Le chef de la diplomatie du Vatican, Mgr Paul Gallagher (g), s'entretenant avec le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun, au palais présidentiel de Baabda, le 1er février 2022. Photo tirée du compté Twitter de la présidence @LBpresidency
Le chef de la diplomatie du Vatican, Mgr Paul Gallagher, arrivé à Beyrouth lundi soir pour une visite officielle, a affirmé mardi que le pape François lui a "assuré qu'il se rendra prochainement au Liban", sans toutefois préciser de date. L'archevêque, qui s'est entretenu au palais de Baabda avec le chef de l'Etat Michel Aoun, s'est montré inquiet pour le Liban, estimant que "l'avenir du pays n'est pas assuré". Il a dans ce contexte prévenu que "tout affaiblissement de la présence chrétienne détruira l'équilibre interne et l'identité du Liban". Le secrétaire du Saint Siège pour les rapports avec les États a enfin assuré que le Vatican est prêt à parrainer un dialogue national entre les partis politiques, si une demande officielle en est faite par les formations concernées.
"L'avenir du Liban n'est pas assuré"
"Le pape François m'a demandé de vous communiquer sa proximité et son inquiétude", a affirmé le numéro trois du Vatican à l'issue d'une réunion avec le président de la République.
"Le pape François m'a assuré qu'il souhaitait se rendre prochainement au Liban", a rappelé Mgr Gallagher, en réponse aux journalistes. "Il se rendra au Liban , c'est ce qu'il m'a dit avant ma visite à Beyrouth", a-t-il insisté, sans toutefois communiquer de date précise sur cette visite qui se fait attendre dans un Liban en plein effondrement socio-économique et politique.
En avril dernier, le pape avait affirmé son souhait de se rendre à Beyrouth "dès que les conditions seront réunies". De nombreux observateurs avaient alors lié sa visite à la mise sur pied d'un cabinet dans le pays, qui est resté sans gouvernement treize mois avant que M. Mikati ne parvienne à former son équipe ministérielle le 10 septembre 2021. Lundi, le pape a une nouvelle fois assuré à une délégation libanaise en visite au Saint-Siège qu'il "visitera le Liban parce qu'il l'a promis". Il a également appelé le peuple à se soulever afin que le pays se redresse.
Dialogue
"Le pape pense que les réformes et le soutien de la communauté internationale aideront le Liban à préserver sa propre identité", a en outre affirmé Mgr Gallagher. "Au vu de la situation dans le pays et la région, l'avenir du Liban n'est pas assuré", s'est toutefois inquiété l'archevêque, appelant à nouveau la communauté internationale à "continuer de soutenir et d'aider" le pays afin qu'il avance "sur la voie de la résurrection".
"Que cesse le fait que quelques-uns profitent de la souffrance du plus grand nombre. Ne laissons plus la demi-vérité continuer à frustrer les aspirations des gens", a insisté Mgr Gallagher. "Arrêtez d'utiliser le Liban et le Moyen-Orient pour servir des intérêts extérieurs", a plaidé l'archevêque, sans nommer les personnes visées dans ses critiques. "Les Libanais doivent décider de leur sort sans ingérences extérieures", a-t-il également estimé.
Interrogé au sujet du parrainage du Vatican d'un dialogue national libanais auquel le président Aoun a appelé sans succès, Mgr Gallagher a affirmé que le Saint-Siège est "prêt à parrainer - et même à héberger - un dialogue entre les partis politiques, si une demande officielle en est faite par toutes les formations concernées". Selon lui, le dialogue devrait s'effectuer entre des représentants de la société civile et le gouvernement. "Nous encouragerons explicitement et implicitement les dirigeants politiques et la société civile à s'engager dans ce genre de dialogue", a-t-il insisté.
Présence chrétienne
Le numéro trois du Vatican a par ailleurs estimé que "tout affaiblissement de la présence chrétienne détruira l'équilibre interne et l'identité du Liban". Il a dans ce contexte rappelé que le pape François a affirmé que "le Liban doit rester un projet de paix dont le message porte sur le pardon et la diversité" et où "toutes les confessions et religions font primer l'intérêt public sur leurs intérêts personnels".
L'archevêque a enfin exprimé sa solidarité avec les familles des victimes de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth, le 4 août 2020, à l'intention desquelles il animera une prière cet après-midi. "Puissent toutes les familles et tous les Libanais obtenir justice", a espéré Mgr Gallagher, alors que l'enquête locale est paralysée du fait d'ingérences politiques flagrantes.
Mgr Gallagher s'est également réuni à 12h15 avec le président du Parlement, Nabih Berry et puis avec le commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, à 16h. "Nous espérons avoir une vision plus globale des défis auxquels font face les Libanais et apporter notre contribution, en tant que Vatican", a-t-il souligné à l’issue de sa réunion avec M. Berry. Interrogé sur la tenue des législatives au Liban, Mgr Gallagher a affirmé que "ce n’est pas le rôle du Vatican d’organiser le scrutin".
L'archevêque participera mercredi à l’ouverture d’un symposium sur "Jean-Paul II et le Liban-message" à l'Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) et s'entretiendra par la suite avec le patriarche maronite Béchara Raï. L'archevêque se réunira également jeudi matin avec le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, le cheikh Akl druze Sami Abilmona et le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali el-Khatib. Il s'entretiendra également à midi ce jour-là avec le Premier ministre Nagib Mikati et le chef de la diplomatie Abdallah Bou Habib à 15h avant de rentrer à Rome vendredi matin.
Le Vatican s'active de plus en plus afin de se tenir au chevet du pays du Cèdre, en plein effondrement depuis plus de deux ans. Fin novembre, le souverain pontife avait assuré au Premier ministre Nagib Mikati, en visite officielle au Vatican, qu'il œuvrait à "un effort commun" pour aider le Liban à se redresser. Lors d'une visite à Chypre début décembre, le Saint-Siège s'était dit "très préoccupé" par la crise que traverse Beyrouth.



Ce Pape n'est pas à la hauteur de ses prédécesseurs. On pourrait même s'interroger sur sa complicité à l'instauration d'un nouvel ordre mondial qui ressemble d'ailleurs davantage à un désordre international aux relents totalitaires. Nous préfèrons tous le Saint Père BENOÎT XVI
08 h 58, le 02 février 2022