Une pelleteuse transportant des déchets dans la décharge de Bourj Hammoud, gérée par la société de l'entrepreneur Dany Khoury. Photo d’archives Nasser Traboulsi
Les avocats de Dany Khoury, riche homme d'affaires proche du député Gebran Bassil et sanctionné depuis jeudi par Washington pour avoir "contribué au délitement de l'Etat", a démenti vendredi les accusations US émises à l'égard de M. Khoury et de l'entreprise qu'il dirige.
Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control – OFAC) du Trésor a imposé, jeudi, pour la première fois sous l'administration de Joe Biden, des sanctions contre le député libanais Jamil Sayyed, proche du régime syrien de Bachar el-Assad et deux entrepreneurs libanais, Jihad el-Arab, proche de l'ancien Premier ministre sunnite Saad Hariri, et Dany Khoury, accusés d'avoir "contribué au délitement de la bonne gouvernance et de l'Etat de droit au Liban". L'OFAC a précisé que les liens de M. Khoury avec Gebran Bassil", lui-même sous le coup de sanctions américaines, lui ont permis de remporter de grosses adjudications qui lui ont rapporté des millions de dollars, "sans qu'il ne respecte les conditions" des appels d'offres établis. Le texte cite notamment la question de la gestion de la décharge de Bourj Hammoud (Metn), accusant l'entreprise de M. Khoury d'avoir "rejeté des déchets toxiques dans la Méditerranée, ce qui a pollué des zones de pêche et les plages du Liban sans toutefois résoudre la crise des déchets".
Dans un communiqué, les avocats de M. Khoury ont démenti le fait que l'entreprise dirigée par ce dernier ait remporté des adjudications grâce à ses relations avec M. Bassil et ont assuré que l'entreprise n'a pas rejeté de déchets dans la Méditerranée. Ils ont rappelé que la société avait déjà été confrontée à des accusations similaires avancées par des parties américaines, dont le New York Times, qui n'ont toutefois jamais été avérées, selon eux. Le communiqué précise également que l'entreprise de M. Khoury est spécialisée dans les adjudications publiques depuis plus de trente ans, bien avant la formation du Courant patriotique libre (CPL), dirigé par le député Bassil. Les avocats ont enfin affirmé être entrés en contact avec l'OFAC afin de défendre M. Khoury à travers les moyens légaux à leur disposition.
Washington impose régulièrement des sanctions à des cadres et membres du Hezbollah, ainsi qu'à des personnes considérées comme lui apportant un soutien financier et logistique, et à des dirigeants accusés de corruption. C'est dans ce cadre que l'ancien ministre Gebran Bassil avait été placé sur la liste noire de l'OFAC il y a quasiment tout juste un an, le 6 novembre 2020. M. Bassil était accusé d'actes de corruption dans le secteur de l'énergie, qui ont "aidé et encouragé" les opérations du Hezbollah.


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