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Lifestyle - Beyrouth Insight

L’or de Rose Bechara a la couleur des olives

La Libanaise a décroché, en 2020, une médaille d’or en Italie et une d’argent au Japon, lors de deux concours internationaux mettant en compétition des huiles d’olive extravierges.

L’or de Rose Bechara a la couleur des olives

Rose Bechara fière de son or vert. Photo DR

Elle est originaire de Dar Mimas, dans le caza de Marjeyoun, au Liban-Sud. « Un pittoresque petit village de quelques kilomètres carrés qui compte 130 000 oliviers, dont l’âge moyen est de 600 ans, mais où l’on trouve aussi des centaines d’arbres vieux de 2 000 ans », précise Rose Bechara. « À Dar Mimas, surnommé le Bordeaux des huiles d’olive, nos arbres bénéficient d’un climat parfait : ils sont plantés à une altitude de 580 mètres et le sol argileux retient l’humidité dont les arbres ont besoin. De plus, ils sont vieux, donc plus forts et donnent des fruits de meilleure qualité. »

C’est grâce à ces précieuses olives que la fondatrice de la start-up Darmmess – « c’est ainsi que, dans leur dialecte, les villageois, prononcent Dar Mimas », explique-t-elle – a reçu la médaille d’or 2020 du Concours international de l’huile d’olive extravierge (EVO IOOC), en Italie et, la même année, la médaille d’argent du Japan Olive Oil Prize (JOOP), synonyme d’excellence, décerné par un jury de renommée internationale, qui sélectionne les huiles pures sur la base de procédures de dégustation à l’aveugle et en pleine conformité avec les réglementations de l’Union européenne. Pour la jeune oléicultrice libanaise, ces médailles sont le résultat de la persévérance, une motivation pour se lancer de nouveaux défis, et la perspective d’une ouverture des horizons à l’échelle internationale.

Là où est née sa passion

Quand elle n’était encore qu’une enfant, raconte Rose Bechara, elle accompagnait sa famille et les hommes et femmes du village dans les champs pour la cueillette des olives, comme le faisaient leurs aïeuls depuis des générations. À chaque automne, elle regardait l’olive qui la narguait au bout de la branche, puis elle suivait les villageois dans leurs huileries artisanales, pour se gorger des saveurs et parfums de ce fruit. Adolescente, munie de son enthousiasme et d’une caisse, elle participait au rituel de la cueillette en rêvant de créer sa propre marque. « Je me suis juré que cette marque promouvrait une huile vierge superpremium et serait inscrite sur la carte mondiale des huiles d’olive ! » Le jeune femme opte pourtant pour une maîtrise en neuromarketing, avant de se lancer dans ce secteur. Rapidement lassée, elle revient à sa première passion : l’olive. Dès 2017, elle se met à dévorer les manuels sur l’huile extravierge, le processus de sa fabrication, allant des méthodes de récolte à la mouture en passant par la filtration, le stockage et le conditionnement. À force de détermination, elle finit par lancer en 2019 au Liban, sa marque Darmmess huile d’olive extravierge, « destinée à un marché niche ». C’était quelques semaines avant la thaoura, avant qu’elle ne réalise qu’elle n’avait plus accès à ses économies en raison des restrictions imposées par les banques dès le début de la crise. Persévérante, soutenue par son époux Stefano Perini, Rose Bechara s’accroche, envers et contre tout, surmonte la crise économique, la pandémie de Covid-19... En 2020, elle présente sa production en Italie puis au Japon. Le succès est au rendez-vous.

Une huile de grande qualité. Photo DR

Le Souri de Tyr

Derrière la réussite de son huile se cache un taux de polyphénols que l’on trouve exclusivement dans l’huile d’olive extravierge et qui lui confère des qualités uniques, notamment des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, antimicrobiennes et anticancéreuses reconnues. « Selon la régulation européenne, une huile doit contenir un minimum de 250mg de polyphénols par kilo, explique-t-elle. En 2020, la mienne renfermait 250mg/kg. Cette année, Darmmess contient 620mg/kilo de polyphénols. Or seulement 10 % de la production mondiale est considérée à haute teneur en phénols. »

