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Protestations à Jeb Jenine après l'arrestation du déposant à l'origine de la prise d'otages dans une banque mardi


Protestations à Jeb Jenine après l'arrestation du déposant à l'origine de la prise d'otages dans une banque mardi

Plusieurs personnes rassemblées mercredi devant le sérail de Jeb Jenine. Photo fournie par Sarah Abdallah.

Plusieurs personnes manifestaient mercredi devant le sérail et la branche de la BBAC à Jeb Jenine, pour protester contre l'arrestation de Abdallah el-Saï qui a pris en otage durant quelques heures mardi des dizaines d'employés et de personnes présentes dans cette banque, au motif que celle-ci refusait de lui verser ses économies en dollars, rapporte notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. Celle-ci précise qu'Abdallah el-Saï a décidé d'entamer une grève de la faim, jusqu'à ce qu'il soit relâché.

Plus tôt dans la journée, l'Association des Banques du Liban a publié un communiqué affirmant qu'elle "refuse les agressions répétitives à l'encontre de plusieurs branches et qui mettent en danger la vie des employés". 

De son côté, le procureur général de la Békaa, Mounif Barakat, a indiqué mercredi avoir ordonné "la saisie du montant obtenu par M. el-Saï sous la menace" jusqu'à ce que l’autorité judiciaire compétente prenne une décision à ce sujet.

Abdallah el-Saï avait demandé à "retirer 50 000 dollars de son compte" en devises étrangères. Lorsque la banque a refusé, "il a brandi une arme et une grenade devant les employés et s'est aspergé d'essence avant d'en jeter aussi dans les locaux en menaçant d'y mettre le feu", a indiqué une source au sein la BBAC à l'AFP. A la suite de longues négociations, le preneur d'otage, qui a pu obtenir une partie de l'argent qu'il réclamait, s'est ensuite rendu à la police et a été conduit au commissariat de Jeb Jennine.

Les banques libanaises font face à un afflux d'épargnants depuis plusieurs jours, ce qui rend difficile les contrôles aux entrées des succursales.

Depuis le début de la pire crise économique de l'histoire du Liban en 2019, les banques ont imposé aux déposants libanais des restrictions drastiques sur les retraits en devises et ont empêché les transferts d'argent à l'étranger. Ces mesures ont limité l'accès aux comptes, notamment en dollars, et les accrochages entre des clients en colère voulant retirer leurs économies et des employés qui adhèrent aux instructions de leurs administrations, sont devenus monnaie courante.

Les Libanais, dont 80% vivent sous le seuil de pauvreté selon des chiffres de l'Onu, se battent pour survivre avec des revenus qui se sont effondrés à cause de la dépréciation de la livre libanaise face au dollar, une inflation galopante, des pénuries d'électricité de médicaments.


Plusieurs personnes manifestaient mercredi devant le sérail et la branche de la BBAC à Jeb Jenine, pour protester contre l'arrestation de Abdallah el-Saï qui a pris en otage durant quelques heures mardi des dizaines d'employés et de personnes présentes dans cette banque, au motif que celle-ci refusait de lui verser ses économies en dollars, rapporte notre correspondante dans la Békaa,...