Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Combats de Tayouné

Amal accuse le juge Bitar d'"allumer les mèches des tensions"

Amal accuse le juge Bitar d'

Des militants du mouvement chiite Amal portent, le 15 octobre 2021 dans la banlieue sud de Beyrouth, le cercueil de l'un des leurs, tué lors des combats miliciens à Tayouné, la veille. Photo Mahmoud ZAYYAT / AFP

Le mouvement Amal du président du Parlement, Nabih Berry, a accusé lundi le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth, d'être derrière les tensions qui ont éclaté jeudi dernier lorsqu'une manifestation contre le magistrat a dégénéré en combats miliciens qui ont fait sept morts et 32 blessés.

Le partis chiites du Hezbollah et d'Amal avaient organisé, jeudi, une manifestation devant le palais de Justice de Beyrouth contre le juge Bitar, mais le rassemblement avait dégénéré en combats de rues à Tayouné dans le sud de Beyrouth, entre des miliciens chiites et d'autres postés dans des quartiers chrétiens, faisant craindre une nouvelle guerre civile. Le tandem chiite a accusé les Forces libanaises (FL) de Samir Geagea d'avoir tiré sur les manifestants, des accusations rejetées par les FL.

Dans un communiqué publié par son bureau politique, le mouvement Amal a qualifié ces affrontements de "grand crime commis par des gangs armés et organisé contre des manifestants pacifiques, venus protester contre le juge Bitar en raison de ses positions partiales et suspectes et le cours que l'enquête a pris".

Le Hezbollah et Amal, mais également des responsables sunnites et chrétiens poursuivis par le juge Bitar, exigent son dessaisissement, alors que le magistrat, malgré les intenses pressions dont il fait l'objet, veut poursuivre plusieurs dirigeants dans le cadre de son enquête sur le drame du port qui a fait plus de 200 morts. Les responsables politiques refusent d'être interrogés, même si les autorités avaient reconnu que les énormes quantités de nitrate d'ammonium qui ont explosé avaient été stockées pendant des années sans précaution.

La Cour de cassation a rejeté des plaintes de députés et ex-ministres à l'encontre du magistrat, lui permettant ainsi de reprendre ses investigations. Les violences de Tayouné viennent s'ajouter aux multiples crises politique, économique et sociale dans lesquelles est plongé le Liban, où la classe dirigeante, inchangée depuis des décennies, est accusée de corruption, d'incompétence et d'inertie.

"Ce qui s'est passé montre à tous les Libanais la vérité sur les actions de ces groupes qui cherchent à raviver la sédition interne et les divisions nationales en menaçant la paix civile et en ramenant les Libanais à l'époque des guerres internes", a estimé Amal. Le parti a assuré qu'il "refuse de se laisser aller vers tout ce qui est planifié dans ce but et refuse d'être entraîné vers une riposte".

Pour la formation de Nabih Berry, les "instigateurs" des combats de Tayouné "ont profité de la crise provoquée par le comportement arbitraire (...) et les actions du juge Bitar, qui allume les mèches des tensions sur le plan politique libanais".


Le mouvement Amal du président du Parlement, Nabih Berry, a accusé lundi le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth, d'être derrière les tensions qui ont éclaté jeudi dernier lorsqu'une manifestation contre le magistrat a dégénéré en combats miliciens qui ont fait sept morts et 32 blessés.Le partis chiites du Hezbollah et d'Amal avaient organisé,...