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Dernières Infos - Législatives au Liban

Bassil contre l'amendement de la loi et l'atteinte au droit de vote des émigrés


Bassil contre l'amendement de la loi et l'atteinte au droit de vote des émigrés

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Photo d'archives AFP

A quelques mois des législatives, le leader du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, s'est ouvertement prononcé contre tout amendement  de la loi électorale actuellement en vigueur, s'opposant ainsi à la volonté du tandem chiite Amal-Hezbollah qui milite pour la tenue du scrutin en mars 2022 au lieu de mai de la même année sous prétexte que le mois du Ramadan tombe en avril. Lors d'une conférence de presse tenue mardi au siège de son parti à Sin el-Fil, à l'issue de la réunion hebdomadaire de son groupe parlementaire, M. Bassil a aussi plaidé pour que les Libanais de la diaspora puissent voter, à l'heure où le fait d'avancer la date du scrutin mettrait en péril ce droit que les émigrés avaient exercé pour la première fois en 2018, quand M. Bassil était chef de la diplomatie.

"La tenue des législatives en temps voulu devrait être chose acquise, parce que rien ne justifierait le fait de ne pas les organiser", a d'emblée lancé le responsable maronite, s'opposant ainsi ouvertement à la volonté du Hezbollah, son allié chiite, qui veut avancer la date du scrutin, ce qui supposerait, selon le ministre de l'Intérieur Bassam Mawlaoui, un amendement de la loi électorale. De source parlementaire informée, on indique que le tandem Amal-Hezbollah souhaite que les émigrés ne se rendent pas aux urnes, cela allant à l’encontre de son intérêt, alors qu’il est visé par les sanctions américaines. La même source croit savoir que l’annulation de la clause de la loi accordant six sièges (trois chrétiens et trois musulmans) à la diaspora est également sur la table.

Si le chef du CPL a assuré n'avoir aucun problème à ce que des modifications d'ordre procédural soient apportées à la loi électorale actuellement en vigueur, il a opposé un veto catégorique à des amendements fondamentaux du texte. "Nous craignons que l'ouverture du débat sur de légères modifications de la loi ne conduise à des amendements qui porteraient sur les principes, tels que le droit des Libanais de la diaspora d'être représentés par six députés (un pour chaque continent)", a déclaré M. Bassil, dans une pique évidente au tandem chiite, accusés de vouloir empêcher les émigrés de voter. 

Gebran Bassil a rappelé que l'effectif des Libanais résidant à l'étranger s'élève à 14 millions. "Ce sont des citoyens à part entière et ont des droits qui ne devraient pas leur être retirés", a tonné le député de Batroun, rappelant que ces droits (notamment le vote et le recouvrement de la nationalité) leur ont été accordés au terme de plusieurs années de "lutte". Et de marteler : "Il est intolérable de priver les Libanais d'un droit garanti par la Constitution, à savoir, l'égalité avec les résidents au Liban en matière de droit de voter et de se porter candidats". Pour Gebran Bassil, le fait que les émigrés soient représentés à la Chambre "n'est pas un détail, d'autant que leurs parlementaires porteront les demandes de la diaspora de manière constante dans la vie politique libanaise et contribueront à légiférer". "Il est intolérable que la loi soit manipulée pour des motifs liés aux intérêts électoraux de certains protagonistes qui craignent d’éventuelles pertes", a encore tonné le chef du CPL, dans une nouvelle attaque implicite contre le duo Hezbollah-Amal.

Sur un autre registre,  Gebran Bassil a défendu l'installation de mégacenters, c'est à dire des bureaux de votes géants qui permettraient aux citoyens de voter en leur lieu de résidence, au lieu de se rendre dans leurs villages natals, qui peuvent être loin. Pour M. Bassil, mettre en place des mégacenters garantirait le droit des Libanais de voter là où ils habitent, et réduit l'impact de l'argent électoral sur les choix des votants. Il permettrait aussi d'augmenter le taux de participation aux élections.


A quelques mois des législatives, le leader du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, s'est ouvertement prononcé contre tout amendement  de la loi électorale actuellement en vigueur, s'opposant ainsi à la volonté du tandem chiite Amal-Hezbollah qui milite pour la tenue du scrutin en mars 2022 au lieu de mai de la même année sous prétexte que le mois du Ramadan tombe en avril....