Les opérations d’ingénieries financières avaient permis à la Banque du Liban de renflouer ses réserves. Photo João Sousa
Le montant du déficit net de la Banque du Liban (BDL), soit plus de 10 % du PIB (49,94 milliards de dollars selon la Banque mondiale), était évalué à 4,7 milliards de dollars à fin 2015. Un chiffre une nouvelle fois avancé hier par Reuters sur base d’un « aide-mémoire » du Fonds monétaire international (FMI) auquel l’agence aurait eu accès. Ce montant avait déjà été mentionné par le journal suisse Le Temps, début octobre, dans un article imputant à la BDL le caviardage de 14 pages d’un « rapport intermédiaire » élaboré en 2016 par FMI.
Une pratique qui n’est pas inhabituelle entre les banques centrales et le Fonds, dans le cadre de ses consultations annuelles au titre de l’article IV, qui organise son suivi de l’évolution du système monétaire international ainsi que des politiques économiques et financières de ses 190 pays membres.
Dans ce rapport confidentiel, datant d’avril 2016, les responsables du FMI auraient ainsi noté que les réserves brutes de la BDL s’élevaient à 36,5 milliards de dollars, tandis que ses réserves nettes (la différence entre ce qu’elle possède et ce qu’elle doit) représentaient un déficit de 4,7 milliards de dollars en décembre 2015.
Contacté par Reuters, un porte-parole du FMI n’a pas commenté l’omission de ce dernier chiffre dans le rapport officiel publié en janvier 2017, insistant toutefois sur le fait que ce dernier
avertissait d’ores et déjà d’une crise en donnant des solutions préventives. Selon une source financière contactée par L’Orient-Le Jour, « vu l’importance du déficit des réserves de devises fin 2015, on comprend que la BDL ait alors lancé des opérations d’ingénieries financières l’année d’après ». En effet, entre mai et août 2016, la BDL lance des opérations complexes d’échanges de titres de dette dans le but « d’augmenter les avoirs en devises au Liban et assurer les liquidités nécessaires pour renforcer les bilans des banques et financer l’économie libanaise, dans sa composante publique et privée », selon des termes relayés en septembre de la même année par Le Commerce du Levant.
Si le FMI avait alors reconnu les vertus de ces opérations, notamment le fait qu’elles avaient permis à la BDL de renflouer ses réserves de devises, l’institution soulignait toutefois le risque présenté par l’accroissement de l’exposition des banques à la dette souveraine.
C’est de fait sur la partie en devises de cette dernière (les eurobonds) que le Liban a fait défaut en mars 2020, quelques mois après le début effectif de la crise économique et financière que traverse le Liban depuis maintenant un peu plus de deux ans.
Néanmoins, nombre d’experts ont pour leur part au vu de la crise souligné le caractère risqué et peu orthodoxe des ingénieries financières de la BDL.




Excusez le terme, le Liban pays des dizaines de milliers de voleurs surtout d'argent public.
19 h 27, le 29 octobre 2021