Rechercher
Rechercher

Économie - Crise

Le FMI confirme officiellement la reprise des contacts avec le Liban

Les discussions actuelles tournent autour de « la mise à jour des chiffres, de l’établissement d’une liste de priorités des réformes à mettre en place, ainsi que d’un plan (de sortie de crise) ».

Le FMI confirme officiellement la reprise des contacts avec le Liban

Le directeur de la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, Jihad Azour, a indiqué mardi que le processus de discussion avec le FMI « va au-delà des élections (prévues le 27 mars 2022) ». Photo d’archives AFP

La formation du nouveau gouvernement de Nagib Mikati, le 10 septembre dernier, a permis au Liban de renouer avec le Fonds monétaire international (FMI), a indiqué, mardi, le directeur de la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, Jihad Azour, lors d’une conférence de presse concernant la région qui s’est tenue en ligne. Il s’agit de la première confirmation publique de la part du FMI de la reprise de ce dialogue interrompu depuis juillet 2020. La reprise de ces contacts avait déjà été annoncée par le ministère libanais des Finances le 4 octobre dernier. L’équipe de négociateurs du pays du Cèdre devant prendre part à ces discussions avait, elle, été formée fin septembre.

Selon Jihad Azour, les discussions actuelles vont d’abord tourner autour de « la mise à jour des chiffres, de l’établissement d’une liste de priorités des réformes à mettre en place, ainsi que d’un plan (de sortie de crise) ». Restant très vague, l’ancien ministre des Finances libanais (de 2005 à 2008) a employé le terme d’« ongoing discussions », soit de discussions en cours, plutôt que celui de « négociations » utilisé par un « haut responsable du Fonds » anonyme cité par Reuters dans la journée. Si elles aboutissaient, ces « discussions techniques » devraient ouvrir la voie aux négociations à proprement parler. « Dépendamment des réformes » sur lesquelles le Liban se sera sérieusement engagé, le FMI pourrait alors lui accorder un prêt dans le cadre d’un programme d’assistance (le mécanisme élargi de crédit, MEDC).

Dans la matinée, le président Michel Aoun s’était lui entretenu avec le directeur exécutif du FMI, Mahmoud Mohieldin, pour « se préparer aux négociations ». Ce dernier s’est également entretenu avec le Premier ministre, Nagib Mikati, et doit rencontrer aujourd’hui le ministre libanais de l’Économie et du Commerce, Amine Salam.

Actualisation des chiffres
Pendant la conférence, Jihad Azour a précisé que le processus de discussion avec le FMI « va au-delà des législatives (prévues le 27 mars 2022) », indiquant alors que cette échéance et un changement possible de la classe politique n’influeront pas les possibles négociations avec le Fonds. Celles-ci devaient en principe débuter en novembre, selon le ministre de l’Économie et du Commerce Amine Salam, mais le gouvernement ne se réunit plus depuis la semaine passée en raison d’une menace de démission des ministres chiites si l’exécutif ne prenait pas des mesures contre le juge Tarek Bitar, responsable de l’enquête sur l’explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août 2020. Interrogé sur le calendrier, le responsable de la région au sein de l’institution internationale n’a pas directement répondu. Il a toutefois insisté sur la nécessité de mettre en place des réformes budgétaires, économiques et sociales, alors que près des trois quarts de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon l’Escwa. M. Mikati a, pour sa part, déclaré espérer terminer l’élaboration du plan de travail avec le FMI avant la fin de l’année.

Lire aussi

Audit de la BDL : la saga d'un dossier mort-né

Le Liban a approché le FMI en mai 2020 pour lui demander une aide financière devant lui permettre de réformer son économie et d’entamer une sortie de ce qui n’était pas encore considéré comme l’une des pires crises de l’histoire récente par la Banque mondiale. Les discussions avaient débuté sur la base d’un plan de redressement élaboré par le gouvernement de Hassane Diab et le cabinet Lazard, recruté la même année pour négocier avec les créanciers du pays – le Liban ayant fait défaut sur sa dette en devises en mars 2020. La souscription à un programme du FMI – qui implique donc le lancement effectif de réformes – est également érigée au rang de condition préalable au déblocage des aides promises par les soutiens du Liban lors de la CEDRE d’avril 2018 (plus de 11 milliards de dollars en prêts et dons pour la réhabilitation des infrastructures).

