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Lifestyle - Evénement

Les Murex d’Or honorent les stars et Beyrouth : l’espoir malgré la douleur

La 20ème édition de la cérémonie a récompensé vendredi soir un important palmarès de lauréats, mais Beyrouth en était l’unique star. « Nous avons simplement décidé de donner un peu d’espoir aux gens », confient les organisateurs.

Les Murex d’Or honorent les stars et Beyrouth : l’espoir malgré la douleur

L'acteur et réalisateur libanais Georges Khabbaz recevant son prix lors de la 20ème Soirée des Murex d’Or, à Beyrouth, le 17 septembre 2021. Photo D.R.

Après deux ans d’absence et en dépit de la situation chaotique au Liban, la 20ème soirée des Murex d’Or s’est tenue vendredi soir en plein cœur de Beyrouth, le temps d’une édition dédiée à la capitale libanaise, « icône de la résilience », et placée sous le signe de la résistance et de l’espoir. Sur la scène de l’événement, stars et personnalités publiques se sont succédé pour la remise des prix et pour rendre hommage à la ville meurtrie, dans une ambiance nostalgique d’un passé pas très lointain, où ces événements rythmaient les soirées de la capitale. Créé en 2000 par Fady et Zahi Hélou, l’événement récompense chaque année des talents libanais et arabes qui ont brillé dans leurs catégories respectives, du chant aux séries télévisées en passant par le cinéma. Il a également rendu hommage par le passé à des stars turques ou internationales comme Sheila, Ornella Muti, Claudia Cardinale, Tina Arena, Julie Pietri, Vincent Perez ou Emmanuelle Béart. « Notre capitale traverse des circonstances difficiles, explique Fady Hélou à L’Orient-Le Jour. Avec le Covid, les explosions au port, les Libanais sont fatigués et nous ne voyons aucune lueur d’espoir. Nous avons simplement décidé de donner un peu d’espoir aux gens et d’offrir quelque chose de patriotique. Les mois se sont succédé sans le moindre événement, et les Murex d’Or accompagnent le Liban depuis de nombreuses années. Nous avons donc fait une démarche courageuse par ces temps de crise. Le jury était partant, et les sponsors étaient au rendez-vous pour continuer à nous soutenir ».

Loin du tapis rouge
La soirée s’est tenue à l’AVA Venue à Achrafieh, les frères Hélou ayant insisté à ne pas s’éloigner de la capitale et à tenir la célébration dans une zone qui a été ravagée par la double explosion du 4 août 2020. Inauguré par un tableau de la troupe Mayyas dédié à Beyrouth, allégorie d’une mariée qui souffre et qui revient à la vie, le show a été ponctué par des chansons et des medleys patriotiques, et il a inclus un touchant hommage à l’auteur-compositeur Élias Rahbani, disparu en début d’année. Les catégories traditionnelles ont quant à elles été un peu modifiées pour récompenser davantage de projets liés au pays du cèdre. Elles ont aussi couvert une période de temps qui s’étale sur deux ans. « Avec la pandémie, il n’a pas été possible d’organiser la soirée l’an dernier, explique encore Fady Hélou. Cela aurait été injuste de ne pas inclure des projets qui remontent à plus d’un an. Les résultats ouvrent donc cette fois les années 2019, 2020 et les premiers mois de 2021, même si le public a tendance à favoriser les projets les plus récents par ces votes, qui viennent s’ajouter à ceux du jury professionnel ». Les discours, eux, n’ont pas manqué de mettre l’accent sur la ténacité des Libanais, l’importance de poursuivre la résistance culturelle, l’espoir de jours meilleurs, mais également la révolte de 2019. « Beyrouth n’attend que la justice », a assuré le réalisateur Philippe Asmar, tandis que le chanteur et producteur Jad Choueiri a scandé « Thawra » et que le chanteur Assi el-Hellani a appelé à se défaire des appartenance partisanes et religieuses pour sauver le pays. Dédiant le prix à Joe Noun, Hassan el-Attar et autres martyrs, l’acteur Wissam Hanna a également délivré un message fort. « Si 128 personnes ont vendu le pays, elles oublient que le Liban a été mentionné 75 fois dans la Bible. Ils ne pourront pas faire de ses arbres des cercueils. Dieu ne laissera pas le Liban », a-t-il déclaré.

Fady et Zahi Helou, créateurs de la Soirée des Murex d’Or. Photo D.R.

