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Société - Contestation

« Sauvez-nous ! » : des chauffeurs en colère bloquent de nombreuses routes du pays

La participation des grévistes reste malgré tout faible bien qu’étendue sur l’ensemble du territoire.

« Sauvez-nous ! » : des chauffeurs en colère bloquent de nombreuses routes du pays

L’axe principal de Dora bloqué hier à l’aide de camions. Anwar Amro/AFP

Dépréciation de la livre libanaise, hyperinflation, détérioration des conditions de vie et de travail, classe politique « corrompue et criminelle » : des chauffeurs routiers ont manifesté hier matin à travers le territoire, répondant à l’appel pour une « journée de colère » lancé par le syndicat des transporteurs routiers afin de faire pression sur les autorités dans un pays en plein effondrement. Ce syndicat est toutefois réputé proche du président du Parlement Nabih Berry.

Dès le matin, les principaux axes routiers du pays étaient bloqués par une poignée de conducteurs en colère, alors que la circulation routière était très faible. À Beyrouth, la circulation a notamment été bloquée au niveau de la place des Martyrs dans le centre-ville, où une dispute a éclaté entre des automobilistes et des chauffeurs. Un motard en civil a même brandi son arme contre les grévistes sur place, avant d’être embarqué par la police, selon des images de la chaîne al-Jadeed. La rue Hamra et le croisement de Sodeco ont eux aussi été investis par les manifestants. De même sur la voie rapide du « Ring », où des grévistes ont empêché un chauffeur de taxi de poursuivre son chemin, visiblement irrités par le fait qu’il ne respectait pas la grève. La route de l’aéroport, le rond-point de Dora à l’entrée nord de la capitale et le croisement de Galerie Semaan dans la banlieue sud étaient également fermés.

Plus au nord, les chauffeurs routiers ont bloqué aussi durant quelques heures le couloir est de l’autoroute de Zouk Mosbeh après le tunnel de Nahr el-Kalb.

Des chauffeurs de bus et de taxi ont fermé l’autoroute de Nahr el-Kalb à l’aide de leurs véhicules. Photo Michel Sayegh

Au Liban-Sud

À Saïda, au Liban-Sud, des contestataires ont partiellement coupé la circulation au niveau de la route maritime et de la place de l’Étoile, ainsi qu’à l’entrée nord du pont Awali, à l’aide de leurs voitures. La route de Saïda-

Jezzine a également été fermée à l’aide de bennes à ordures enflammées. L’armée et les Forces de sécurité intérieure (FSI) étaient déployées sur les lieux, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah. « Nous ne pouvons plus endurer cette situation (...). Nous ne possédons plus rien (...) Sauvez-nous ! » a crié un manifestant à l’adresse de L’Orient-Le Jour.

Des camionneurs et des chauffeurs de bus ont coupé la corniche maritime à Saïda, au Liban-Sud. Mahmoud Zayyat/AFP

Au Liban-Nord

Dans le nord du pays, plusieurs routes ont également été coupées, notamment le rond-point de Aabdé-Bebine, le pont de Bared dans la localité de Mhamara, ce qui a isolé le Akkar, rapporte notre correspondant dans la région Michel Hallak. Des manifestants ont également coupé la circulation au niveau de la route de Denniyé en mettant le feu à des ordures. Les autoroutes de Chekka, Palma, Beddaoui ont parallèlement été bloquées dans les deux sens. « Nous en avons marre de vous », a lancé un manifestant à Tripoli, accusant la classe politique de « criminalité » et de « corruption ». Le président du syndicat des chauffeurs de bus, Chadi el-Sayyed, a appelé les partis libanais à « se réunir immédiatement » pour venir en aide « au Liban, aux travailleurs, aux pauvres et aux employés », déplorant le fait que leurs salaires se soient effondrés avec la dépréciation de la monnaie nationale. Il a confié à notre journal que la mobilisation du syndicat se poursuivra jusqu’à ce que « leurs revendications soient satisfaites ».

