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Société - Crise au Liban

"Ils nous ont volés" : des déposants se mobilisent à Beyrouth

Des sit-in organisés devant l'ABL, la BDL et une branche de la Bank of Beirut dans le centre-ville.

Des manifestants s'en prenant aux portes d'une banque du centre-ville de Beyrouth, le 6 octobre 2021. Photo Mohammad Yassine

Quelques centaines de personnes ont manifesté mercredi à Beyrouth, devant les sièges de l'Association des banques du Liban (ABL), dans le centre-ville, et de la Banque du Liban (BDL), à Hamra, ainsi que devant une agence de la Bank of Beirut située rue Foch, afin de réclamer la fin des restrictions illégales imposées par les banques sur leurs dépôts.

Des déposants en colère et des activistes s'en prennent régulièrement aux banques depuis le début de la crise socio-économique et financière que traverse le Liban depuis deux ans, alors que les établissements bancaires imposent des limites drastiques sur les retraits et transferts, en devises et en livres libanaises. Ces limites sont illégales, en l'absence d'une loi sur le contrôle des capitaux, étudiée par les autorités depuis des mois.

En début d'après-midi, des dizaines d'activistes ont commencé par encercler une agence de la Bank of Beirut située rue Foch, dans le centre-ville de Beyrouth, enfermant employés et clients à l'intérieur de l'établissement, selon le témoignage d'une personne travaillant dans cette banque qui vient confirmer des informations de la chaîne locale MTV. Plusieurs dizaines d'activistes sont présents sur les lieux, selon notre journaliste sur place Mohammad Yassine. L'un d'entre eux a démenti toute présence de cocktails molotov. Frappant avec des pierres sur les portes de la banque, recouvertes de plaques métalliques, les manifestants réclament de pouvoir récupérer leurs fonds. Selon les contestataires, le président de l'ABL, Salim Sfeir, également PDG de la Bank of Beirut, se trouverait à l'intérieur de l'établissement et cette mobilisation vise à l'empêcher de quitter les lieux. Des slogans "Voleur, voleur, Salim Sfeir est un voleur !" sont scandés à tue-tête.

Présente sur les lieux, Aïda, qui habite au Liban-Sud, participe à ce sit-in "pour faire quelque chose pour récupérer l'argent des gens, au lieu de rester à la maison, devant la télé", confie-t-elle à notre journaliste Lyana Alameddine. "Mon père a travaillé pendant cinquante ans en Afrique pour assurer notre futur, mais tout son argent est bloqué, on ne nous le donne qu'au compte-gouttes", a-t-elle critiqué.
"Ils nous ont volés", lance de son côté l'un des organisateurs de cette mobilisation, qui affirme qu'il est prêt à manifester "tous les jours" pour récupérer ses droits. "Nous sommes venus chez Salim Sfeir pour réclamer notre argent", s'époumone pour sa part Souad, 79 ans, avant d'accuser tous les responsables libanais d'être des "voleurs", tandis que certains manifestants lancent des projectiles en direction du bâtiment.

Selon notre journaliste, des manifestants auraient aperçu Salim Sfeir quitter son bureau. Certains auraient alors essayé de le poursuivre et ce mouvement de foule a provoqué des tensions avec les militaires déployés sur les lieux.

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Dans un communiqué, l'association "Le cri des déposants", qui a appelé à cette mobilisation, a déploré les "rumeurs" lancées dans les médias concernant leur sit-in, démentant avoir "pris en otage" des employés de banque et être arrivés sur les lieux avec des cocktails molotov. 

Sit-in à la BDL
Parallèlement, des manifestants se sont rassemblés devant le siège de la Banque du Liban (BDL) dans le quartier de Hamra afin de réclamer l'accès à leurs dépôts en devises et la fin des restrictions bancaires, rapporte notre publication-sœur en anglais, L'Orient Today. Selon l'Agence nationale d'Information, lors de ce sit-in devant la BDL, les manifestants ont bloqué la rue Hamra. Les forces de sécurité sont déployées en nombre sur les lieux.

Photo Mohammad Yassine

Prenant la parole lors de ce sit-in, un représentant de l'Association des déposants a promis que cette organisation "continuera à paralyser le secteur bancaire jusqu'à ce que les fonds soient rendus aux déposants". "N'attendez rien de la part de vos députés, ils font tous partie de la classe politique corrompue qui a participé au vol des dépôts", a ajouté ce protestataire, qui a appelé les Libanais à ne pas les réélire lors du scrutin législatif du printemps 2022. Il a encore annoncé que l'association organiserait des mobilisations "devant les maisons des responsables". S'adressant aux employés de banques, il a affirmé savoir qu'ils n'ont "aucune responsabilité" dans les mesures imposées mais qu'il leur était "interdit de se rendre sur leur lieu de travail". 


Quelques centaines de personnes ont manifesté mercredi à Beyrouth, devant les sièges de l'Association des banques du Liban (ABL), dans le centre-ville, et de la Banque du Liban (BDL), à Hamra, ainsi que devant une agence de la Bank of Beirut située rue Foch, afin de réclamer la fin des restrictions illégales imposées par les banques sur leurs dépôts. Des déposants en colère et des...

commentaires (5)

Dire que le libanais "part en quart de tour" mais attend 2 ans pour réclamer son argent, manque de logique. Des solutions, douloureuses certes, existent, mais il faut une volonté politique unifiée pour trouver une sortie de cette crise qui n'a pas de pareille dans les annales modernes ni anciennes.

Shou fi

10 h 21, le 07 octobre 2021

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Commentaires (5)

  • Dire que le libanais "part en quart de tour" mais attend 2 ans pour réclamer son argent, manque de logique. Des solutions, douloureuses certes, existent, mais il faut une volonté politique unifiée pour trouver une sortie de cette crise qui n'a pas de pareille dans les annales modernes ni anciennes.

    Shou fi

    10 h 21, le 07 octobre 2021

  • Ce sont des criminels sans foi ni loi !!

    Eva Younes

    23 h 01, le 06 octobre 2021

  • La BDL et les crapules bancaires sont en train d'appliquer illegalement, avec les multiples taux de change, un "haircut" effectif de 80% sur les depots. En deux ans de crise, Il ne s'est pas trouve un seul banquier, pas un seul, pour annoncer avoir mis en place un plan de redressement de sa banque visant a rembourser (meme a terme) les deposants. Crapules, voleurs....

    Michel Trad

    20 h 45, le 06 octobre 2021

  • Derrière les banques, et plus fautifs qu'eux, les gouvernements et les parlementaires qui n'ont rien surveillé, et surtout la banque du Liban qui en gardant la parité de la livre à 1507, 5 pour un dollar, depuis 1997,a ruiné l'économie, et a signé le désastre pour de longues années.

    Esber

    15 h 55, le 06 octobre 2021

  • VOLEURS, MAFIEUX BANQUIERS ET RESPONSABLES DE L,ETAT, RENDEZ AU PEUPLE CE QUI LUI APPARTIENT. RAPATRIEZ LES MONTANTS VOLES ET LES MILLIARDS DES MILLIARDAIRES ET DES NULTI MILLIONNAIRES DU JOUR AU LENDEMAIN. ON NE FAIT PAS DES MILLIONS ET DES MILLIARDS EN SI PEU DE TEMPS ET SURTOUT PAS PROPREMENT.

    CENSURE CRIMINELLE. NI ABONNEMENT NI SOUTIEN.

    15 h 03, le 06 octobre 2021

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