Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Enquête Sur Les Explosions Au Port De Beyrouth

L'avocat du député Machnouk réclame le dessaisissement du juge Bitar

L'avocat du député Machnouk réclame le dessaisissement du juge Bitar

Le député libanais et ex-ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk, au Parlement libanais, le 23 juillet 2021. Photo Ali Fawwaz / Parlement libanais

L'avocat du député et ex-ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a déposé une plainte vendredi devant la Cour d'appel de Beyrouth pour réclamer que l'instruction sur la double explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 soit confiée à un autre juge que Tarek Bitar, rapportent plusieurs médias locaux.

Cette démarche de l'avocat Naoum Farah intervient après que le juge Bitar, récemment menacé par le Hezbollah, a fixé la date d'une nouvelle audience pour Nouhad Machnouk, poursuivi pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements" dans l'enquête, au 1er octobre. 

Mercredi déjà, les avocats de l'ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos, avaient présenté une plainte devant la Cour d'appel afin de réclamer que l'instruction sur la double explosion au port soit confiée à un autre juge que Tarek Bitar, accusé de "suspicion légitime".

Cette plainte a été déposée alors qu'un mandat d'arrêt a été lancé jeudi dernier par le juge contre M. Fenianos (proche du mouvement des Marada), qui est poursuivi, lui aussi, pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements" et a refusé à plusieurs reprises de se présenter devant M. Bitar. 

M. Machnouk était un des faucons du Courant du Futur avant que ses relations se dégradent avec son chef, l'ancien Premier ministre Saad Hariri. Depuis Dar el-Fatwa, où il a été reçu par le mufti de la République, le cheikh Abdel Latif Deriane, Nouhad Machnouk avait donné à l'affaire une tournure confessionnelle, accusant le juge Bitar de "prendre ses ordres du conseiller (du président de la République Michel Aoun) Salim Jreissati". Il a affirmé que M. Jreissati voulait  lui "faire payer le prix d'avoir critiqué il y a deux ans (le chef du Courant patriotique libre) Gebran Bassil pour s'en être pris au sunnisme politique". "Au juge Bitar nous disons : trop c'est trop. Et que personne ne fasse de surenchère avec nous", a prévenu le député et ex-ministre.

En juillet dernier, M. Machnouk s'était dédouané de toute responsabilité concernant la gestion du chargement de nitrate d'ammonium qui est à l'origine de la déflagration, et avait affirmé être prêt à témoigner devant M. Bitar, regrettant que cet interrogatoire n'ait pas eu lieu avant sa mise en accusation. "Le seul document que j'ai reçu au sujet du chargement de nitrate d'ammonium mentionne un navire en transit qui transportait plusieurs tonnes de ce produit et se dirigeait de la Géorgie vers le Mozambique", avait-il affirmé.

La double explosion au port de Beyrouth a tué au moins 214 personnes, fait plus de 6.500 blessés et détruit de nombreux quartiers de la capitale. La déflagration a été causée par un incendie qui a touché un hangar, où étaient stockés des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium depuis 2014, sans mesures de sécurité. Selon plusieurs observateurs, cette cargaison aurait été sous contrôle du Hezbollah, et destinée à alimenter le régime syrien de Bachar el-Assad, son allié, pour les barils d'explosifs qu'il utilisait contre les rebelles et les populations civiles. Le Hezbollah a toujours démenti ces accusations, et Hassan Nasrallah, chef de ce parti, critique régulièrement M. Bitar et l'accuse de politiser l'enquête.

Le juge Bitar avait également fixé mardi de nouvelles dates d'audience pour deux autres députés proches du Hezbollah qui avaient lancé des menaces à son encontre. Le député Ali Hassan Khali devrait donc comparaître devant le juge le 30 septembre et Ghazi Zeaïter le 1er octobre.

Les dates choisies par le juge Bitar tombent en une période au cours de laquelle le juge d'instruction pourrait prendre des mesures pénales à l'encontre des députés, sans avoir besoin de l’accord de la Chambre. En effet, conformément à la Constitution, entre le vote de confiance au gouvernement et l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, prévue le 19 octobre, les députés impliqués ne pourront plus bénéficier de leurs immunités parlementaires, puisque la session extraordinaire du Parlement, qui dure depuis la démission du précédent gouvernement, sera achevée. Début juillet, le juge avait, en effet, déjà demandé la levée de l’immunité de plusieurs responsables politiques et sécuritaires, notamment les trois députés en question, en vue de les inculper. Depuis, les immunités n'ont pas été levées en raison des pressions politiques, et la procédure traîne en longueur.

Plus d'un an après le drame, l'enquête locale n'a pas donné de résultats, de nombreux responsables refusant de comparaître, alors que des composantes de la classe dirigeante, qui avaient rejeté une enquête internationale, sont accusées de tout faire pour torpiller l'investigation.

L'avocat du député et ex-ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a déposé une plainte vendredi devant la Cour d'appel de Beyrouth pour réclamer que l'instruction sur la double explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 soit confiée à un autre juge que Tarek Bitar, rapportent plusieurs médias locaux.Cette démarche de l'avocat Naoum Farah intervient après que le juge Bitar, récemment menacé par le Hezbollah, a fixé la date d'une nouvelle audience pour Nouhad Machnouk, poursuivi pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements" dans l'enquête, au 1er octobre. Mercredi déjà, les avocats de l'ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos, avaient présenté une plainte devant la Cour d'appel afin de réclamer que l'instruction sur la double explosion au port soit confiée...