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Lifestyle - Beyrouth BD Festival

Quand l’illustration se fait performance scénique...

C’est par un double spectacle de dessins réalisés en direct et en musique qu’a eu lieu la préouverture, mercredi soir, au palais Sursock, de la première édition du Beyrouth BD Festival. Magique.

Quand l’illustration se fait performance scénique...

Concert dessiné dans les jardins du palais Sursock. Photo Michel Sayegh

Assister au surgissement d’une séquence de dessins narratifs sur fond de musique électro-pop live dans les jardins d’un palais beyrouthin du XIXe, voilà qui vous change de la simple lecture en solo d’une bédé, aussi envoûtante soit-elle. L’expérience, proposée par les organisateurs de ce premier Beyrouth BD Festival*, valait certainement le détour. Car c’est dans les coulisses de la création graphique que cette performance scénique vous entraîne, vous livrant, par bribes, les secrets du jaillissement d’un trait, de l’amorce d’une image, du développement d’une scène qui deviendra, ou pas, le pilier fondateur d’un récit en cases.

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Est-ce que tous les dessinateurs de bédé s’appuient sur la musique pour délier leur imaginaire et faire courir leur feutre sur la page blanche ? On ne peut pas l’assurer. Ce qui paraît évident, par contre, c’est ce lien complice qui semble s’être tissé entre les 4e et 9e arts. Et cela depuis l’émergence, il y a une quinzaine d’années au Festival de la bande-dessinée d’Angoulême, des Concerts de dessin. Une complicité superbement illustrée (c’est le cas de le dire !) par le double spectacle de concerts illustrés, présenté mercredi soir, en préouverture du Festival de BD de Beyrouth par des bédéistes et musiciens français et libanais, dans le cadre enchanteur des jardins du palais Sursock.

Une performance vivante associant musique et dessin. Et qui, dans une atmosphère festive et captivante, à mi-chemin entre le songe d’une nuit d’été (indien) et la rave party, a transporté un public dense – majoritairement jeune – hors des limites contraignantes d’un quotidien libanais aussi triste que suffocant.

Graphismes captivants et « Climats » envoûtants

Placée devant une lignée d’arcades centenaires, la scène accueillait, en première partie de soirée, la DJ française Romane Santarelli, et les dessinateurs Alfred et Mohammad Kraytem. Installés devant une table surplombée d’une caméra qui filme le mouvement de leurs mains et le diffuse en direct sur un écran géant juxtaposé, ces derniers accompagnent, de leurs tracés en simultané, les nappes d’électro-pop oniriques qui s’élèvent de la table de mixage. Au fil des coups de pinceau ondoyants et rougeoyants du premier et des traits plus saccadés aux feutres bleu et jaune du second, surgissent, devant les yeux d’un public attentif, des scènes fantasmagoriques. C’est en totale improvisation – « soutenue juste par une idée que l’un de nous lance à l’autre au début de chaque morceau », confie Alfred à L’Orient-Le Jour — que les deux dessinateurs accordent leurs univers différents pour épouser, avec une étonnante justesse, la musique au départ méditative puis aux rythmes plus intenses de la performatrice.

Les jardins du palais Sursock: un cadre enchanteur pour les concerts de préouverture du Beyrouth BD Festival. Photos Michel Sayegh

L’exercice semble encore plus délicat dans le spectacle qui suivra. Car cette fois, c’est sur des images mouvantes, déroulant des paysages filmés du Liban, depuis la corniche et le port de Beyrouth aux routes de montagne, que Raphaëlle Macaron va inscrire son dessin. L’auteure et illustratrice de BD franco-libanaise qui accompagne, ici, le concert « Climats » du groupe Acid Arab fait preuve d’un talent de dessinatrice-performatrice aussi vif que l’est son coup de crayon. Dans le sillage des rythmes vaporeux inoculés de voix du fameux collectif français de musique électro-orientale, elle relève un vrai défi graphique. Celui de garder les regards de l’assistance rivés avec fascination à l’écran, et cela malgré l’envoûtante et hypnotique musique de ses acolytes sur scène. Entre « deejaying » transcendantal et live atmosphérique, ces premières rencontres sur une scène libanaise de la musique et du dessin auront définitivement séduit un public avide d’arts, de talents et de dépaysement…

*Le Beyrouth BD Festival est organisé par l’Institut français du Liban, Lyon BD, l’Académie libanaise des beaux-arts et la Mu’taz and Rada Sawwaf Arab Comics Initiative.


Assister au surgissement d’une séquence de dessins narratifs sur fond de musique électro-pop live dans les jardins d’un palais beyrouthin du XIXe, voilà qui vous change de la simple lecture en solo d’une bédé, aussi envoûtante soit-elle. L’expérience, proposée par les organisateurs de ce premier Beyrouth BD Festival*, valait certainement le détour. Car c’est dans les coulisses...

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