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Dernières Infos - Soudan

Tirs de lacrymogènes pendant des manifestations anti-putsch


Un manifestant tenant un drapeau soudanais à Khartoum, le 6 janvier 2022. Photo REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Les forces de sécurité soudanaises ont tiré du gaz lacrymogène dimanche sur des milliers de manifestants à Khartoum lors de nouveaux rassemblements contre l'armée au pouvoir, onze semaines après le coup d'Etat militaire. Le 25 octobre, le coup d'Etat du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a mis fin à la transition vers un pouvoir entièrement civil au Soudan, près de deux ans après la chute d'Omar el-Bachir, dictateur qui était au pouvoir depuis trois décennies.

Des milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche dans la capitale pour protester contre le coup d'Etat, selon des témoins. Et alors qu'ils se dirigeaient vers le palais présidentiel, les forces de sécurité ont tenté de les disperser avec des tirs de lacrymogène, comme ils l'ont déjà fait lors d'autres rassemblements anti-putsch. Des foules se sont également rassemblées à Oumdourman, banlieue au nord-ouest de Khartoum, selon les témoins.
"Non, non au régime militaire", ont scandé les manifestants en agitant les drapeaux soudanais. Des médecins en blouse blanche ont été vus se joindre à des rassemblements pour protester contre les forces de sécurité qui ont pris d'assaut des hôpitaux et des installations médicales lors de précédentes manifestations. Samedi, le Comité central des médecins soudanais, affilié au mouvement de protestation, a déclaré que les médecins se joindraient aux marches et remettraient un mémorandum aux responsables de l'ONU énumérant les récentes "agressions commises par les forces du coup d'État" contre des installations médicales.

Depuis le putsch du 25 octobre, la répression des manifestations par les forces de l'ordre a fait au moins 60 morts et des centaines de blessés selon les médecins liés au mouvement de protestation. D'après l'ONU, au moins 13 femmes ont été aussi violées pendant les troubles, et de nombreux journalistes passés à tabac et même arrêtés tandis qu'internet et le téléphone ne fonctionnent que selon le bon vouloir du pouvoir. Les autorités ont régulièrement nié avoir utilisé des balles réelles contre les manifestations et ont déclaré que de nombreux membres des forces de sécurité avaient été blessés lors d'affrontements avec des protestataires.

Pourparlers de l'ONU 
La semaine dernière, le Premier ministre et visage civil de la transition, Abdallah Hamdok, avait démissionné à l'issue d'une journée de manifestations meurtrières. Il avait été réinstallé dans ses fonctions le 21 novembre après avoir été limogé avec son gouvernement lors du coup d'Etat. Depuis la semaine dernière, les militaires sont seuls aux commandes. Le général Burhane, qui a prolongé de deux ans son mandat à la tête du pays, promet des élections pour juillet 2023.

Samedi, l'émissaire de l'ONU au Soudan Volker Perthes a annoncé qu'il allait organiser des pourparlers avec "tous les acteurs clés civils et militaires" pour tenter de résoudre la crise traversée par le pays. "Il est temps de mettre fin à la violence et d'entrer dans un processus constructif", a-t-il indiqué à propos de ces discussions, qui doivent être officiellement lancées lundi lors d'une conférence de presse.
Le général Burhane n'avait pas réagi dans l'immédiat à cette annonce. Les Forces de la liberté et du changement (FLC), fer de lance de la révolte qui a entraîné l'éviction de Bachir en 2019, ont elles indiqué n'avoir reçu "aucun détail" sur ces pourparlers de la part de l'ONU. Dimanche, l'Association des professionnels soudanais, qui a également joué un rôle déterminant dans les manifestations anti-Bachir, a déclaré qu'elle "rejetait complètement" de tels pourparlers. "Le moyen de résoudre la crise soudanaise commence par le renversement complet du conseil militaire putschiste", a indiqué l'Association dans un communiqué. 

Les forces de sécurité soudanaises ont tiré du gaz lacrymogène dimanche sur des milliers de manifestants à Khartoum lors de nouveaux rassemblements contre l'armée au pouvoir, onze semaines après le coup d'Etat militaire. Le 25 octobre, le coup d'Etat du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a mis fin à la transition vers un pouvoir entièrement civil au Soudan, près de deux ans après la chute d'Omar el-Bachir, dictateur qui était au pouvoir depuis trois décennies.Des milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche dans la capitale pour protester contre le coup d'Etat, selon des témoins. Et alors qu'ils se dirigeaient vers le palais présidentiel, les forces de sécurité ont tenté de les disperser avec des tirs de lacrymogène, comme ils l'ont déjà fait lors d'autres rassemblements anti-putsch. Des...