Le plan établi par le précédent gouvernement il y a près d’un an et demi doit toutefois aujourd’hui être mis à jour, en particulier au niveau des chiffres des pertes du secteur bancaire et de la Banque du Liban (BDL). Jihad Azour a d’ailleurs indiqué à Reuters que « la dernière fois que (le FMI) a eu une actualisation complète de la situation remonte à août 2020 ». C’est précisément l’absence de consensus, côté libanais, sur l’approche à adopter pour calculer les pertes et les répartir qui avait sonné le glas des discussions à l’époque, le camp du gouvernement ne parvenant alors pas à s’entendre avec celui composé par la BDL, l’Association des banques du Liban (ABL) et certains députés. Le plan du précédent exécutif comptabilisait les pertes brutes de la banque centrale et du secteur bancaire en général respectivement à 175 000 milliards de livres et 186 000 milliards de livres, selon une estimation publiée dans le plan de redressement avalisé le 30 avril 2020. Ces calculs étaient basés sur un taux de change de 3 500 livres pour un dollar pour les montants libellés en devises. Des estimations qu’il faudra donc revoir, un billet vert s’échangeant mardi à plus de 20 600 livres. La semaine dernière, Nagib Mikati avait confié à Reuters que son cabinet travaillait à fournir les données nécessaires au FMI dans les prochains jours.

Prévisions de croissance
Lors de la conférence régionale de mardi, Jihad Azour a, à l’instar de sa consœur, il y a deux semaines, l’économiste en chef du FMI Gita Gopinath, insisté sur la nécessité d’accélérer la vaccination contre le coronavirus pour accélérer la reprise économique et réduire les inégalités. Il a, de plus, insisté sur la mise en place de mesures favorisant l’emploi, en particulier destinées aux femmes et aux jeunes, et a mis en garde contre l’inflation dans la région, qui ne permet pas aux différents pays de mettre en place des politiques monétaires efficaces.Selon le FMI, la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, à laquelle appartient le pays du Cèdre, devrait enregistrer une croissance de 4,1 % cette année et l’année prochaine, contre une récession de -2,8 % en 2020. Le FMI prévoit une croissance de 2,8 % et de 4,8 % en Arabie saoudite pour 2021 et 2022 en raison d’un assouplissement des restrictions, permettant alors aux cours du pétrole de s’améliorer. Le Liban, quant à lui, n’a reçu aucune prévision de croissance pour ces mêmes deux années, comme ce fut le cas au printemps dernier, en raison de l’instabilité et de la difficulté d’anticiper une amélioration ou une détérioration de la situation. La Banque mondiale, avec qui le Fonds tient ses réunions d’automne, s’était elle avancée en estimant que le PIB libanais se contracterait cette année de 10,5 %. La prochaine édition du Lebanon Economic Monitor (LEM) doit, en principe, être publiée d’ici à novembre. La Syrie n’est pas incluse en raison des tensions politiques. Pour 2022, le FMI table sur une croissance mondiale inchangée à 4,9 %.


La formation du nouveau gouvernement de Nagib Mikati, le 10 septembre dernier, a permis au Liban de renouer avec le Fonds monétaire international (FMI), a indiqué, mardi, le directeur de la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, Jihad Azour, lors d’une conférence de presse concernant la région qui s’est tenue en ligne. Il s’agit de la première confirmation publique de la...

commentaires (2)

Les contacts... C'est du déjà vu. Et, après, y-aurait-il un espoir pour démarrer ? Les obstacles des mêmes parties, risquent de bloquer la poursuite des négociations.

Esber

13 h 51, le 20 octobre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Les contacts... C'est du déjà vu. Et, après, y-aurait-il un espoir pour démarrer ? Les obstacles des mêmes parties, risquent de bloquer la poursuite des négociations.

    Esber

    13 h 51, le 20 octobre 2021

  • REPRISE DES CONTACTS, PAS DES NEGOCIATIONS, PLUTOT DES CONDITIONS QUI SERONT IMPOSEES SINON NI AIDES NI INVESTISSEMENTS NE VERRA LE LIBAN. IL N,Y A PAS DES SOCIETES DE CHARITE.

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    00 h 25, le 20 octobre 2021

Retour en haut