Muntada al-hiwâr al-barlamânî… Forum du dialogue parlementaire de Antoine Messarra et Rabih Kays (dir.), vol. 47, Librairie Orientale, 2021, 424 p. en arabe + 88 p. en anglais et français, vient de paraître. Cet ouvrage de la Fondation libanaise pour la paix civile permanente, USAID et en collaboration avec le Parlement libanais, notamment la Commission parlementaire pour le suivi de l’application des lois, comporte l’ensemble des actes et synthèses de plusieurs séminaires organisés dans le cadre du programme USAID, « Building Alliance for Local Advancement, Development and Investment-Capacity Building-Baladi Cap ».
La situation de désastre généralisé dans la vie dite publique au Liban, depuis surtout 2016, est présente dans tout l’ouvrage. Les auteurs insistent en conséquence sur les normes de tout dialogue normatif qui ne soit pas « un sport saisonnier pour éviter d’affronter les vrais problèmes » (1re partie), et sur des problèmes fondamentaux que sont « les achats publics en tant que pilier de gestion de l’argent public » (2e partie), le « guide du contrôle parlementaire efficient sur les achats publics au Liban » (3e partie), et la « feuille de route pour la transparence et la lutte anticorruption » (4e partie).
Plus de vingt auteurs, ministres, députés, magistrats, juristes et acteurs sociaux ont participé aux travaux et aux séminaires. Il en ressort des perspectives opérationnelles, dont le rétablissement de la suprématie de la Constitution, suprématie violée au sommet, et surtout dans la formation de gouvernements mini-Parlements, alors que la qualification de l’exécutif dans la Constitution libanaise est celle de « pouvoir exécutoire », ijrâ’iyya (p. 350).
Il ressort de l’ensemble de l’ouvrage la prudence face à toute exploitation de la symbolique de la loi pour donner l’illusion démagogique du changement, et aussi la mise en garde contre toute escroquerie juridique à l’encontre de l’essence normative du droit et de la souveraineté étatique (p. 364). On relève aussi la question : « Qu’est-ce qui rend la société civile… civile ? » (p. 363).
L’ouvrage constitue une référence incontournable à propos des fondements et la praxis du dialogue démocratique et les conditions de rétablissement de l’État de droit au Liban.


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