Retransmis en direct sur la chaîne MTV, avec Carla Aad Chahine comme productrice exécutive et Bassem Christo à la réalisation, le show a par ailleurs récompensé des ONG et associations caritatives qui ont soutenu la ville de Beyrouth au lendemain de l’explosion au port. Autre nouveauté cette année : moins de stars arabes et plus de stars locales, ainsi que l’absence du tapis rouge traditionnel, pour éviter de mettre l’accent sur le faste annuel des robes somptueuses et des bijoux précieux. Ces modifications n’ont pas empêché toutefois quelques critiques, certains ayant jugé son timing inapproprié. Quelques stars fidèles de la cérémonie ont même décliné l’invitation cette année. « Cette campagne n’est pas du tout justifiée, répond Zahi Hélou. Si par ces temps difficiles nous ne nous tenons pas aux côtés de Beyrouth, quand le ferons-nous ? Le but est d’offrir à la capitale un événement qui lui profite médiatiquement durant cette crise qui humilie les Libanais, et c’est un véritable défi ».

Pénurie de courant, de mazout, pandémie, crise économique, flambée des prix, la liste est en effet longue et ces nombreux obstacles ont rendu encore plus difficile l’organisation d’un événement de cette envergure, mais la production a tenu bon. « Nous travaillons ce projet avec le cœur et cela explique pourquoi nous sommes capables de toucher les gens, et d’assurer cette continuité depuis 20 ans, assure Fady Hélou. Nous étions le premier festival du genre au Liban et dans la région, avec ce concept unique qui englobe toutes formes d’art. Les Murex d’Or ont su laisser leur empreinte et inspiré de nombreux festivals du monde arabe ». Sur ce plan, les frères Hélou révèlent avoir été récemment sollicités pour exporter les Murex d’Or en dehors du Liban. « Nous sommes partants, affirment-ils, mais nous n’allions pas le faire avant de célébrer cette édition à Beyrouth et pour Beyrouth, notre ville qui aime tout ce qui est beau, et qui continuera de renaître de ses cendres malgré tout. »


L'actrice Nadine Njeim lors de la 20ème Soirée des Murex d’Or, à Beyrouth, le 17 septembre 2021. Photo D.R.

LES PRINCIPAUX PRIX REMPORTÉS :
- Prix honorifique pour la troupe de danse Mayyas
-Meilleurs chanteurs libanais ayant rendu hommage à Beyrouth: Walid Toufic - Assi Hallani - Ziad Bourji
-Meilleur chanteur arabe ayant rendu hommage à Beyrouth : Nassif Zeytoun avec une mention spéciale pour le générique de la série « Lel Mawt »
-Meilleure chanteuse arabe ayant rendu hommage à Beyrouth : Rahma Riyad
-Meilleure chanson libanaise : Ana Wiyak – Ziad Bourji avec une mention spéciale pour le générique de la série « 2020 »
-Meilleure chanson arabe : Bel Bont El Arid
-Prix honorifique pour un jeune chanteur : Jad Choueiri
-Meilleur clip-vidéo : Beyrouth Al-Ountha de Nancy Ajram, réalisé par Samir Syriani
-Meilleur film libanais: « 1982 » de Walid Mouanness
-Meilleure actrice arabe ayant rendu hommage à Beyrouth : Nadia El-Jundi
-Meilleur acteur et réalisateur libanais ayant rendu hommage à Beyrouth : George Khabbaz
-Meilleure série pour l’année 2019 : « Khamse W Noss » (Sabbah)
-Meilleure série pour l’année 2020 : « Awlad Adam » ( Eagle Films)
-Meilleure série pour l’année 2021 : « 2020 » (Sabbah)
-Meilleur réalisateur : Philippe Asmar pour « 2020 »
-Meilleur scénariste libanais : Nadine Jaber pour « Lel Mawt »
-Meilleur scénariste arabe : Bilal Chhadate pour « 2020 »
-Choix du public : Aarous Beirut
-Meilleure actrice arabe : Dima Kandlaft pour « Al-Hayba : Al-Radd »
-Meilleure acteur arabe : Kusay Khawli pour « 2020 » et « Khamse w Noss »
-Meilleure actrice libanaise rôle principal dans le monde arabe : Nadine Nassib Njeim pour « Khamse w Noss » et « 2020 »
-Meilleur acteur libanais rôle principal : Bassem Moughnieh pour « Lel Mawt » et « Serr »
-Meilleur acteur libanais – Distinction spéciale : Wissam Hanna pour « Serr » et « Berdane Ana »
-Meilleure actrice libanaise - Distinction spéciale : Maguy Bou Ghosn pour « Lel Mawt »
-Meilleure actrice libanaise - Distinction spéciale : Daniella Rahme pour « Awlad Adam »
-Meilleur acteur libanais second rôle : Jean Daccache pour « Hadis Aleb » et « Bel Aleb »
-Meilleure actrice libanaise second rôle : Carole Abboud pour « Awlad Adam »




Après deux ans d’absence et en dépit de la situation chaotique au Liban, la 20ème soirée des Murex d’Or s’est tenue vendredi soir en plein cœur de Beyrouth, le temps d’une édition dédiée à la capitale libanaise, « icône de la résilience », et placée sous le signe de la résistance et de l’espoir. Sur la scène de l’événement, stars et personnalités publiques se sont...

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