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Économie - Banques centrales

La BRI entame les célébrations de son 90e anniversaire

La BRI entame les célébrations de son 90e anniversaire

Pour son exposition qui se tient à Bâle du 26 octobre au 4 novembre, la BRI s’efforce d’expliquer sa mission et les subtilités de la politique monétaire. Fabrice Coffrini/AFP

La Banque des règlements internationaux (BRI), considérée comme la banque centrale des banques centrales, célèbre son 90e anniversaire, marquant l’événement en ouvrant hier une exposition destinée à expliquer son rôle unique mais souvent méconnu dans le système financier international. Les célébrations ont été repoussées d’un an en raison de la pandémie de Covid-19, dont les conséquences économiques ont été au centre des préoccupations des banquiers centraux tout au long de 2020. « Ce que nous avons fait ici l’an dernier a beaucoup aidé à éviter qu’une crise pandémique ne se traduise par une crise financière », a souligné Agustin Carstens, son directeur général et ancien président de la banque centrale du Mexique, lors d’une conférence de presse pour présenter l’exposition.

Installée en terrain neutre, à Bâle, en Suisse, la BRI est le haut lieu de discussions entre les banquiers centraux. Détenue par 63 banques centrales, elle organise six fois par an des rencontres pour leur permettre d’aborder ensemble les grandes questions de politique monétaire et, si nécessaire, de favoriser la coordination en cas de crise. Elle abrite également dans ses locaux plusieurs grands comités, dont le Comité de Bâle de supervision bancaire, chargé de définir les règles applicables aux banques, et le Conseil de stabilité financière, mis en place par le G20 pour superviser les réformes internationales du système financier après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. « C’est une institution qui rassemble les gens », a résumé M. Carstens, expliquant que la BRI est l’endroit où Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, pouvait s’entretenir par exemple avec Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, ou Thomas Jordan, qui préside la banque centrale suisse. « La question centrale est la coopération entre les pays dans un domaine très spécifique que sont les questions monétaires et financières », a-t-il ajouté.

Une borne pour fabriquer un billet factice

La BRI leur fournit aussi bien des services pour gérer leurs réserves de change en monnaies étrangères que des statistiques bancaires très détaillées sur les flux d’argent. Elle leur propose également des études sur les grandes questions de politique monétaire, couvrant par exemple les projets de version numérique des monnaies de banque centrale, les obligations vertes ou encore l’inflation qui s’accélère avec le redémarrage de l’économie après le choc des confinements. Créée en 1930, sa mission originelle était de gérer les réparations de guerre imposées à l’Allemagne par le traité de Versailles à l’issue d’une réorganisation des remboursements qui étouffaient son économie. Mais avec la crise de 1931 dans les remous de la Grande Dépression, la question des réparations se trouve vite reléguée au second plan. La BRI se concentre alors sur ses services aux banques centrales, contribuant entre autres à organiser des crédits d’urgence aux banques centrales d’Autriche, d’Allemagne, de Hongrie et de Yougoslavie. Entre 1938 et 1940, elle participe également au transfert de quelque 140 tonnes de réserves d’or pour les mettre à l’abri aux États-Unis.

Mise en cause après le versement d’intérêts par la Reichsbank pendant la Seconde Guerre mondiale sous forme d’or, pillé auprès des banques centrales de Belgique et des Pays-Bas et refondu avant de lui être livré pour en dissimuler l’origine, la BRI a failli disparaître en 1944 à la conférence de Bretton Woods, certains participants estimant qu’elle n’aurait plus lieu d’être une fois la Banque mondiale et le Fonds monétaire international créés. Mais devant les protestations des banquiers centraux européens, elle est maintenue en activité, trouvant une seconde mission, d’abord dans la reconstruction des systèmes de paiement, puis dans la construction européenne avec le traité de Rome en 1958 qui appelait à une plus étroite coordination des politiques monétaires. En constante évolution, sa mission s’est élargie au fil du temps, et avec elle le nombre des banques centrales membres, passées de 32 au début des années 1990 à 63 aujourd’hui.

Pour son exposition qui se tient à Bâle du 26 octobre au 4 novembre, la BRI s’est efforcée d’expliquer sa mission et les subtilités de la politique monétaire à travers des installations ludiques. Ainsi, une borne permet aux visiteurs de fabriquer un billet factice en choisissant la couleur, le montant et une photo pour mettre son visage au centre de la coupure.

Source : AFP


La Banque des règlements internationaux (BRI), considérée comme la banque centrale des banques centrales, célèbre son 90e anniversaire, marquant l’événement en ouvrant hier une exposition destinée à expliquer son rôle unique mais souvent méconnu dans le système financier international. Les célébrations ont été repoussées d’un an en raison de la pandémie de Covid-19, dont...

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