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Nos Lecteurs ont la Parole

Quelle thaoura deux ans plus tard ?

En repensant à ce 17 octobre 2019, deux ans après, un tas de questions me viennent à l’esprit, en désordre. Parmi celles et ceux qui étaient dans la rue ce jour-là et les jours qui ont suivi, combien sont encore au Liban et combien n’y sont plus ?

Combien y étaient par conviction et combien y étaient juste comme ça, par curiosité, hasard ou panurgisme ?

Et pour ceux qui y étaient par conviction, de quelles convictions s’agissait-il ?

Parmi ceux qui étaient dans la rue ce soir-là et les soirs qui ont suivi, combien y croyaient vraiment ? Combien y croient encore et combien n’y croient plus ? Parmi ceux qui y croient encore, en quoi croient-ils exactement ? Et parmi ceux qui n’y croient plus, croient-ils encore en quelque chose ?

Parmi ceux qui étaient dans la rue ce soir-là, combien tiraient sur Aïn el-Remmané il y a trois jours et combien, à Aïn el-Remmané, se faisaient tirer dessus ?

Parmi ceux qui étaient dans la rue ce 17 octobre 2019, combien sont pour le juge Bitar et combien sont contre ? Combien croient à la paix civile et combien graissent leurs armes ? Combien voteront aux prochaines élections et pour qui voteront-ils ?

Parmi ceux qui étaient dans la rue pour la thaoura, combien ont encore de l’espoir, combien n’en ont plus et combien y tiennent encore envers et contre tout, même sans espoir ? La thaoura n’était-elle dès le départ qu’un mirage nécessaire et salutaire, ou bien est-elle une destination à ne pas perdre de vue ? Ne serait-elle pas tout simplement un chemin, voire un cheminement, sur une route ardue, sinueuse et jonchée d’obstacles ?

La thaoura est-elle faite pour tout le monde et tout le monde est-il fait pour la thaoura ?

Est-ce que la thaoura s’est trompée ou bien est-ce nous qui avons trompé la thaoura ? La thaoura est-elle une idée ou un idéal abstrait, ou plutôt un phénomène indissociable de ceux qui y participent ? Est-elle figée ou mouvante ? Y a-t-il une seule thaoura ou plusieurs, et s’il y en a plusieurs, combien y en a-t-il ?

Et qu’est-ce que la thaoura au fond ? Une révolution, une révolte, un mouvement de contestation ? Un sentiment, une attitude, une conviction, une éthique, une volonté, un acte, une action ? Qu’est-ce qui est thaoura et qu’est-ce qui ne l’est pas, la thaoura a-t-elle un ou plusieurs critères ? Qui est thaoura, qui ne l’est pas et qui ne l’est plus ?


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


En repensant à ce 17 octobre 2019, deux ans après, un tas de questions me viennent à l’esprit, en désordre. Parmi celles et ceux qui étaient dans la rue ce jour-là et les jours qui ont suivi, combien sont encore au Liban et combien n’y sont plus ? Combien y étaient par conviction et combien y étaient juste comme ça, par curiosité, hasard ou panurgisme ? Et pour ceux qui y étaient...

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