Dans la Békaa

La Békaa a été gagnée par le phénomène aussi. Les routes de Dahr el-Baïdar, Tarchiche, Ferzol ainsi que l’entrée sud de Baalbeck ont été bloquées, rapporte notre correspondante dans la région Sarah Abdallah. La route de Doris-Baalbeck a été fermée dans les deux sens à l’aide de pneus.

L’entrée Doris-Baalbeck bloquée à l’aide de pneus par des chauffeurs routiers. Photo fournie par notre correspondante Sarah Abdallah

Participation timide

« Aujourd’hui, c’est le début de la colère », a confié le président du syndicat des transporteurs routiers, Bassam Tleiss, à la radio Voix du Liban, assurant que celui-ci prendra d’autres mesures par la suite, sans préciser leur nature. Cette mobilisation est « contre le gouvernement qui n’a pas tenu ses promesses de soutenir le secteur des transports routiers », a lancé ce proche de Nabih Berry.

« Nous espérons que ce qui s’est passé est un message au gouvernement, car en ce qui nous concerne, nous avons un accord pour soutenir le secteur des transports, a déclaré M. Tleiss lors d’une conférence de presse à 15h. Ce qui a été décidé à la table du Premier ministre Nagib Mikati est sacré, il n’est pas possible de faire marche arrière. » « Augmenter les tarifs de transport usera les citoyens et le secteur, a-t-il ajouté. Notre bataille se poursuit avec le gouvernement, pour mettre en œuvre l’accord décidé, et s’il doit être amendé, qu’il le soit conformément aux nouveaux tarifs. »

Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) Béchara Asmar, lui aussi considéré comme proche du pouvoir, a pour sa part salué « la grande participation à la grève à travers le territoire libanais », appelant le reste des citoyens à descendre dans la rue afin de protester contre les chambres noires qui font hausser le taux de change du dollar. Sur le terrain cependant, la participation restait timide de manière générale.

Le chef de l’État Michel Aoun et le ministre de l’Intérieur Bassam Maoulaoui se sont réunis hier après-midi à Baabda pour discuter des mouvements de protestation. « La situation sécuritaire est sous contrôle et les services de sécurité accompagnent les contestataires, a déclaré M. Maoulaoui. La coopération entre les différents services était bonne. »

Dépréciation de la livre libanaise, hyperinflation, détérioration des conditions de vie et de travail, classe politique « corrompue et criminelle » : des chauffeurs routiers ont manifesté hier matin à travers le territoire, répondant à l’appel pour une « journée de colère » lancé par le syndicat des transporteurs routiers afin de faire pression sur les...
commentaires (1)

Tragique et humiliant. La réalité, c'est que tous les secteurs de l'économie vont s'effondrer comme un pauvre château de cartes. Le Liban n'a plus un sou, comment aider qui que ce soit?. Dans ce contexte, le paralysie du gouvernement par le Hezbollah, revient à tordre le bras d'un homme qui se noie. Ces vendus ne respectent rien et sont en train de sortir de l'ombre pour prendre le pouvoir prochainement et fair du Liban un porte-avions Iranien, avec Assad aux commandes. Mark my words.

El moughtareb

09 h 46, le 15 janvier 2022

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Commentaires (1)

  • Tragique et humiliant. La réalité, c'est que tous les secteurs de l'économie vont s'effondrer comme un pauvre château de cartes. Le Liban n'a plus un sou, comment aider qui que ce soit?. Dans ce contexte, le paralysie du gouvernement par le Hezbollah, revient à tordre le bras d'un homme qui se noie. Ces vendus ne respectent rien et sont en train de sortir de l'ombre pour prendre le pouvoir prochainement et fair du Liban un porte-avions Iranien, avec Assad aux commandes. Mark my words.

    El moughtareb

    09 h 46, le 15 janvier 2022

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