Des manifestants rassemblés devant le siège de la banque du Liban à Hamra, le 12 janvier 2022. Capture d'écran d'une vidéo publiée sur le compte Twitter @Akhbaralsaha
Des heurts ont éclaté mercredi soir entre des protestataires qui s'étaient rassemblés devant le siège de la Banque du Liban (BDL) à Hamra, à Beyrouth, afin de protester contre la dépréciation de la monnaie nationale, et des policiers déployés sur les lieux, selon des vidéos partagées sur les réseaux sociaux. L'appel à ce sit-in a été lancé alors que les autorités libanaises n'ont toujours pas su freiner l'effondrement économique et financier du pays, entamé depuis plus de deux ans.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), les manifestants présents devant le siège de la BDL ont réclamé "la chute de la classe politique de la corruption, de la criminalité et et de la paupérisation" et réclamé qu'elle rende des comptes. Le gouverneur "Riad Salamé est un voleur", scandaient les manifestants. Des protestataires ont également tenté d'escalader les murs protégeant le bâtiment, ce qui a dégénéré en heurts avec les Forces de sécurité intérieure déployées sur les lieux, qui ont lancé du gaz lacrymogène en direction des protestataires. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent certains activistes parvenus jusqu'aux portes du bâtiment, dont ils ont brisé les vitres puis allumé, à travers le grillage, un feu dans le hall d'entrée.
Selon des vidéos, les protestataires ont également bloqué les routes entourant le siège de la banque centrale à l'aide de de bennes à ordures enflammées.
D'autre protestataires ont aussi allumé un brasier en mettant le feu à des pneus, devant le siège de la BDL à Tripoli (Liban-Nord), rapporte notre correspondant dans la région Michel Hallak. L'armée libanaise s'est déployée sur les lieux.
Le gouverneur de la BDL est accusé d'être l'un des acteurs de l'effondrement financier et socio-économique du pays.
من الاعتصام الآن أمام مصرف لبنان في الحمرا #بيروت #أخبار_الساحة #يسقط_حكم_المصرف pic.twitter.com/yX9o3n3Sdu
— أخبار الساحة (@Akhbaralsaha) January 12, 2022
Ces manifestations interviennent à la veille d'une "journée de colère" annoncée par le syndicat des transporteurs routiers à travers le territoire libanais afin de dénoncer la détérioration de leurs conditions de vie et de travail dans un pays en chute libre. La livre libanaise a battu plusieurs records de dépréciation depuis le début de l'année, s'échangeant notamment mardi à plus de 33.000 contre un billet vert, alors que son taux officiel demeure fixé à 1.507,5 LL.


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