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Culture - Initiative

Jo Hayek emmène les véritables couleurs du Liban à Dubaï

Artb, dédié aux artistes libanais sous le label FLTRD.artb dubaï au cœur du centre financier international de Dubaï (DIFC), a ouvert ses portes le 29 novembre 2021 avec un premier événement intitulé « True Colors » qui se tiendra sur une période de 6 mois.

Jo Hayek emmène les véritables couleurs du Liban à Dubaï

À FLTRD.artb dubaï, l’exposition d’artistes libanais « True Colors ». Photo DR

Artb (le b en référence à Beyrouth) est un projet dont l’idée était d’exporter l’art libanais et de le promouvoir loin des difficultés et des distractions auxquelles les artistes libanais et le public sont actuellement confrontés, le but étant de maintenir leur travail sous les projecteurs (sans craindre une panne d’électricité). En partenariat avec FLTRD, concept store à Dubaï dédié aux designers libanais, et sous l’égide de Jo Hayek et de Carla Chantiri (consultante en développement commercial et marketing), sa première intervention intitulée « True Colors » est un reflet de la culture libanaise représenté à travers l’identité de couleur de chaque artiste libanais.

Carla Chantiry, Jo Hayek et Zeina Ladiki dans les locaux de FLTRD.artb dubaï. Photo DR

Regarder une toile, c’est méditer la vie

Ne vous fiez pas à sa menue silhouette et à son allure gracile. Derrière cette délicatesse se cache une volonté de fer et un caractère bien trempé. Né en 1977, rien ne destinait Jo Hayek à faire carrière dans le domaine de l’art. Étudiant à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA), il se spécialise dans le cinéma, mais passe le plus clair de son temps au sous-sol de l’université dans l’antre des grands : de Georges Guverdjinian (Guv Der), artiste exceptionnel, au célèbre Hussein Madi, en passant par Youssef Aoun. « J’étais le seul étudiant en cinéma à rejoindre le cours des arts plastiques, se souvient-il. Il m’arrivait même de sacrifier un cours ou deux pour me laisser imprégner par le travail de ronde bosse, les croquis de nus ou de nature morte pour barbouiller mes doigts de fusain et me frotter à la douceur friable des pastels. » Après avoir obtenu son diplôme de cinéma, accompli une maîtrise, et un DESS en marketing et distribution audiovisuelle à la Sorbonne, il se lance dans une carrière cinématographique, collabore avec CNN, fait la promotion du Liban à travers des films, assure la couverture de la guerre de 2006. Mais dès la première paie du mois, cet amoureux de l’art commence à se livrer à ce qui allait devenir son passe-temps favori : collectionner. « Ma première acquisition, confie Jo Hayek, fut une toile de Simar Halwany. J’achetais l’œuvre sans rien connaître de l’artiste, c’était un dialogue qui s’établissait dès la première rencontre et cela me rendait instantanément heureux. Regarder une toile, c’était méditer la vie. Et depuis, à chacun de mes voyages, je ramenais une toile comme un bout du pays que je visitais et qui allait me servir de mémoire. C’est ainsi que ma collection se verra enrichie au fil du temps de plus de 150 pièces signées de grands maîtres libanais principalement. »

Se réinventer, c’est honorer la vie

Suite au confinement, à la crise économique et au marasme généralisé, le producteur-réalisateur cherche à se réinventer. « Mon expérience personnelle avec l’art allait me servir de flambeau. À 12 ans, j’avais passé trois jours de suite à visiter le Louvre seul, ça laisse des traces ! » ajoute le galeriste en devenir le sourire aux lèvres. Je me vois d’abord contraint, pour survivre, de vendre quelques-unes de mes toiles, et passe ainsi naturellement de client à vendeur et plus tard à curateur et galeriste. Je développe une activité de « art dealer ». « Les collectionneurs me sollicitaient pour acquérir des toiles, ainsi que les membres de ma famille et mes amis en quête de recommandations. » Le conseil que dispensait Hayek était simple : « L’essentiel est d’aimer ce que l’on achète et qu’un achat exprime ce que l’on ressent. »

Sauf que le temps était venu de pousser l’expérience plus loin. « Passionné d’art, je décide qu’il fallait agir. Mon objectif était de montrer que quoi qu’il se passe en interne, il y a toujours de l’art fantastique au Liban. » Jo Hayek réfléchit le concept de artb d’abord comme un collectif autour de l’art. « Au départ, je voulais simplement créer du contexte, faire du conseil au niveau de la communication et de la promotion pour chacun des artistes, les introduire d’une manière atypique, exposer leur philosophie, leur vision du monde, je me considérais comme un amoureux de l’art. Je produis un documentaire sur Jamil Molaeb où l’on découvre l’artiste sous un angle différent. Je me positionnais comme un traducteur, un catalyseur entre le langage unique de l’artiste et l’acheteur qui regarde la toile. Le projet commençait à prendre forme », raconte-t-il.

Zeina Ladiki, propriétaire de FLTRD, lui propose un espace consacré uniquement à l’art situé dans le centre financier international de Dubaï. Le concept FLTRD.artb dubaï était né. Après une sélection d’une vingtaine d’artistes libanais, je mets en place l’exposition « True Colors ». Elle comprend 130 œuvres créées dans une riche variété de médias par 19 artistes libanais émergents et établis, à savoir : Jamil Molaeb, Hussein Madi, Hassan Jouni, Silwan Ibrahim, Charles Khoury, Raouf Rifaï, Alfred Basbous, Bassam Kyrillos, Hanibal Srouji, Mazen Rifai, Ribal Molaeb, Georges Basil, Fadi el-Chamaa, Semaan Khawam, Nevine Matar, Selim Mawad, Louma Rabah, Ihab Ahmad et Alain Vassoyan. Désormais curateur, Jo Hayek prévoit d’emmener artb, une fois que l’espace de Dubaï sera fermement établi, vers d’autres destinations, notamment Doha (Qatar), Le Caire (Égypte) et Athènes (Grèce). « La philosophie est de construire le nom en voyageant avec l’art libanais et du Moyen-Orient d’une ville à l’autre, en développant et en organisant des expositions spéciales. Démocratiser l’art est certainement l’un de mes objectifs, je cherche à le rendre plus accessible à tous les niveaux en offrant au public un accès à l’art et aux artistes un accès au public », conclut Jo Hayek qui croit dur comme fer que « l’art ne peut être corrompu, c’est l’image la plus pure du Liban ».

Artb (le b en référence à Beyrouth) est un projet dont l’idée était d’exporter l’art libanais et de le promouvoir loin des difficultés et des distractions auxquelles les artistes libanais et le public sont actuellement confrontés, le but étant de maintenir leur travail sous les projecteurs (sans craindre une panne d’électricité). En partenariat avec FLTRD, concept store à Dubaï dédié aux designers libanais, et sous l’égide de Jo Hayek et de Carla Chantiri (consultante en développement commercial et marketing), sa première intervention intitulée « True Colors » est un reflet de la culture libanaise représenté à travers l’identité de couleur de chaque artiste libanais. Carla Chantiry, Jo Hayek et Zeina Ladiki dans les locaux de FLTRD.artb dubaï. Photo DR Regarder une toile, c’est méditer la...
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