Le président du Parlement, Mohammed al-Halboussi. Photo d'archives AFP
Le président du Parlement, l'influent Mohammed al-Halboussi tout juste reconduit à son poste, a été provisoirement suspendu jeudi de ses "activités" par la justice, le temps que les juges tranchent sur le recours d'élus qui contestent sa réélection.
L'arrêt de la Cour fédérale, plus haute instance judiciaire du pays, affecte par ricochet les députés, puisqu'ils ne peuvent siéger en l'absence du président du Parlement, assemblée dont les pouvoirs sont très étendus. Outre son travail législatif, elle élit le président de la République et adoube le Premier ministre.
Cette décision de justice intervient au moment où l'Irak est traversé par de fortes tensions nées dans le sillage des législatives du 10 octobre, une période marquée par des épisodes de violence armée et une surenchère dans les invectives entre partis.
Dans son arrêt, la Cour fédérale a décidé "de suspendre les travaux" de Mohammed al-Halboussi de manière temporaire. Elle entend d'abord trancher sur le recours de deux élus contre sa réélection, qui a eu lieu dimanche lors de la session inaugurale du Parlement.
Mais la décision des juges n'affecte pas "les délais impartis" au processus qui mène à l'élection du chef de l'Etat par les députés, a assuré la Cour dans un communiqué.
En clair: le délai de 30 jours à partir de la session inaugurale du Parlement accordé aux députés pour élire le président de la République est toujours valable.
A l'origine de la suspension des "travaux" de M. Halboussi, le recours de deux députés, Mahmoud al-Machhadani et Bassem Khachan. Ils estiment inconstitutionnelle la façon dont il a été réélu lors de la session inaugurale tenue dimanche.
Cette séance a été le théâtre de bousculades et d'invectives entre les deux pôles les plus importants du chiisme politique: le courant du leader chiite Moqtada Sadr et le Cadre de coordination, une agglomération de partis, dont certains sont pro-Iran.
Les deux blocs revendiquent chacun une majorité à même de désigner le Premier ministre.
Dans le chaos, le président de séance Mahmoud al-Machhadani, le même député qui a déposé un recours, a été agressé et hospitalisé.
Les députés du Cadre de coordination, qui compte dans ses rangs l'Alliance de la conquête, vitrine politique du Hachd al-Chaabi, ont boycotté l'élection du président du Parlement qui a tout de même eu lieu.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine