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Économie - Crise au Liban

La livre bat un nouveau record de dépréciation, Abou Chacra annonce une hausse des prix des carburants

Retour des files d'attente devant certaines stations-service.
La livre bat un nouveau record de dépréciation, Abou Chacra annonce une hausse des prix des carburants

Des automobilistes faisant la queue devant une station-service de Saïda, au Liban-Sud, le 10 janvier 2022. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah

Le représentant des distributeurs de carburant, Fadi Abou Chacra, a annoncé lundi une augmentation des prix de l'essence, du mazout et du gaz qui seront publiés demain, sur fond de dépréciation de la monnaie nationale qui a battu un nouveau record de dépréciation, dépassant la barre des 32.000 contre le dollar dans un pays en pleine crise.

"Un nouveau barème des prix des carburants sera publié demain", a confié M. Abou Chacra à l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), les prix des carburants, désormais publiés de manière bihebdomadaire par le ministère de l'Energie, n'ayant été publiés qu'une seule fois la semaine dernière. Les nouveaux tarifs observeront "une hausse des prix de l'essence, du mazout et du gaz à cause de la dépréciation de la livre libanaise contre le dollar sur le marché parallèle", a-t-il expliqué. 

Fin 2021, la Banque du Liban (BDL) avait mis en place un nouveau mécanisme d’apport de devises pour les importations de carburants. Les importateurs doivent désormais se procurer 15 % des dollars de la facture (contre 10 % auparavant) en les achetant sur le marché parallèle au taux du jour. La banque centrale, qui couvrait les 90 % restants, s’acquitte désormais de 85 % de la facture à un taux dollar/livre fixé à 23.500 livres, contre 20.400 livres début décembre. 

M. Abou Chacra a dans ce cadre précisé que depuis la parution du dernier barème mardi dernier, les 15% de la facture des carburants distribués sur le marché sont payés au taux de 28.000 LL contre un billet vert, alors que le taux de change livre/dollar a dépassé les 31.000 LL. Il a dans ce cadre appelé le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, à "intervenir afin de mettre un terme à la dépréciation de la livre libanaise". M. Abou Chacra a enfin affiché son soutien à la grève des transporteurs routiers prévue jeudi à travers le territoire libanais, assurant que les distributeurs ne livreront pas de carburants ce jour-là. 

Les transporteurs routiers, qui avaient déjà organisé des manifestations en décembre dernier, protestent à nouveau contre le gouvernement qui n'a pas répondu à leurs revendications concernant une amélioration des conditions de travail dans un Liban en pleine crise.

Files d'attente devant des stations-service 
A la suite de l'annonce faite par Fadi Abou Chacra, des files d'attente n'ont pas tardé à se former devant les stations-service. A Tripoli et dans le nord, des automobilistes ont afflué devant les stations-service afin de faire le plein avant la publication des nouveaux tarifs, rapporte notre correspondant dans la région Michel Hallak. Au Sud, d'interminables files d'attente s'agglutinaient également devant les stations-service, notamment dans la ville de Saïda, précise notre correspondant Mountasser Abdallah. Celles de Nabatiyé ont, en revanche, fermé leurs portes jusqu'à ce que les nouveaux tarifs soient publiés demain.

Vendredi dernier, le porte parole des propriétaires de stations-service au Liban, Georges Brax, avait mis en garde contre le risque d'un retour aux files d'attente interminables devant les pompes à essence, comme ce fut le cas à la mi-2021, si les carburants ne sont pas vendus en livres libanaises aux propriétaires des stations. "Pour ne plus revenir aux pénuries d'essence et aux scènes humiliantes pour les citoyens, il faut que les carburants soient livrés aux stations-services en livres libanaises, afin qu'ils soient vendus aux consommateurs avec la même monnaie", avait-il plaidé.

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Les stations-service mettent en garde contre le risque de nouvelles files d'attente

Chute en piqué de la livre libanaise
La livre libanaise a en effet battu lundi, pour la quatrième fois depuis le début de l'année, un nouveau record de dépréciation, le dollar dépassant les 32.000 LL sur le marché parallèle, sur fond d'effondrement économique et financier dans le pays.

