Pour la seconde fois seulement après 1974, le championnat du monde de F1 se jouera entre deux pilotes à égalité de points, Max Verstappen (Red Bull, à l’arrière-plan sur la photo) et Lewis Hamilton (Mercedes, brandissant la coupe de vainqueur du GP d’Arabie saoudite), lors du dernier Grand Prix de la saison. Giuseppe Cacace/AFP
Le scénario était presque irréel… Un crash en qualifications, deux drapeaux rouges, un nouvel accrochage entre Max Verstappen (Red Bull) et Lewis Hamilton (Mercedes) et encore de la rancœur : il s’est passé énormément de choses au premier Grand Prix d’Arabie saoudite de l’histoire de la F1, où Hamilton a remporté une victoire importante. Elle lui a permis en effet de revenir à égalité de points avec Verstappen (2e du GP sur le circuit urbain de Djeddah) en tête du championnat du monde avec encore une seule course à disputer, à Abou Dhabi dimanche prochain. Pour la seconde fois seulement après 1974, le championnat du monde de F1 se jouera entre deux pilotes à égalité de points lors de l’ultime manche de la saison. Plusieurs éléments peuvent les départager :
– Les victoires. Tous les deux affichent 369,5 unités à leur compteur, mais Verstappen a un avantage : ses 9 succès en GP cette année contre les 8 de Hamilton. Si l’un marque plus de points que l’autre dimanche prochain, il sera champion. Mais s’ils finissent à égalité (si aucun des deux ne se classe dans le top 10, s’ils abandonnent ou si l’un finit 9e et l’autre 10e avec le meilleur tour, soit 2 points inscrits chacun), Verstappen sera couronné grâce à son total de victoires.
– L’expérience. D’un côté, Hamilton (36 ans) entrevoit un 8e titre en F1, ce qui serait un record absolu, un sacre de plus que Michael Schumacher. « Il y a certaines choses qui sont différentes (dans ce championnat), admet-t-il. D’abord parce que les deux équipes sont incroyablement proches. Ensuite parce qu’on est en terre inconnue : personne n’a jamais gagné huit titres chez les pilotes ou les constructeurs (ce que peut faire Mercedes). Mais d’un autre côté, je suis plus détendu que jamais, poursuit-il. Ça n’est pas la première fois (...), je suis plus sûr de moi et je me suis impliqué plus que jamais. » En face, Verstappen (24 ans) vise un premier sacre. Mais, malgré son âge, il veut croire que ses sept saisons dans la catégorie reine lui ont appris une ou deux choses. Ce que Hamilton dit, « c’est normal, balaye-t-il. Moi aussi, je me sens bien mieux préparé et plus expérimenté qu’à mes débuts en F1. Et non, je ne crois pas que ça fasse une grosse différence. Sinon, ça se serait déjà vu pendant la saison ».
– La dynamique. Quand le pilote Red Bull a gagné les GP des États-Unis et du Mexique fin octobre et début novembre, il a semblé que c’en était fini de Hamilton. Mais le Britannique, qui a décroché trois succès lors des trois dernières manches, a renversé la tendance. Toutefois, s’il a remporté un GP magistral au Brésil malgré une avalanche de pénalités sur la grille, s’il a dominé de la tête et des épaules au Qatar, l’Arabie saoudite dimanche dernier a été bien plus compliquée, et le pilote Mercedes doit sa victoire aussi aux erreurs du Néerlandais en qualifications et en course. « Qui sortira vainqueur le week-end prochain ? Je ne sais pas, commente le patron de Red Bull Christian Horner. La forme est du côté de Mercedes, mais Max s’est battu comme un lion ce week-end. Il a tout donné. »
– Les erreurs. Quand on revient sur leurs affrontements cette saison, le cadet a commis plus de fautes. Si Hamilton est responsable de leur accrochage en Grande-Bretagne, Verstappen l’est de celui intervenu en Italie. Et il a défendu à la limite, voire au-delà, au Brésil puis en Arabie saoudite, où il a fini par être sanctionné. Son agressivité est, depuis ses débuts, à la fois la force et le talon d’Achille du pilote Red Bull. Sa façon de la gérer dans le money time peut faire la différence.
– Le circuit. Enfin, la piste de Yas Marina, à Abou Dhabi, est depuis l’introduction des moteurs hybrides en 2014 un « circuit Mercedes », avec 6 victoires et 6 pole positions pour les Flèches d’argent. Mais l’an dernier, Verstappen a créé la surprise en s’adjugeant pole et succès face à un Hamilton diminué par le Covid-19. Un élément d’incertitude vient aussi s’ajouter cette année : pour la première fois, le tracé a été modifié. La piste est désormais plus rapide, ce qui sur le papier doit valoriser la vitesse de pointe des Mercedes. Mais elle est censée être également plus propice aux dépassements, ce qui rendrait les qualifications moins cruciales et ferait les affaires de Red Bull.
Raphaëlle PELTIER/AFP


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