Des partisans du tandem chiite pendant les affrontements de Tayouné le 14 octobre. Anwar/Amro archives AFP
Deux sympathisants des Forces libanaises (FL), Rodrigue Touma et Jawad Abdel Ahad, arrêtés dans l’affaire des affrontements meurtriers de Tayouné survenus le 14 octobre, ont été relâchés hier par la Cour de cassation militaire présidée par Sakr Sakr. L’instance vient ainsi de confirmer la décision du juge d’instruction près le tribunal militaire par intérim Fadi Sawan, qui avait ordonné depuis plus d’un mois leur remise en liberté. Désormais il reste quatre détenus sous les verrous parmi les personnes qui avaient défendu le quartier chrétien de Aïn el-Remmané contre l’incursion du mouvement Amal et du Hezbollah dans le sillage d’une manifestation contre le juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête sur les explosions au port de Beyrouth. Les accrochages avaient fait sept morts, dont six partisans du tandem chiite et une civile.
Mercredi, un sit-in avait été organisé devant le Palais de justice par les familles de Aïn el-Remmané pour réclamer la libération des six détenus chrétiens avant les fêtes de fin d’année. Si MM. Touma et Abdel Ahad ont pu retrouver hier leurs proches, il ne semble pas que le sort des quatre autres soit tranché de sitôt, étant donné que le juge Sawan semble subir le même sort que Tarek Bitar, contre lequel les recours en dessaisissement se multiplient dans l’affaire du port de Beyrouth. Le juge Sawan ne peut pour l’heure examiner les dossiers des autres détenus puisqu’il a été notifié le 9 décembre d’un recours en dessaisissement présenté contre lui par Hassan Hammoud, un suspect qui fait l’objet d’un mandat de recherche pour avoir participé aux côtés d’autres partisans du tandem chiite aux accrochages contre les FL. Du seul fait de sa notification, Fadi Sawan est dessaisi de l’affaire, le temps que statue la 12e chambre civile de la cour d’appel devant laquelle le recours a été porté.
Depuis qu’il a entamé ses investigations le 28 octobre, ce n’est pas la première fois que M. Sawan se voit ôter la mainmise sur le dossier. Wissam Mazbouh, avocat de Bilal Salloum, également proche du tandem chiite et à l’encontre duquel le juge d’instruction avait émis un mandat d’arrêt par contumace pour avoir trempé dans les affrontements, avait porté le 17 novembre un premier recours en dessaisissement contre le juge d’instruction, après que ce dernier a ordonné la mise en liberté de MM.Touma et Abdel Ahad. Il l’accusait d’avoir des rapports amicaux avec les avocats des sympathisants des FL. Quelques jours plus tard, le 30 novembre, c’est au tour du président de la 12e chambre civile de la cour d’appel, Nassib Élia, chargé d’étudier ce recours, d’être notifié lui-même d’un recours en dessaisissement porté par M. Mazbouh. Motif invoqué : une soi-disant proximité avec le juge Sawan. Notifié, M. Élia avait été dessaisi d’office, le temps que la magistrate Randa Harrouk rende son verdict. Elle avait été nommée par le premier président de la cour d’appel, Habib Rizkallah, pour remplacer M. Élia, celui-ci ne pouvant se juger lui-même. Le 7 décembre, Mme Harrouk décide de débouter M. Mazbouh et de maintenir donc M. Élia à son poste. Lequel rejette dès le lendemain le recours porté contre Fadi Sawan. Mais ce dernier n’a pas eu le temps de se pencher sur les cas des quatre autres détenus chrétiens, puisqu’il a été notifié sur-le-champ de la requête de Hassan Hammoud, requête que la 12e chambre civile de la cour d’appel aura à examiner.
Même méthodologie pour un même engrenage
« Les recours de Hassan Hammoud et Bilal Salloum sont similaires », note Éliane Fakhry, une avocate des détenus pro-FL. Elle fait remarquer que « de telles démarches sont menées pour atermoyer et retarder les décisions concernant les demandes de remise en liberté ». Elle observe que « les avocats des proches du Hezbollah et du mouvement Amal mis en cause dans le dossier des affrontements usent de la même méthodologie que celle orchestrée dans l’affaire de l’explosion au port de Beyrouth (4 août 2020), pour soustraire coûte que coûte leurs clients à la justice ». Me Fakhry déplore en outre que parmi les nombreux partisans ou sympathisants du tandem chiite, recherchés pour leur implication dans les incidents de Tayouné, « seul un Libanais et deux Syriens sont détenus, tandis que plus de 20 jeunes habitants de Aïn el-Remmané avaient été au départ appréhendés ».
Toutefois, on apprenait hier en soirée qu’une patrouille du service des renseignements de l’armée a arrêté dans la région de Laylaki (banlieue sud) H.R., un individu soupçonné d’avoir ouvert le feu pendant les affrontements du 14 octobre. Le suspect est aussi accusé de détention d’armes, vol de véhicules et trafic de drogue.
Dans le même esprit que sa consœur Éliane Fakhry, l’avocat Fady Zarifé, qui accompagne également le dossier des détenus pro-FL, déplore « un abus du droit à la défense ». « Les recours concernent les mêmes juges, le même dossier et les mêmes circonstances », fait-il observer, affirmant que « le but des plaignants est de créer un engrenage pour entraver le cours de la justice ». « Jamais de telles manœuvres n’avaient été autant utilisées, la justice ayant auparavant joui de prestige », ajoute Me Zarifé, qui préconise « une augmentation des pénalités légales pour dissuader les requérants potentiels de recourir de manière excessive aux voies judiciaires ». « Le montant imposé par la loi n’est à l’heure actuelle que de 800 000 livres, soit environ 30 dollars au taux du jour. Il est loin de décourager ceux qui cherchent coûte que coûte à se soustraire à la justice », estime l’avocat.



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En France , ça commence à devenir la même chose avec un Pouvoir , une justice , des médiaet la gauche qui penchent du côté de l'islamisme !!!
14 h 23, le 17 décembre 2021