Électricité de Jbeil (EDJ) a demandé à ses abonnés de réduire leur consommation ou d’installer des disjoncteurs de plus faible intensité. Photo ANI
La société Électricité de Jbeil (EDJ), qui gère plusieurs générateurs privés dans les environs de la ville, a annoncé dans un communiqué, relayé hier par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), qu’elle allait ajuster dans les prochains jours son programme de rationnement en courant afin de mitiger l’impact de la récente hausse des tarifs du kilowattheure (kWh) sur la facture de ses abonnés.
Cette dernière hausse est liée à la levée récente des subventions sur les importations de mazout. Ce carburant consommé par les générateurs privés, produisant du courant pendant les heures de rationnement du fournisseur public, est désormais vendu en dollars. Le billet vert s’échangeait hier à 17 000 livres libanaises sur le marché parallèle. Vendredi dernier, le ministère a répercuté ce changement sur le prix du kWh produit par ces unités de production privées, lequel a bondit de près de 45 % pour les factures de septembre (3 426 livres, sans compter les frais annexes).
Prix « légal »
Pour EDJ, cette hausse aurait contribué à multiplier la facture de courant « par 2,5 » et à placer ainsi 70 % de ses abonnés dans la catégorie des ménages ayant des difficultés à régler leur facture d’électricité. Comme lors du mois précédent, la société a demandé à ses abonnés de réduire leur consommation ou d’installer des disjoncteurs de plus faible intensité. Le niveau élevé des factures est également lié à la hausse du rationnement imposé par Electricité du Liban (EDL), dont le niveau de production est au plus bas depuis des semaines, dans l’attente de l’activation des palliatifs prévus dans le cadre de l’initiative américaine – électricité importée de Jordanie et/ou gaz importé d’Egypte. Le ministre de l’Énergie était hier en Égypte où il a rencontré des responsables afin d’accélérer la mise en place de ces solutions.
Enfin, vendredi, le président du Rassemblement des propriétaires de générateur privé, Abdo Saadé, a considéré dans une déclaration à la presse que la hausse des tarifs du kWh actée par le ministère était insuffisante. Pour lui, le ministère s’est basé sur un prix de la tonne de mazout à 540 dollars au lieu des « 610 à 620 dollars » que payent selon lui les exploitants. Un niveau qui devrait selon lui conduire les propriétaires à facturer le kWh à plus de 4 200 livres. D’après une première source proche des importateurs, le prix de la tonne se négocierait effectivement entre 610 et 640 dollars. Selon une seconde source proche de la filière, le prix du mazout fluctue en fonction de sa disponibilité sur le marché « légal ».
Si les subventions ont été levées, c’est toujours la Banque du Liban (BDL) qui fournit pour le moment les dollars au taux du marché aux importateurs. Or, ces derniers attendent encore que la BDL débloque les dollars pour des chargements de carburant en attente, ce qui devrait se faire « dans les deux jours ». La première source précitée craint de nouvelles pénuries d’essence et de mazout dès jeudi si la BDL tarde à valider les dossiers présentés.