Consultée à 19h, la plateforme lirarate.org indiquait que le dollar s'achetait à 32.150 LL et se vendait à 32.100. Ces chiffres, dans un pays essentiellement importateur de produits, ont anéanti le pouvoir d'achat des Libanais, dont plus de 74% vivent désormais sous le seuil de pauvreté, le taux officiel de la monnaie nationale étant toujours fixé à 1507,5 livres contre le billet vert.

Déplorant la dépréciation de la livre libanaise et la détérioration de leurs conditions de vie, des manifestants ont coupé la route à l'aide de pneus brûlés à Mazraat Yachouh, dans le Metn, en début de soirée. 

Depuis le début de la grave crise socio-économique et politique au Liban en 2019, la livre a en effet perdu 95% de sa valeur. En l'espace de huit jours, la monnaie nationale a battu trois records de dépréciation. Samedi, elle s'échangeait à 30.250 LL. Le 4 janvier, elle se vendait à 30.100 livres et à 29.250 livres la veille contre un dollar.


Le représentant des distributeurs de carburant, Fadi Abou Chacra, a annoncé lundi une augmentation des prix de l'essence, du mazout et du gaz qui seront publiés demain, sur fond de dépréciation de la monnaie nationale qui a battu un nouveau record de dépréciation, dépassant la barre des 32.000 contre le dollar dans un pays en pleine crise. "Un nouveau barème des prix des carburants sera...

commentaires (1)

Ces ministres fraîchement élus qui font office d’annonceurs de mauvaises nouvelles n’ont pas froid aux yeux. Ils ne cessent de déclarer la hausse de tous les produits essentiels à la vie des citoyens sans scrupules alors que les libanais ont été pillés et humiliés par leurs soins et ne trouvent pas de travail ni de ressources pour alimenter leur cupidité qui n’a pas de limite. Peuvent ils nous expliquer avec quel argent les libanais arriveraient à assouvir leur appétit dévorant? Sur quoi se basent ils pour exiger des augmentations des prix à commencer par le pain qui est devenu le festin de la majorité alors qu’ils ne bénéficient d’aucune aide ni loi qui garantirait une ressource pour honorer les exigeantes du pouvoir qui lui, continue à mener grand train sans se soucier de leur souffrance? Leur rôle ne consiste t-il pas à leur assurer une vie décente? Au lieu de quoi ils continuent à les humilier et à les saigner jusqu’à ce que mort s’en suive. Plus culottés tu meurs. Les libanais continuent à subir leurs affres, mais jusqu’à quand?

Sissi zayyat

11 h 17, le 11 janvier 2022

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Commentaires (1)

  • Ces ministres fraîchement élus qui font office d’annonceurs de mauvaises nouvelles n’ont pas froid aux yeux. Ils ne cessent de déclarer la hausse de tous les produits essentiels à la vie des citoyens sans scrupules alors que les libanais ont été pillés et humiliés par leurs soins et ne trouvent pas de travail ni de ressources pour alimenter leur cupidité qui n’a pas de limite. Peuvent ils nous expliquer avec quel argent les libanais arriveraient à assouvir leur appétit dévorant? Sur quoi se basent ils pour exiger des augmentations des prix à commencer par le pain qui est devenu le festin de la majorité alors qu’ils ne bénéficient d’aucune aide ni loi qui garantirait une ressource pour honorer les exigeantes du pouvoir qui lui, continue à mener grand train sans se soucier de leur souffrance? Leur rôle ne consiste t-il pas à leur assurer une vie décente? Au lieu de quoi ils continuent à les humilier et à les saigner jusqu’à ce que mort s’en suive. Plus culottés tu meurs. Les libanais continuent à subir leurs affres, mais jusqu’à quand?

    Sissi zayyat

    11 h 17, le 11 janvier 2022

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