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Économie - Crise financière

Le Conseil des ministres se penche enfin sur l’avant-projet de budget 2022

Le Conseil des ministres se penche enfin sur l’avant-projet de budget 2022

Le Conseil des ministres a tenu une deuxième réunion hier au Grand Sérail. Photo Dalati et Nohra

Après plus de trois mois de léthargie en raison de divergences politiques et au lendemain d’une première réunion du Conseil des ministres qui aura fait long feu, l’exécutif s’est à nouveau rassemblé hier au Grand Sérail pour enfin se consacrer à l’étude de l’avant-projet de budget 2022.

Tenue en deux sessions, la réunion aura épluché le document préparé par le ministre des Finances Youssef Khalil « jusqu’à l’article 80 », selon des informations circulant dans la presse, mais rien n’a filtré quant aux conclusions des discussions du jour. Selon une source au fait du dossier, le renouvellement du contrat du gestionnaire des services postaux du pays, LibanPost, était également à l’ordre du jour. Le contrat de cette société liée à l’État a en effet expiré le 31 décembre 2020 et le Conseil des ministres doit encore décider de la suite à y donner.

Si le ministre de la Justice Henri Khoury, qui se trouve en Irak dans le cadre d’une visite officielle, n’était pas présent pour le second jour consécutif, celui de l’Énergie et de l’Eau Walid Fayad s’est lui absenté de la réunion en début d’après-midi pour accueillir ses homologues jordanien et syrien arrivant à Beyrouth dans le cadre d’un accord lié à l’électricité du pays dont la signature devrait avoir lieu ce matin (lire par ailleurs). Il s’est toutefois exprimé devant les journalistes présents sur place en quittant le Grand Sérail, affirmant ne pas être « convaincu » par l’approche adoptée dans cet avant-projet de budget.

À l’issue de la première session, le ministre de l’Information (par intérim) et de l’Éducation, Abbas Halabi, a lui indiqué que le cabinet a discuté de « nombreux points » visant à « préserver les finances publiques et stimuler l’économie ». Il a toutefois reconnu que les débats autour de certains articles de l’avant-projet ont été suspendus « afin d’être davantage étudiés ». Confirmant que les réunions se poursuivraient jusqu’à l’adoption du texte, Abbas Halabi a esquivé les questions sur les récentes polémiques concernant les taxes et les prérogatives exceptionnelles qui pourraient être octroyées au ministre des Finances, comme la modification de la loi sur l’impôt sur le revenu, précisant que le cabinet n’a « pas abordé ce sujet ».

Nombreuses critiques

Depuis la parution de ce document en effet, Youssef Khalil, ancien cadre de la Banque du Liban (BDL), a essuyé de nombreuses critiques, l’accusant principalement de se doter de pouvoirs exceptionnels et de vouloir imposer de nouvelles taxes à une population dont les trois quarts vivent sous le seuil de pauvreté, dans un Liban plongé dans une crise socio-économique et financière depuis plus de deux ans. Répondant dès lundi aux critiques, le ministre a affirmé que le texte que son ministère a préparé « ne contient pas de prélèvements obligatoires », soulignant que le taux dollar/livre adopté au niveau des douanes, dit « dollar douanier », sera calculé sur la base du taux quotidien de la plateforme gouvernementale Sayrafa, actuellement fixé à 22 700 livres le dollar. Le ministre a également affirmé que jusqu’à présent « il n’y a pas d’accord concernant la modification du taux officiel de la livre », toujours amarré à 1 507,5 livres le dollar, alors que celui du marché parallèle oscillait hier autour de 23 600 livres.

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L’avant-projet de budget, qui pourrait être amené à évoluer au gré des réunions de l’exécutif, devrait servir de base pour obtenir une aide financière cruciale du Fonds monétaire international (FMI) en échange des réformes nécessaires pour sortir le pays de la crise. Les discussions formelles entre les autorités libanaises et le Fonds ont d’ailleurs repris lundi par visioconférence et se déroulent ainsi parallèlement aux réunions du gouvernement qui devraient durer a minima jusqu’à vendredi. Menées côté libanais par le vice-Premier ministre et ancien du FMI Saadé Chami, les discussions sont dirigées par le chef de mission du FMI au Liban, Ernesto Ramirez-Rigo. Là aussi, le silence semble acté quant au contenu des réunions.


Après plus de trois mois de léthargie en raison de divergences politiques et au lendemain d’une première réunion du Conseil des ministres qui aura fait long feu, l’exécutif s’est à nouveau rassemblé hier au Grand Sérail pour enfin se consacrer à l’étude de l’avant-projet de budget 2022. Tenue en deux sessions, la réunion aura épluché le document préparé par le ministre...

commentaires (2)

"… le dollar douanier sera calculé sur la base du taux quotidien de la plateforme gouvernementale Sayrafa …" - d’accord à condition que nos "lollards" le soient aussi, et ceci RÉTROACTIVEMENT depuis que les banques nous volent la différence à 8’000, 3’900, 3’000, etc.

Gros Gnon

05 h 42, le 26 janvier 2022

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Commentaires (2)

  • "… le dollar douanier sera calculé sur la base du taux quotidien de la plateforme gouvernementale Sayrafa …" - d’accord à condition que nos "lollards" le soient aussi, et ceci RÉTROACTIVEMENT depuis que les banques nous volent la différence à 8’000, 3’900, 3’000, etc.

    Gros Gnon

    05 h 42, le 26 janvier 2022

  • "… le dollar douanier sera calculé sur la base du taux quotidien de la plateforme gouvernementale Sayrafa …" - D’accord, à condition que les députés ne soient plus exemptés du droit de douane sur les voitures et autres…

    Gros Gnon

    05 h 25, le 26 janvier 2022

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