvier.
Critiqué pour la pauvreté du spectacle proposé, son bilan comptable et, parfois, ses prises de parole monotones, le technicien n’a plus que la C1 pour répondre aux supporteurs, de plus en plus nombreux, qui veulent le voir partir rapidement – la presse anglaise évoque même son arrivée à Manchester United dès l’été prochain – et rêvent de voir l’icône Zinédine Zidane, actuellement libre, lui succéder.
Largement en tête du championnat (Ligue 1), le PSG se dirige vers un dixième titre national. Mais c’est bien la C1, objectif suprême du propriétaire qatari du club, qui va déterminer si la saison est réussie ou non. Après le mercato pharaonique de l’été dernier, qui a vu les arrivées de Lionel Messi, Achraf Hakimi, Gianluigi Donnarumma, Sergio Ramos ou encore Georginio Wijnaldum, le PSG ne peut pas faire moins bien que le dernier carré qu’il a atteint ces deux dernières années.
Mais aujourd’hui, son horizon est bouché par un match de 8es de finale compliqué face au Real Madrid. À deux semaines du match aller au Parc des Princes, le 15 février, les Madrilènes sont les grands favoris de cette guerre des étoiles. Si elle a connu quelques accrocs en janvier, entre défaite surprise à Getafe (1-0) et petite blessure de Karim Benzema, l’équipe de Carlo Ancelotti a répondu présent quand il le fallait, en remportant la Supercoupe d’Espagne le 16 janvier. « On vient à Paris pour gagner, a prévenu Benzema dans un entretien au mensuel France football. Le PSG fait partie des favoris, mais il n’y a pas de peur. On a envie de se qualifier, on a envie d’aller au bout. »
« Ce seront des circonstances différentes », a balayé lundi Pochettino, convaincu que ses joueurs sauront se sublimer au moment venu, comme ils l’ont fait le printemps dernier, en allant gagner à Barcelone (4-1) ou face au Bayern Munich (3-2) alors qu’en même temps, ils piétinaient en Ligue 1.
Malgré des performances collectives mitigées, le PSG continue de croire en ses chances, notamment parce que toutes ses stars sont attendues face au Real. C’est de leurs exploits individuels que dépendra la qualification parisienne. Titulaire pour la première fois en 2022 contre Nice, après une période de réadaptation suite au Covid-19, Lionel Messi a deux semaines pour retrouver du rythme. Absents face aux Aiglons, car avec leur sélection nationale, Marquinhos, Angel di Maria, Hakimi, Idrissa Gueye et Abdou Diallo seront de retour soit à Lille dimanche, soit contre Rennes le week-end suivant, juste avant de retrouver la C1. Blessés à degrés divers, les cas de Wijnaldum, Neymar et Ramos restent des inconnues. Leur course contre la montre en vue du Real sera l’un des fils rouges de la prochaine quinzaine.
Alexis HONTANG/AFP