Pour sa production, Rose Bechara n’utilise que l’olive Souri, originaire de Tyr. « Elle est récoltée verte dès fin septembre. Il faut 140 à 150 kilos, voire 180 kilos, pour obtenir 15 kilos d’huile (1 litre est égal à un kilo) ! Alors qu’il ne faut que 40 ou 50 kilos d’olives mûres (noires) pour produire la même quantité d’huile, mais cela peut varier ». Quant à la durée de sa fabrication, elle ne doit pas dépasser 24 heures. Soulignant l’attention portée au processus de pétrissage et au déploiement des technologies de pressage, de transformation et de stockage, Bechara raconte que « les olives récoltées vertes sont sélectionnées, lavées et pressées le même jour. Car dès qu’elles sont cueillies, donc séparées de leur tige, elles deviennent très sensibles à l’oxydation, et leur jus se dégrade. Le lendemain, l’huile est filtrée et immédiatement mise en bouteille. Les pires ennemis de l’huile extravierge sont l’oxygène, la lumière et la chaleur. C’est vrai que cette opération de filtrage me fait perdre 7 à 10 % de mon huile, mais elle permet de préserver sa qualité », précise-t-elle. Rose Bechara insiste aussi sur l’importance des mentions figurant sur les étiquettes voir QR code des produits vendus. Ces informations permettent aux consommateurs de faire un choix d’achat éclairé, d’en savoir plus sur l’origine du produit, sa date e mise en bouteille, ou encore la teneur en phénols.

L’huile extravierge Darmmess à la conquête du monde. Photo DR

Le village mis à contribution

Pour ses premières récoltes, l’oléicultrice s’est appuyée sur l’oliveraie de ses parents. Mais cette année, afin d’accroître sa production, elle a mis à contribution les villageois de Dar Mimas, en leur achetant leurs olives vertes. Elle s’est ainsi rendue sur leurs terrains, a sélectionné les arbres d’olives Souri et goûté leurs fruits verts. Les propriétaires des parcelles étaient ravis d’écouler leur stock au prix proposé, à savoir en dollars, ce qui les aide à surmonter la crise. « Acheter en dollars me semble équitable puisque mes ventes à l’étranger sont réalisées en dollars américains ou en euros. Et pour moi, c’était aussi une manière de motiver les cultivateurs de mon village. »

La jeune femme fait en outre partie du réseau mondial Women in Olive Oil (WIOO) créé en avril 2020 pour réunir les femmes de l’industrie. « Plus fortes ensemble, nous partageons des expériences et créons un réseau de soutien aux débutantes dans le domaine. L’objectif est également de promouvoir l’importance de l’huile extravierge, et d’expliquer au consommateur comment acheter son huile. À ce jour, WIOO rassemble environ 2 000 femmes, productrices, testeurs, chefs cuisinières parfois étoilées, de plus de 40 pays », précise Rose Bechara.

Cette année 80 % de sa production est exportée vers 11 pays, notamment l’Angleterre, la France, l’Allemagne, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis. « Notre produit se trouve dans les épiceries fines et autres magasins gourmets. Il est aussi vendu en ligne à travers le monde. » Aujourd’hui, elle assure être prête à faire face à la concurrence des marques de poids lourds du secteur, espagnoles, grecques et italiennes, et à conquérir les marchés internationaux. Ambitieuse, l’entrepreneure prévoit même d’attaquer le marché chinois...


Elle est originaire de Dar Mimas, dans le caza de Marjeyoun, au Liban-Sud. « Un pittoresque petit village de quelques kilomètres carrés qui compte 130 000 oliviers, dont l’âge moyen est de 600 ans, mais où l’on trouve aussi des centaines d’arbres vieux de 2 000 ans », précise Rose Bechara. « À Dar Mimas, surnommé le Bordeaux des huiles d’olive, nos...

commentaires (4)

Magnifique article à la hauteur d’un magnifique produit ! L’huile de Darmmes est vraiment extraordinaire Et Rose formidable !??

Noha Baz

22 h 13, le 23 novembre 2021

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Commentaires (4)

  • Magnifique article à la hauteur d’un magnifique produit ! L’huile de Darmmes est vraiment extraordinaire Et Rose formidable !??

    Noha Baz

    22 h 13, le 23 novembre 2021

  • A Paris, on en trouve aux Délices d’orient dans le XV.

    13 h 56, le 23 novembre 2021

  • Dans quels magasins ou supermarches trouve-t-on cette huile pres de Nice ou Monaco?

    serge nahas

    11 h 57, le 23 novembre 2021

  • Bonjour, pourriez-vous m’indiquer où nous pouvons acheter cette excellente huile à Paris?

    DONIGUIAN Taniel

    01 h 14, le 23 novembre 2021

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